André le magnifique

Festival d’Avignon

 

André le magnifique, de Denis Podalydès, Isabelle Candelier, Loïc Houdré, Patrick Ligardes et Michel Vuillermoz, mise en scène de Sébastien Bernard.

Alexis Ader, maire de Vigoulet, veut sauver le théâtre municipal de la destruction. Il décide donc d’écrire et de mettre en scène une pièce historique, Le retour du chevalier de Saint-Germaine. Pour l’aider, il fait appel à sa femme Jeanine, à André, le jardinier municipal,  à Norbert, et surtout à l’acteur professionnel Jean-Pascal Faix. La condescendance parisienne de ce dernier va bien vite heurter l’enthousiasme de nos provinciaux.
La pièce, montée à l’origine par ses auteurs, obtint en 1998 le molière du meilleur spectacle comique. C’est une farce à l’accent méditerranéen, une mise en abyme sans prétention de l’autre côté du théâtre et de l’acteur. Sébastien Bernard, qu a  aussi conçu la scénographie: un plateau et ses coulisses,  avec des décors en carton et des costumes tout droit sortis d’un grenier,et c’est tout l’arrière-plan d’un spectacle qui tourne au ridicule : le chevalier se trouve casqué d’une boîte de conserves et attaqué par un ours de fête foraine, grosse peluche souriante qui multiplie les rires.
Dans une ambiance bon enfant, les acteurs ont une bonhomie campagnarde pour  faire naître  cette pièce historique. Donatien Mousset est brillant en André Lagachigue, jouant le  jardinier niais et le beau chevalier,  et Claude Laucournet interprète avec ludisme un Jean-Pascal Faix insupportable de pédanterie.
Le spectacle  fait mouche, rires garantis !

Elise Blanc

Théâtre de l’Etincelle jusqu’au 31 juillet

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Archive pour 21 juillet, 2011

Les nuages retournent à la maison

Festival d’Avignon

Les nuages retournent à la maison, de Laura Forti, mise en scène de Justine Heynemann.


« Les nuages retournent à la maison/Comme les poissons qui nagent dans la mer/Le jour ils balaient les anges/La nuit ils se fondent en étoiles » . Dans un hôtel de Florence, Cristina travaille temporairement comme femme de chambre. Elle tombe nez à nez avec une étrangère, une albanaise qui passe la journée recluse dans sa chambre, dans un monstrueux désordre. Cristina ne s’en trouve pas désarmée pour autant et peu à peu, patiemment, finit par apprivoiser la jeune femme.
Cette rencontre entre deux femmes que tout oppose ne se fait pas sans révélations. En s’inspirant de témoignages de femmes albanaises à Florence, l’auteur italienne nous met face au thème politique de l’immigration clandestine et pose la question de l’échange avec l’autre. Un paravent, des photos éparses, la chambre d’hôtel est comme un écrin parfaitement adapté aux deux actrices.
Sur scène, se joue leur monde intime et secret. La voix de Laura Pausini chante la solitude de Nadia, l’étrangère, qui noie son identité perdue en collectionnant les noms et les images des autres : Monica Bellucci, Carla Bruni, autant d’icônes inaccessibles et de lueurs d’espoir. Cristina, vilain petit canard, petite fille encore, ignorante, ne peut qu’être fascinée par cet éblouissant mystère féminin.
A Federica Martucci,  on doit la traduction du texte et l’interprétation de Nadia. Poignante, elle impose sur scène toute la sensualité fragile du personnage. Sur scène et dans la salle, des liens se nouent. Et tout finit par disparaître dans l’Abracadabra.

 

Elise Blanc

 


Théâtre des Béliers jusqu’au 31 juillet.



La fête

Festival d’Avignon

La Fête de Spiro Scimone par le collectif De Quark

Le collectif De Quark est un groupe de comédiens /metteur en scène de Toulouse qui présente le premier volet de deux pièces d’un auteur contemporain italien, Spiro Scimone La fête. La pièce  explore le quotidien d’une famille, le père, la mère et le fils s’apprêtent à faire la fête pour leur anniversaire de mariage ,  quand leur fils décide de quitter la célébration sans raison claire.
Ce discours de banalité de la vie ménagère qui témoigne d’une véritable  incommunicabilité des êtres, et va basculer peu à peu dans une outrance joyeuse et absurde. Servie par de bons comédiens et par une scénographie simple et originale qui utilise la vidéo à bon escient, cette fête de 55 mn est réussie.
Une courte scène finale évoque Bar  du même auteur que le collectif doit créer à la rentrée.

 

Jean Couturier

Manufacture jusqu’au 28 juillet

Sur le bout de la langue

Festival d’Avignon


Sur le bout de la langue, Cinq soli présentés par les élèves de 3 ème année de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette.

Les élèves de cette école présentent cinq  contes d’origine différente. Chacun en a choisi le thème, la scénographie et  l’a réalisé. Carine Gualdaroni avec Le jour ou je suis morte  nous fait découvrir un conte inuit beau et mélancolique avec une grâce touchante. Simon Delattre nous invite à voir, dans une écriture très personnelle avec Solo Ferrari  les ravages induits par le silicone dans la tête d’une jeune femme devenue une star éphémère.
Quant à l’artiste Sud-Africaine Naomi Van Niekerk, elle  tente de nous faire entrer dans son univers peuplé de moules en plâtre. Le spectateur voyage dans la Chine Impériale grâce aux grains de semoule de Simon Moers avec  Sous la neige qui tombe. Enfin la roumaine Cristina Losif nous captive avec ses fils rouges issus de son corps.
Ces travaux témoignent de la créativité de ces élèves qui bénéficient d’une excellente formation dans le cadre de leur cursus. Allez  découvrir les Philippe Genty ou William Kentridge de demain.

Jean Couturier

Caserne des pompiers jusqu’au 26 juillet

Mais n’te promène donc pas toute nue

Festival d’Avignon

Mais n’te promène donc pas toute nue ! de Feydeau, mise en scène de Gérard Gelas.

 spectacle5182.jpg Le Député Ventroux, en passe de devenir ministre, s’inquiète du comportement de sa femme, qui a la fâcheuse manie d’arpenter la maison en tenue légère. Et pour nourrir ses ambitions politiques, il doit également se ménager la députée Hochepaix et ses critiques amères, prendre garde à l’ombre de Clemenceau et surveiller de près ses domestiques… Gérard Gelas adopté le parti pris d’une mise en scène hétéroclite qui transforme le texte.
Dans une lumière rouge tamisée, et  une musique d’ascenseur,  Gelas a placé des  chorégraphies qui se veulent sensuelles, mais qui cassent le rythme et qui s’intercalent comme pour orienter le texte loin du sens. Tout tourne à la machination contre le député : l’épouse fricote avec le domestique et complote avec la députée pour le pousser au suicide avant de quitter la maison conjugale.
A trop vouloir jouer sur l’absurde et le grotesque, Gérard Gelas a perdu le texte. La farce, ainsi forcée, ne fonctionne pas, et s’étire en longueur…On ne comprend pas ce qu’il a voulu faire:le salon bourgeois 19e siècle se trouve paré de bancs en bois, la maîtresse du député a une grande perruque , et nombre de jeux scéniques sont surfaits ou incompréhensibles.
Quant aux acteurs, ils peuplent cet univers grotesque en rivalisant de mimiques, sans que l’intrigue ne semble évoluer. Guillaume Lanson (Ventroux), Olivia Forest (Clarisse Ventroux), Emmanuel Besnault (Victor et Romain de Jaival), Marie Pagès (la députée Hochepaix) usent d’une technique gestuelle à l’extrême et paraissent toujours attendre un rire du spectateur.  Et la mise en scène  semble tourner sur elle-même, toujours plus excessive et sans limites…

Elise Blanc.

Théâtre du Chêne noir  jusqu’au 29 juillet.

Chambres d’hôtels

Festival d’Avignon

Chambres d’hôtels , trois pièces chorégraphiques de Valérie Rivière, texte de Timothée de Fombelle.

 

ch360hernandezcamus.jpgCe sont trois univers qui nous sont présentés dans ces trois chambres d’hôtels,  des histoires courtes dans trois différents lieux de la planète en relation les unes aux autres. La chambre d’hôtel, « Un lieu frontière, anonyme où le temps et l’espace sont les liens invisibles des personnages, où les événements glissent les uns dans les autres, éclatent les rêves de chacun, l’amour, la solitude de tous » nous dit Valérie Rivière à l’origine du concept et responsable de la compagnie Paul les Oiseaux.
Le texte est dit en voix off, ce qui,  ajouté à la scénographie et au travail  sur la  lumière donne une dimension cinématographique à ces deux soli et à ce duo. Chacun des danseurs Katia Noir, (chambre 26 à Berlin), Chloé Camus-Hernandez, Orin Camus, (chambre 360 à Vancouver) et Stéphanie Pignon, (chambre 4 à Hanoï) ont un parcours professionnel de qualité et cela se voit.
Nous avions découvert Stéphanie Pignon, qui occupe la dernière chambre, dans le spectacle de Philippe Jamet au Théâtre National de Chaillot ( Théâtre du blog du 16 janvier 2011). Les chorégraphies sont belles et fluides, elles épousent le récit sans l’illustrer. Le jeu à l’intérieur du quotidien de ces chambres est juste et nous fait entrer dans l’intimité des personnages. L’intrigue policière est surprenante.
La scénographie semble avoir été adaptée au lieu, une piscine de la proche périphérie d’Avignon. Allez découvrir ce spectacle qui laisse un goût de nostalgie dans notre mémoire.

 

Jean Couturier


La manufacture 18h jusqu’au 28 juillet

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