Mais n’te promène donc pas toute nue

Festival d’Avignon

Mais n’te promène donc pas toute nue ! de Feydeau, mise en scène de Gérard Gelas.

 spectacle5182.jpg Le Député Ventroux, en passe de devenir ministre, s’inquiète du comportement de sa femme, qui a la fâcheuse manie d’arpenter la maison en tenue légère. Et pour nourrir ses ambitions politiques, il doit également se ménager la députée Hochepaix et ses critiques amères, prendre garde à l’ombre de Clemenceau et surveiller de près ses domestiques… Gérard Gelas adopté le parti pris d’une mise en scène hétéroclite qui transforme le texte.
Dans une lumière rouge tamisée, et  une musique d’ascenseur,  Gelas a placé des  chorégraphies qui se veulent sensuelles, mais qui cassent le rythme et qui s’intercalent comme pour orienter le texte loin du sens. Tout tourne à la machination contre le député : l’épouse fricote avec le domestique et complote avec la députée pour le pousser au suicide avant de quitter la maison conjugale.
A trop vouloir jouer sur l’absurde et le grotesque, Gérard Gelas a perdu le texte. La farce, ainsi forcée, ne fonctionne pas, et s’étire en longueur…On ne comprend pas ce qu’il a voulu faire:le salon bourgeois 19e siècle se trouve paré de bancs en bois, la maîtresse du député a une grande perruque , et nombre de jeux scéniques sont surfaits ou incompréhensibles.
Quant aux acteurs, ils peuplent cet univers grotesque en rivalisant de mimiques, sans que l’intrigue ne semble évoluer. Guillaume Lanson (Ventroux), Olivia Forest (Clarisse Ventroux), Emmanuel Besnault (Victor et Romain de Jaival), Marie Pagès (la députée Hochepaix) usent d’une technique gestuelle à l’extrême et paraissent toujours attendre un rire du spectateur.  Et la mise en scène  semble tourner sur elle-même, toujours plus excessive et sans limites…

Elise Blanc.

Théâtre du Chêne noir  jusqu’au 29 juillet.

 


4 commentaires

  1. Elise Blanc dit :

    Merci pour vos commentaires.
    Oui c’était bien moi. J’ai cru comprendre que nos avis convergeaient en effet, surtout après l’énième imitation de notre cher président… Au plaisir de vous revoir, Elise Blanc.

  2. Oberson Jean-Paul dit :

    Sauf erreur de ma part, j’étais, vieux barbu, à côté de vous ce soir-là, et voilà ce que je pense de cette catastrophe. Cabotin, surjoué, emprunt à Laurel et Hardi, Chaplin, même aux Pieds-Nickelés. Lui habillé comme un mafioso de paccotille, elle comme une fille de Mme Claude, une poissonnière bigote en guise de mairesse/péripatéticienne
    et enfin les Brigades du Tigre. Tout y est et rien ne va. Les quelques rires gênés disent assez le malaise. Après vous avoir lu, je saurai où chercher mes références de spectacles. Merci. Jean-Paul Oberson.

  3. Merci de votre commentaire. Je n’ai pas eu la grande chance d’aller voir la chose en question. mais je fais toute confiance à Elise Blanc, et ce que vous en dites ne me donne pas envie!
    Moralité: Feydeau a la vengeance cruelle quand on le « relit » et qu’on le maltrait; ce n’est pas dans de genre de chemins que Gélas devrait se promener…

    Cordialement

    Philippe du Vignal

  4. anne dit :

    Je serai encore plus sévère que vous: c’est une catastrophe, et presque une indignité! Jouée au rythme que requiert cette pièce, elle doit durer 45 mn, ici elle est étirée sur 1h30! Et la « relecture » de Gélas, qui fait de la femme une manipulatrice est bien moins forte que le propos de Feydeau, chez qui tous les personnages incarnent une désespérante bêtise. Quant au jeu des acteurs, il est niveau patronage (laïque!)

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