Retour à Ithaque

Retour à Ithaque d’après l‘Odyssée d’Homère, traduction de Victor Bérard, adaptation de René Loyon et Laurence Campet, mise en scène de René Loyon.

 

photolotitha02.jpgLa très fameuse Odyssée a donné lieu à d’innombrables adaptations au théâtre comme au cinéma, et c’est vrai que l’épopée plus de vingt cinq siècles  garde le même pouvoir de fascination auprès des metteurs en scène et scénaristes. René Loyon a choisi d’adapter les chants XIII à XXIII, c’est à dire le retour à Ithaque d’Ulysse  parti vingt ans ans auparavant à la guerre de Troie. Après d’innombrables épreuves et un long voyage en Méditerranée, il n’est toujours pas rentré dans sa petite île et on le considère souvent comme mort. Pendant ce temps, sa chère Pénélope se  morfond et les jeunes  princes d’Ithaque la convoitent de plus en plus.
Mais la  grande déesse Athéna va intercéder auprès de Zeus pour qui le laisse enfin rentrer chez lui. Ulysse  arrive enfin, couvert de haillons, évidemment  vieilli, mais avec une soif de vengeance impitoyable. Malgré tout, ce retour à Ithaque ne peut se faire que si Ulysse arrive, dans un ultime effort, à recouvrer son  identité auprès des siens, en particulier, son fils Télémaque et son épouse Pénélope, et ses proches amis.
Cette Odyssée,  du nom justement de son héros principal , comme le souligne justement Luc Ferry, est sans doute  la première réflexion philosophique occidentale, sur le déroulement du temps, l’identité humaine,  la vieillesse, la mort, la solitude, la vengeance, la fidélité.
Ulysse doit en effet se reconstruire et affronter ses ennemis, ce qui ne se fera pas sans un terrible massacre qu’ Homère en excellent reporter, nous décrit , sans aucune concession et  avec un réalisme sans faille. Il y a même , comme dans tout bonne série, un merveilleux happy end mais traité avec la plus grande discrétion: les retrouvailles avec sa toujours amoureuse Pénélope…
René Loyon  nous convie donc à un retour à Ithaque  format  » poche » si l’on peut dire. Pas de décor,  sinon cinq tabourets déjà utilisés dans d’autres spectacles et  repeints en rouge foncé et un petit banc noir. Et trois comédiens/ narrateurs  qui vont à la fois dire et interpréter les moments les plus marquants du retour d’Ulysse.
Tous les personnages sont bien là, Eumée le porcher d’Ulysse, Euryclée sa très vieille nourrice, Laërte son père, Télémaque son fils , son vieux chien Argos à moitié paralysé et les jeunes prétendants, en particulier Antinoos et Eurymaque, Amphinomos. Le récit se déroule comme un conte mille fois entendu et dont on ne se lasse jamais. Les personnages qui circulent d’un comédien à l’autre sont bien là, avec une vérité indéniable. Sans aucun pathos, sans aucune grandiloquence, sans aucun académisme mais avec, côté technique, une précision dans la diction et  une évocation de la   réalité, dans la cruauté comme dans la tendresse, impressionnantes. On peut regretter que Loyon ait choisi la traduction de Victor Bérard aux archaïsmes un peu pénibles ( céans , la male mort..) mais c’est vrai que Bérard arrive à faire passer un souffle épique qui n’existe pas , par exemple, dans la traduction de Paul Mazon. Et l’on entend,  comme rarement on l’a entendu, la parole merveilleuse d’Homère.
Après un remarquable Don Juan lui aussi un peu « poche », construit avec trois bouts de ficelle, René Loyon  nous propose de regarder avec bonheur pendant un peu plus  d’une heure un monde disparu à jamais qui a encore tant de choses à nous dire…

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre du Lucernaire (attention c’est à 18 h 30)


Archive pour 14 septembre, 2011

Retour à Ithaque

Retour à Ithaque d’après l‘Odyssée d’Homère, traduction de Victor Bérard, adaptation de René Loyon et Laurence Campet, mise en scène de René Loyon.

 

photolotitha02.jpgLa très fameuse Odyssée a donné lieu à d’innombrables adaptations au théâtre comme au cinéma, et c’est vrai que l’épopée plus de vingt cinq siècles  garde le même pouvoir de fascination auprès des metteurs en scène et scénaristes. René Loyon a choisi d’adapter les chants XIII à XXIII, c’est à dire le retour à Ithaque d’Ulysse  parti vingt ans ans auparavant à la guerre de Troie. Après d’innombrables épreuves et un long voyage en Méditerranée, il n’est toujours pas rentré dans sa petite île et on le considère souvent comme mort. Pendant ce temps, sa chère Pénélope se  morfond et les jeunes  princes d’Ithaque la convoitent de plus en plus.
Mais la  grande déesse Athéna va intercéder auprès de Zeus pour qui le laisse enfin rentrer chez lui. Ulysse  arrive enfin, couvert de haillons, évidemment  vieilli, mais avec une soif de vengeance impitoyable. Malgré tout, ce retour à Ithaque ne peut se faire que si Ulysse arrive, dans un ultime effort, à recouvrer son  identité auprès des siens, en particulier, son fils Télémaque et son épouse Pénélope, et ses proches amis.
Cette Odyssée,  du nom justement de son héros principal , comme le souligne justement Luc Ferry, est sans doute  la première réflexion philosophique occidentale, sur le déroulement du temps, l’identité humaine,  la vieillesse, la mort, la solitude, la vengeance, la fidélité.
Ulysse doit en effet se reconstruire et affronter ses ennemis, ce qui ne se fera pas sans un terrible massacre qu’ Homère en excellent reporter, nous décrit , sans aucune concession et  avec un réalisme sans faille. Il y a même , comme dans tout bonne série, un merveilleux happy end mais traité avec la plus grande discrétion: les retrouvailles avec sa toujours amoureuse Pénélope…
René Loyon  nous convie donc à un retour à Ithaque  format  » poche » si l’on peut dire. Pas de décor,  sinon cinq tabourets déjà utilisés dans d’autres spectacles et  repeints en rouge foncé et un petit banc noir. Et trois comédiens/ narrateurs  qui vont à la fois dire et interpréter les moments les plus marquants du retour d’Ulysse.
Tous les personnages sont bien là, Eumée le porcher d’Ulysse, Euryclée sa très vieille nourrice, Laërte son père, Télémaque son fils , son vieux chien Argos à moitié paralysé et les jeunes prétendants, en particulier Antinoos et Eurymaque, Amphinomos. Le récit se déroule comme un conte mille fois entendu et dont on ne se lasse jamais. Les personnages qui circulent d’un comédien à l’autre sont bien là, avec une vérité indéniable. Sans aucun pathos, sans aucune grandiloquence, sans aucun académisme mais avec, côté technique, une précision dans la diction et  une évocation de la   réalité, dans la cruauté comme dans la tendresse, impressionnantes. On peut regretter que Loyon ait choisi la traduction de Victor Bérard aux archaïsmes un peu pénibles ( céans , la male mort..) mais c’est vrai que Bérard arrive à faire passer un souffle épique qui n’existe pas , par exemple, dans la traduction de Paul Mazon. Et l’on entend,  comme rarement on l’a entendu, la parole merveilleuse d’Homère.
Après un remarquable Don Juan lui aussi un peu « poche », construit avec trois bouts de ficelle, René Loyon  nous propose de regarder avec bonheur pendant un peu plus  d’une heure un monde disparu à jamais qui a encore tant de choses à nous dire…

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre du Lucernaire (attention c’est à 18 h 30)

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