Les arts dans la rue à Châtillon

14ème Festival « Les arts dans la rue à Châtillon »

p2bymshuten1300dpi.jpgLes 24 et 25 septembre, un festival de spectacles de rue s’est installé, comme chaque année, à Châtillon. Quelque vingt compagnies de théâtre et de cirque, des orchestres et des danseurs viennent battre l’asphalte de cette petite ville, située à seulement quelques minutes de  Paris. Mais le détour n’en vaut pas forcément la peine…
Il suffit d’un rapide parcours dans le centre ville pour se rendre à l’évidence : ce festival manque cruellement d’identité et de caractère, bien qu’il s’agisse de sa quatorzième édition. Toute personne venue chercher des propositions engagées et innovantes en matière d’art de rue sera déçu : le curseur critique oscille entre « le déjà-vu bien fait » et le « réchauffé écœurant », tout cela dans un esprit général politiquement correct et bien pensant.
Le festival de Châtillon, c’est d’abord du théâtre pour enfant de piètre qualité : des chats dans une poubelle dont la bêtise fait peur plutôt que rire (compagnie Stickleback Plasticus) ; un clown pipi-caca que les programmateurs osent considérer comme héritier de Charlot (compagnie Elastic) ; des fables écologiques à ce point caricaturales et moralisatrices qu’elles relèvent plus de dogmes que d’histoires traitant de notre mode de consommation (compagnie La chose publique).
À cela s’ajoute une bonne programmation musicale : mais est-il besoin d’un festival d’arts de rue pour faire défiler des fanfares ? Les fêtes de villages ne manquent pourtant pas ! À noter deux curiosités, tout de même : la première est l’utilisation ludique, par les musiciens de la compagnie La Preuve par 9, d’objets de récupération et autres cornets hétéroclites ; la seconde est un orchestre de percussions taillées dans du bambou :  les  nombreux musiciens, parfois très jeunes, produisent une ensemble très cohérent (collectif Pousses de Bamboo orchestra).
Enfin, le théâtre de Châtillon, programmateur du festival, a fait venir quelques compagnies de cirque et de danse qui n’ont pas su élever le niveau d’ensemble, surtout  quand elles  s’aventurent dans des domaines pseudo-poétiques ou faussement interactifs…
Où donc se terre l’esprit de la rue, lieu de toutes les révoltes ? Cet espace, fonctionnel s’il en est, ne doit-il pas être interrogé, déstructuré et réévalué par tout artiste qui souhaite y travailler ? Sinon quel intérêt y aurait-il à se produire dans un lieu inadapté ,à bien des égards,  aux spectacles ?
Ces questions, pourtant fondamentales, seraient restées lettre morte à Châtillon s’il n’y avait eut la compagnie P2BYM. Deux danseurs, Yui Mitsuhashi et Patrice de Bénédetti, se confrontent à trois espaces urbains différents : le passage piétons d’un feu tricolore, un abribus, une place avec réverbères. Sans musique et avec un minimum d’accessoires, ils remplissent ces lieux de gestes saccadés, de figures et de corps emmêlés. Par contraste, ils mettent en valeur et en question la fonction de ces espaces, car les piétons continuent de traverser et les bus de passer.
Leur présence suffit à créer une sorte de miroir qui déforme toute l’activité humaine des alentours : un homme qui balaye la rue, une dame promenant son chien, un conducteur écoutant sa musique trop fort prennent alors une dimension comique  et 
esthétique, puisque les règles d’usage s’en trouvent transformées.
Mais il serait bon que l’équipe de programmation fasse de même, et réfléchisse aux intérêts et aux enjeux d’un festival de rue à Châtillon.

 

Nicolas Arribat

 


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