L’Implorante

L’Implorante de Claude Guilmain, mise en scène de Louise Naubert et Claude Guilmain.

 

 implorante.jpg La rencontre de plusieurs formes d’expression artistique : vidéo, sculpture, danse, littérature, photographies et images/textes empruntés à des téléphones mobiles et une suite d’illusions spatiales nous interpellent dès les premiers moments de ce fascinant spectacle. Le fond de mur semble glisser à droite puis  à gauche.
Sans dire un mot, Sylvie Bouchard, la comédienne/danseuse envoie des textos contre le mur, devenu écran ,ou des images comme celle d’un train qui passe, et nous  voilà  dans le métro à Paris, ou dans la cour de l’atelier de Camille Claudel, ou au Musée Rodin  où le rapport entre les amants commence à se dessiner. . Tandis que la jeune comédienne , prépare une exposition dans son atelier parisien, nous entendons une belle  voix ‘off’  qui lit la correspondance passionnée entre Auguste Rodin et Camille Claudel,  l’élève de Rodin  devenue sa maîtresse, son modèle et  était, selon les uns, encore plus douée que le maître.
La première partie du spectacle ( 75 minutes), se situe dans le présent où la relation Rodin-Camille Claudel opère une fascination sur la danseuse et nous devinons un parallèle entre ce rapport déchirant  des deux sculpteurs et  sa propre vie.  Tandis  qu’elle prépare une exposition de photos et  de sculptures, la  toile de fond d’une relation amoureuse est évoquée par les appels téléphoniques qui interrompent le travail de la jeune femme, et qui assurent  le va et vient entre le présent et le passé où un romantisme exacerbé déchire cet autre  corps fragile..!
Et toujours Sylvie Bouchard se transforme en  sculpture vivante, figure pathétique de L’implorante : cette jeune femme constitue une des figures du triptyque L’âge mûr de Camille Claudel qui exprime la tragédie d’une jeune femme abandonnée par son amant pour une femme plus âgée. L’implorante essaye de retenir son amant mais la femme mûre l’emportera. La  deuxième partie du spectacle nous renvoie  au personnage  de  Camille Claudel, après le départ de Rodin.  Temporalités et  récits amoureux se confondent avec un effet est très fort; quand  la voix off  lit le désespoir de Camille dans sa correspondance, Sylvie Bouchard nous plonge alors dans sa vie déchirée par la folie. Gestes  saccadés, membres  désarticulés  d’un corps frénétique qui s’écroule sous  le poids de la douleur…  Un éclairage subtil et discret caresse les formes  nues que nous devinons dans la pénombre d’une conscience qui s’enfonce dans l’abime. Les derniers moments sont intenses.Mais tout d’un coup, c’est fini!  Selon Louise Nabert, il n’y avait pas besoin d’en dire davantage. Dommage: on aurait voulu en savoir plus! Vision minimaliste d’un corps où l’expression de la folie devient le moment insaisissable et  l’espace brouillé  au croisement de la musique, des voix enregistrées, des pas de danse, des formes sculptées, et des  images filmées, l’incarnation d’un esprit qui perd ses moyens dans un chaos chorégraphié  méticuleux… C’est un spectacle  d’une belle émotion qui devrait tourner dans le monde entier. 

 

Alvina  Ruprecht

Théâtre du  Tabaret Hall, Université d’Ottawa, à Zones Théâtrales,Festival des francophonies canadiennes hors Québec.

 


 


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