Plan incliné

« Plan incliné » par Tuig

 

plan.jpg Une devinette : trois comédiens avec deux valises et un sac de cordes se tiennent sur un soufflet géant. S’ils parviennent à se hisser en haut d’un plan incliné de six mètres de long, le soufflet bascule de l’autre côté. Sachant que le-dit plan incliné est glissant, comment les trois comédiens font-ils pour parvenir en son sommet ?
Une solution du groupe hollandais Tuig : le premier comédien se couche sur la paroi inclinée ; le deuxième grimpe sur le premier et se dresse à son tour le long du plan ; le troisième escalade les corps des deux autres et parvient au sommet ; puis le premier se hisse sur le corps du deuxième et du troisième, et atteint à son tour le sommet ; enfin le deuxième s’aide du troisième pour parvenir, lui-aussi, en haut du plan incliné. Le soufflet bascule.
Est-ce gagné pour autant ? Que nenni, car le soufflet, en basculant, a dressé le sol que les comédiens viennent de quitter, créant ainsi un nouveau plan incliné à escalader, et ce, d’une autre manière si possible !Telle est la situation kafkaïenne dans laquelle se trouvent les comédiens de Tuig. Sisyphe avait un rocher qui redescendait en bas de la colline lorsqu’il atteignait le sommet ; eux ont un plan incliné qui, en basculant, crée un autre plan incliné…
L’acte prête à sourire de par son absurdité. Mais il est surtout le prétexte de jeux entre les comédiens, jeux de rivalité ou d’entraide. Il occasionne également une tension particulière: nous, spectateurs, développons une sorte d’empathie envers ces hommes affrontant une machine. Enfin, le tout forme belle une image : la machine, par sa complexité (le soufflet est branché à des tuyaux d’orgue), les hommes, par leurs mouvements quasi chorégraphiés.
Que le sens soit absent d’un spectacle n’est pas gênant, à condition que la fonction ludique prenne le relais. Mais là précisément réside la faiblesse de Plan incliné : l’absence de progression dans le jeu finit par étouffer l’envie que nous aurions pu avoir de nous y intéresser. Du coup, nous décrochons bien vite… La situation mise en place par Tuig est certes originale et intéressante, mais, et c’est dommage, son traitement manque de substance.

Nicolas Arribat

 

* Les derniers compte-rendus de spectacles du Festival d’Aurillac par Philippe du Vignal paraîtront seulement cette semaine à cause d’une bronchite virulente attrapée grâce à la climatisation généreusement propulsée dans les cars qui emmènent le public à destination…Avec nos regrets pour ce retard.


Archive pour 22 août, 2011

Plan incliné

« Plan incliné » par Tuig

 

plan.jpg Une devinette : trois comédiens avec deux valises et un sac de cordes se tiennent sur un soufflet géant. S’ils parviennent à se hisser en haut d’un plan incliné de six mètres de long, le soufflet bascule de l’autre côté. Sachant que le-dit plan incliné est glissant, comment les trois comédiens font-ils pour parvenir en son sommet ?
Une solution du groupe hollandais Tuig : le premier comédien se couche sur la paroi inclinée ; le deuxième grimpe sur le premier et se dresse à son tour le long du plan ; le troisième escalade les corps des deux autres et parvient au sommet ; puis le premier se hisse sur le corps du deuxième et du troisième, et atteint à son tour le sommet ; enfin le deuxième s’aide du troisième pour parvenir, lui-aussi, en haut du plan incliné. Le soufflet bascule.
Est-ce gagné pour autant ? Que nenni, car le soufflet, en basculant, a dressé le sol que les comédiens viennent de quitter, créant ainsi un nouveau plan incliné à escalader, et ce, d’une autre manière si possible !Telle est la situation kafkaïenne dans laquelle se trouvent les comédiens de Tuig. Sisyphe avait un rocher qui redescendait en bas de la colline lorsqu’il atteignait le sommet ; eux ont un plan incliné qui, en basculant, crée un autre plan incliné…
L’acte prête à sourire de par son absurdité. Mais il est surtout le prétexte de jeux entre les comédiens, jeux de rivalité ou d’entraide. Il occasionne également une tension particulière: nous, spectateurs, développons une sorte d’empathie envers ces hommes affrontant une machine. Enfin, le tout forme belle une image : la machine, par sa complexité (le soufflet est branché à des tuyaux d’orgue), les hommes, par leurs mouvements quasi chorégraphiés.
Que le sens soit absent d’un spectacle n’est pas gênant, à condition que la fonction ludique prenne le relais. Mais là précisément réside la faiblesse de Plan incliné : l’absence de progression dans le jeu finit par étouffer l’envie que nous aurions pu avoir de nous y intéresser. Du coup, nous décrochons bien vite… La situation mise en place par Tuig est certes originale et intéressante, mais, et c’est dommage, son traitement manque de substance.

Nicolas Arribat

 

* Les derniers compte-rendus de spectacles du Festival d’Aurillac par Philippe du Vignal paraîtront seulement cette semaine à cause d’une bronchite virulente attrapée grâce à la climatisation généreusement propulsée dans les cars qui emmènent le public à destination…Avec nos regrets pour ce retard.

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