NORD-OST

NORD-OST 

D’après Tchétchénie, le déshonneur russe d’Anna Politovskaïa, avec Catherine le Hénan et Rachid Benbouchta


Nous avions pu voir, il y a deux ans,
au Théâtre du Cormier de Cormeilles en Parisis (95). une ébauche prometteuse de cette évocation du rôle joué par Anna Politovskaïa pour la libération des otages retenus plusieurs jours dans un théâtre de Moscou, en 2002, par des terroristes tchétchènes.
Catherine Le Hénan interprète cette héroïque journaliste dans la grande nef dépouillée de Gare au théâtre, elle y promène sa détermination invincible et désespérée pour convaincre les Tchétchènes de la laisser abreuver et nourrir au moins les enfants.
Rachid Benbouchta se joint à elle dans la deuxième partie, il incarne un preneur d’otages intraitable et désespéré qui y laissera sa vie, comme plus d’une centaine d’otages asphyxiés par le gaz envoyé sur ordre de Poutine. La simple nudité de ce spectacle rayée par des éclairages étranges est un bel hommage à cette héroïne invincible par  delà de son assassinat.

Edith Rappoport

 

 Nous n’irons pas en Avignon, Gare au Théâtre

 


Archive pour 30 juillet, 2011

VIGILE

VIGILE Théâtre Group de Lons le Saunier, Chalon dans la rue

Avec Patrice Jouffroy, Pio d’Elia, Salvatore de Filippo, Martin Petit Guyot, Valérie Laroche, Bernard Daisey, Oeil extétrieur Jérôme Rougier, aide à l’écriture Chantal Joblon.

lesvigilessansregard.jpg Le Théâtre Group anime avec une belle vigueur depuis une quinzaine d’années La Vache qui Rue à l’Amuserie de Lons le Saunier, y programmant chaque année une quinzaine de compagnies pendant huit jours. Leur compagnie a créé plusieurs spectacles décoiffants, souvent hilarants, comme Télé Moustic, Stand 2000, La Jurassienne de réparation et Élu qui sont toujours au répertoire.
Vigile, leur dernier spectacle présente un Forum sur la sécurité. Notre foule compacte est accueillie à l’entrée d’une école, lentement filtrée par deux vigiles inquiétants de Menouillard Security dont la camionnette trône à l’entrée. Nous pénétrons dans un dédale de cours, avant de nous asseoir sous un long, trop long préau, les derniers rangs ne parvenant pas à bien voir pour savourer tout l’humour de cet inquiétant spectacle. Patrice Jouffroy en commandant de la gendarmerie accueille Vigie conseil, agence de sécurité privée polyvalente, qui fait la promotion de son matériel technique, vantant l’efficacité des caméras de surveillance. On accueille une sous préfète élogieuse mais vite rappelée à d’autres tâches, il y a un hommage à un collègue mort, la vidéo-protection a tout de même ses limites, elle ne peut capter ce qui se passe dans les coins ! Une jeune cinéaste se fait vite renvoyer après avoir tenté de filmer la violence du tout sécuritaire, le spectacle se termine sur une démonstration de self défense. Le Théâtre Group a enquêté sérieusement la question pour élaborer ce tableau d’une profession trouble, milice envahissante qui gangrène peu à peu notre société, l’ironie arme de toujours du Théâtre Group ouvre des fenêtres salutaires.
On pourra retrouver les tournées des spectacles au répertoire sur www.lamuserie.com.

Edith Rappoport

 

LE BRAME DES BICHES

LE BRAME DES BICHES   Tragi-comédie industrielle de Marion Aubert, mise en scène Pierre Guillois


lebramedesbichestragicomedieindustrielledemarionaubertmiseensceneparpierreguillois.jpgPierre Guillois signe sa sixième et dernière saison du Théâtre du Peuple avec la commande de ce texte à Marion Aubert, “un véritable ovni théâtral” qui s’inscrit pleinement dans le projet de théâtre populaire avec des auteurs d’aujourd’hui qu’il a développé au Théâtre du Peuple depuis 2005.
En pénétrant aux abords de ce lieu magique, un immense théâtre en bois dont l’ouverture sur la montagne est attendue après l’entracte, au milieu d’une foule véritablement populaire, joyeuse et recueillie , on bénéficie d’un accueil hors pair d’une équipe attentionnée au bar avec des tartes et des glaces délicieuses, à la librairie bien garnie et au placement sur les bancs de bois.
On a pu s’acheter des coussins avec des photos des spectacles des précédentes saisons, nous achetons Celui d’Un cœur mangé monté en 2009 que Guy Benisty co-auteur du spectacle vient de reprendre à Pantin au cours de cette semaine. Une quarantaine d’acteurs, dont quatre comédiens professionnels entourés d’amateurs passionnés recrutés au cours de trois week-ends de stages qui ont eu  deux mois de répétitions, brossent cette tragi-comédie écrite sur mesure pour Bussang. De la ferveur, il en faut ! pour donner 27 représentations du 14 juillet au 27 août, c’est ce que le public vient lui aussi y chercher !
Le Brame des biches évoque avec un humour insolite la vie des filatures dans les Vosges à la fin du XIXe siècle, une de celles que la famille de Maurice Pottecher, créateur du Théâtre du Peuple, dirigeait. On y voit, traitée avec un humour revigorant, la misère ouvrière, les accidents du travail, les grèves, la détermination du patron à ne rien céder, sa femme qui s’ennuie, les aventures sexuelles, l’intervention du sous-préfet…Le texte un peu long est distribué avec finesse aux antipodes du réalisme, dans un remarquable travail choral emmené par le superbe meneur de jeu Jean-Paul Muel, fidèle de Bussang, Christophe Caustier (découvert dans La Fabrique de violence) interprète le patron.
Cette épopée autobiographique de Bussang, est interprétée, déclinée, commentée par l’ensemble des acteurs. La scénographie efficace de Philippe Ordinaire et les costumes d’Axel Aust, complice de toujours de Pierre Guillois font décoller les images de cette épopée.

Edith Rappoport


Théâtre du Peuple de Bussang, jusqu’au 27 août www.theatredupeuple.com

Trahisons

Festival d’Avignon

spectacle6677.jpgTrahisons, d’ Harold Pinter, mise en scène de Frédéric de Verville.

Trahisons est l’histoire d’un triangle amoureux : il y a l’épouse, Emma, le mari, Robert, et l’amant qui est aussi son meilleur ami, Jerry. Pourtant, Harold Pinter oblige, on ne tombe pas dans le vaudeville et ses péripéties attendues. La chronologie torturée permet une visite dans les profondeurs des relations et une analyse poussée des personnages, de leur évolution intérieure.
Paradoxalement, c’est l’action qui est au centre de la pièce, dans la mesure où elle souligne la cascade des conséquences issues d’un simple choix et l’importance de ce choix sur la construction d’une personne.
Frédéric de Verville réalise une mise en scène plutôt simple, préférant laisser le texte imposer de lui-même son humour sarcastique, grinçant. Scénographie banale, peut-être même trop pour une pièce qui prétend échapper au vaudeville… et les fréquents changements de décors créent des ruptures souvent longues que la musique, malgré une bande-son bien choisie, n’atténue pas toujours. L’ensemble reste plaisant et peut satisfaire celui qui veut rire jaune ou qui a aussi soif de découvertes.

Elise Blanc

Théâtre la Salamandre jusqu’au 31 juillet.

Paris Quartiers d’été aux Invalides

Paris Quartiers d’été aux Invalides

 

La majestueuse cour d’honneur des Invalides est devenue cette année pour sa 22ème édition, le lieu de représentation des spectacles chorégraphiques de ce festival. Un havre de sérénité au milieu des doutes. L’avenir de Paris Quartiers d’été est menacé: l’Etat a réduit sa subvention, et le lieu habituel de ses spectacles au Palais Royal est occupé par la Comédie-Française du fait des travaux salle Richelieu.
Une pétition est en ligne sur le site du festival afin d’éviter que l’été à Paris ne devienne un désert culturel. en juillet / août; tous les parisiens ne partent pas en Bretagne, dans le sud de la France, ou ailleurs, et beaucoup d’entre eux apprécient la ville et ses longues soirées lumineuses. Cette Cour d’honneur a donc accueilli Angelin Preljocaj avec Empty Moves I et II, un spectacle difficile dans une esthétique très inspirée de Merce Cunningham sur une bande sonore de John Cage. Les conditions climatiques de cette fin juillet n’ ont pas favorisé l’accueil du public.
Mais ballets néoclassiques de Biarritz de Thierry Malandain néoclassiques devraient  rassurer les spectateurs. Et début août, on pourra découvrir la chorégraphe Emmanuelle Gat, avec  Brillants Corners.
Allez déambuler dans le programme de ce festival qui a  su nous donner  dans le passé de grands moments d’émotion, comme cet inoubliable Roméo et Juliette » du Footsbarn Travelling Theater dans les jardins du Palais Royal, il y fort longtemps  et plus récemment, en 2009, un spectacle de Bartabas
sur  son cheval,  au petit matin jusqu’au lever du soleil , dans différents endroits  de la capitale.

 

Jean Couturier

 

http://www.Quartierdete.com » www.Quartierdete.com

Les Aventures d’Octave

Festival d’Avignon

Les Aventures d’Octave, texte et interprétation d’Alain Payen, mise en scène de Pascale Siméon.


C’est l’histoire d’Antoine Pageault, qui fait chaque jour douze tours de rollers en trente minutes. Il tourne en rond. Il pense à Octave, le chêne nain que son père, René Pageault, a planté pour laisser une trace à la postérité et à partir duquel il a créé un livre pour enfants. Il pense à Georgette image107.jpg, la banquière aux gros seins, et à son idylle avec René, à sa mère, Jacqueline, à Caroline, l’illustratrice, au vendeur du Bricorama. Surtout, il pense qu’il doit écrire la fin, la toute dernière histoire d’Octave…
Dans ce premier monologue, Alain Payen crée un univers loufoque et merveilleux, comme tout droit sorti de ses grands yeux bleus pleins d’enfance, et Pascale Siméon met sur scène ce spectacle avec une certaine magie. Tout le décor surgit d’une simple malle : le parc dans lequel Antoine fait du roller, la maison de campagne, Octave, et avec lui, tous les accessoires et même les personnages, incarnés par des petites poupées. Le plateau devient un espace de jeu.
Pour le temps, le comédien, qui a passé au début un pacte de durée avec le spectateur, suit son passage avec précision. Aidé d’une grosse horloge, il surveille ainsi la temporalité du spectacle, et avec elle celle de la vie d’Antoine, soigneusement subdivisée en quatre saisons. Les deux réalités coexistent, superposées par Alain Payen qui passe de l’une à l’autre en craquelant l’illusion théâtrale pour notre plus grand plaisir.
Petits et grands, vous ne verrez pas le temps passer !

Elise Blanc

Théâtre des Corps Saints

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