COMMUNIQUE 2 DE CASTELLUCCI

Le Théâtre de la Ville nous a fait parvenir le communiqué de presse suivant que nous vous invitons à lire. Compte-tenu de la gravité de la situation, puisque le spectacle de Castellucci est ensuite programmé au Cent-Quatre et risque fort de subir les mêmes agressions, nous tenons à exprimer notre solidarité à Emmanuel Demarcy-Motta et à toute son équipe, tout à fait déterminés, qui ont eu absolument raison de ne pas céder au chantage et aux menaces d’un groupuscule fascisant. Les comédiens et le metteur en scène ont aussi eu à cœur, dans les conditions que l’on imagine, de ne jamais arrêter la représentation ce dont ils  ne peuvent qu’être félicités.   Philippe du Vignal et l’ensemble des critiques du Théâtre du Blog

Romeo Castellucci au Théâtre de la Ville – Paris

 

Actes violents pour empêcher un spectacle à Paris.
Le directeur et l’équipe du Théâtre de la Ville ne cèdent pas aux intimidations.

 

Depuis le 20 octobre, les représentations du spectacle de Romeo Castellucci, « Sur le concept du visage du fils de Dieu », au Théâtre de la Ville, sont systématiquement perturbées par des groupes organisés, se réclamant en partie de l’Action française et du Renouveau français. L’Agrif  (association contre le racisme anti-blancs et anti-chrétiens) avait demandé par voie de justice l’interdiction du spectacle et avait été déboutée de sa demande par le Tribunal de Grande Instance le 18 octobre 2011.

 

Nous considérons qu’il ne s’agit pas de la simple perturbation d’un spectacle, mais d’actes violents visant à interdire l’accès du public au Théâtre de la Ville en s’en prenant aux personnes et aux biens.

 

Devant les nombreuses menaces collectives ou personnelles que nous avons reçues depuis plusieurs semaines, faisant suite à la campagne menée par Civitas, j’ai demandé à la Mairie de Paris de prendre des mesures susceptibles de garantir la sécurité du public, du personnel et des artistes tout en nous permettant d’assurer le maintien des représentations.

 

Procédures mises en place dès la première représentation :

 

-       La présence des forces de police devant le théâtre permet d’empêcher des groupes de manifestants, dont certains sont particulièrement violents, d’accéder au théâtre, et de garantir l’accès du public.

 

-       Lorsque la scène est envahie par des personnes munies de billets leur permettant d’entrer dans la salle, je leur demande de la quitter. En cas de refus et dans l’impossibilité d’obtenir ce départ dans le calme et sans violence, avec notre propre personnel et nos agents de sécurité, et afin de prévenir un affrontement entre les manifestants et le public, je demande, en ultime recours, l’intervention des forces de l’ordre. Je suis en effet déterminé à ce que chaque représentation puisse se dérouler jusqu’à son terme.

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-       Comme j’en informe le public avant chaque représentation, le Théâtre de la Ville a décidé de porter plainte de façon systématique lorsque les représentations sont perturbées au titre de l’article 431-1 du Code Pénal qui stipule :

 

Le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la liberté d’expression, du travail, d’association, de réunion ou de manifestation est puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende.

 

Le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de coups, violences, voies de fait, destructions ou dégradations au sens du présent code, l’exercice d’une des libertés visées à l’alinéa précédent est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende.

 

* * *

 

Avant d’arriver en France, le spectacle a été présenté en Allemagne, en Belgique, en Norvège, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Russie, aux Pays-Bas, en Grèce, en Suisse, en Italie et en Pologne. Il n’a pas suscité la moindre réaction analogue à celles que nous déplorons aujourd’hui.

 

Le Théâtre contre le fanatisme

 

Ces agissements à caractère fascisant sont absolument inadmissibles.
Mes collaborateurs et moi-même, en plein accord avec Romeo Castellucci et son équipe, ainsi que l’ensemble du personnel du théâtre, ne céderons sous aucun prétexte à ces menaces et à cette intimidation. Nous entendons défendre au-delà même du spectacle de Romeo Castellucci, la liberté d’expression, la liberté des artistes, la liberté de pensée contre ce nouveau fanatisme. Nous entendons exercer pleinement nos droits et réclamer aux fauteurs de trouble réparation des dommages et préjudices importants qu’ils nous occasionnent.

- Après plusieurs jours de troubles, le Théâtre de la Ville a mis en place un comité de soutien, le Théâtre contre le fanatisme, mercredi 26 octobre. Le texte de ce comité, accompagné d’une première liste de signataires a été mis en ligne sur notre site Internet (www.theatredelaville-paris.com).

 

 

 

- Une déclaration est en préparation pour être envoyée aux lieux d’art et de culture afin d’y être affichée

Je tiens à saluer l’attitude du public lors des représentations. Face à l’agression verbale, puis physique dont il est l’objet, il réagit avec calme et observe avec patience les mesures de contrôle que nous avons été contraints de mettre en place.

Le Théâtre de la Ville est producteur exécutif de ce spectacle à Paris, et le présentera jusqu’au 30 octobre; puis il sera repris – dans le cadre de notre partenariat – au Centquatre, du 2 au 6 novembre.

Je souhaite que le public continue à venir découvrir le travail d’un grand artiste que nous sommes fiers de soutenir et d’accompagner.

La ville de Paris « condamne avec la plus grande fermeté ce type d’action, qui a pour but d’entraver le principe de la liberté de création », et « réaffirme son soutien à Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville, à Romeo Castellucci et aux artistes et au personnel du théâtre ». Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand condamne l’acte de ces fondamentalistes chrétiens.

A ce jour, 7 représentations ont été données au Théâtre de la Ville. Toute l’équipe du Théâtre de la Ville s’est mobilisée à mes côtés pour permettre aux représentations d’avoir lieu dans leur intégralité, malgré les violentes tentatives d’intimidation dont nous faisons l’objet. Qu’elle soit ici remerciée.

Emmanuel Demarcy-Mota
Directeur du Théâtre de la Ville

 

LES FAITS JOUR PAR JOUR

Jeudi 20 octobre 2011

-       Avant le spectacle :
o   tentative violente d’intrusion par des militants organisés, avec usage de gaz lacrymogènes ;
o   enchaînement des portes de la salle dans le but d’en empêcher l’accès ;
o   utilisation de boules puantes ;
o   distribution de tracts dénonçant le prétendu caractère « christianophobe » du spectacle, reposant sur des allégations entièrement mensongères ;
-       Pendant le spectacle : o   envahissement de la scène du théâtre par 9 activistes (qui avaient valablement acheté leurs places) interrompant la représentation. o   devant l’impossibilité d’obtenir leur départ dans le calme et sans violence, et afin de prévenir tout affrontement avec les spectateurs, j’ai demandé, après 20 minutes d’interruptions, l’intervention des forces de police, afin d’évacuer les agresseurs

o   après leur évacuation, la représentation a repris et s’est poursuivie jusqu’à son terme

-       Procédure judiciaire : Dépôt de plainte du Théâtre de la Ville pour violences volontaires en réunion auprès du Commissariat de Police du 17ème arrondissement. 9 personnes en garde à vue.

Vendredi 21 octobre 2011

-       Avant le spectacle :
o   deux  activistes se hissent sur la corniche située au dessus des entrées du hall, jettent des œufs sur le public et l’aspergent d’huile de vidange. Plusieurs spectateurs ont leurs vêtements et cheveux souillés, nous sommes en contact avec eux pour la suite à donner à ces agissements.
o   nous sommes contraints d’aménager l’entrée du public par une sortie de secours située sur le côté du bâtiment, ce qui occasionne de grandes perturbations dans le théâtre pour garantir la sécurité et l’accueil des spectateurs.

-       Pendant le spectacle :
o   la représentation démarre à 21h40 et se déroule normalement jusqu’à son terme.

Samedi 22 octobre 2011

-       Avant le spectacle :
o   dispositif policier renforcé à l’extérieur du théâtre
o   sécurisation du lieu par la mise en place de contrôles renforcés (portiques de sécurité) et présence accrue du personnel du théâtre ;

-       Pendant le spectacle :
o   deuxième envahissement de la scène du théâtre par un groupuscule de 8  personnes (qui avaient valablement acheté leurs places) interrompant brutalement la représentation, menaçant le personnel et le public ;
o   à la demande du théâtre, intervention des forces de l’ordre, les agresseurs sont évacués dans le calme
o   la représentation reprend après une interruption de 10 minutes et se poursuit normalement jusqu’à son terme.

-       Procédure judiciaire : Dépôt de plainte du Théâtre de la Ville pour entrave à la liberté d’expression déposé auprès du Commissariat de Police du 4ème arrondissement. 8 personnes en garde à vue.

Dimanche 23 octobre 2011

-       Avant le spectacle :
o   procédure de sécurisation renforcée avec contrôles accrus

 -       Pendant le spectacle : o   troisième envahissement de la scène du théâtre par un groupuscule de 7 personnes (qui avaient valablement acheté leurs places) interrompant la représentation. o   les agresseurs sont calmement remis par les agents de sécurité aux forces de l’ordre.

o   reprise du spectacle après une interruption de 7 minutes et poursuite jusqu’à son terme.

-       Procédures judiciaires : o   dépôt de plainte du Théâtre de la Ville pour entrave à la liberté d’expression déposé auprès du Commissariat de Police du 9ème arrondissement. 7 personnes en garde à vue. o   dépôt de plainte par Christophe Girard pour la Mairie de Paris

Lundi 24 octobre 2011

-       Location des places Romeo Castellucci :
o   Tentative de blocage de la vente en ligne sur le site Internet du Théâtre de la Ville par réservation massive de toutes les places disponibles.

-       20h30, déroulement du concert d’Anouar Brahem, musicien tunisien, prévu dans la programmation

Mardi 25 octobre 2011

-       Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville et son équipe mettent en place un comité de soutien « Le théâtre contre le fanatisme », texte sur le site du théâtre (www.theatredelaville-paris.com).

-       Avant le spectacle :
o   heurts violents aux abords du théâtre. 138 interpellations.

-       Pendant le spectacle :
o   pas d’interruption de la représentation.

Mercredi 26 octobre 2011

-       Avant le spectacle :
o   300 manifestants au centre de la place du Châtelet.
o   premières interpellations devant les portes du théâtre avant le spectacle.

-       Pendant le spectacle :
o   première intervention par un groupuscule qui crie et vocifère dans la salle. Evacuation rapide par le personnel du théâtre, le spectacle n’a pas été interrompu.
o   deuxième intervention par un groupuscule restant dans la salle et utilisant des sifflets. Jet de boules puantes sur le public. Evacuation rapide par le personnel du théâtre. Le spectacle n’a pas été interrompu.
o   troisième intervention avant la fin de la représentation, cris et vociférations.
o   malgré ces trois agressions, le spectacle n’a jamais été interrompu, les acteurs ayant suivi les consignes données de continuer à jouer quand cela était possible.

-       Procédures judiciaires :
o   dépôt de plainte du Théâtre de la Ville pour entrave à la liberté d’expression déposé auprès du Commissariat de Police du 18ème arrondissement. 19 personnes en garde à vue.
o   dépôt de plainte par Christophe Girard pour la Mairie de Paris.

Jeudi 27 Octobre 2011

-       Avant le spectacle :
o   300 manifestants au centre de  la place du Châtelet, scandant « Castellucci, retourne dans ton pays »

-       Pendant le spectacle :
o   pas d’interruption de la représentation

A ce jour, 4 432 personnes ont assisté aux représentations au Théâtre de la Ville. Des places sont encore disponibles pour les trois dernières représentations.

Vendredi 28 Octobre 201

-       représentation prévue à 20h30
-       l’Agrif est une nouvelle fois déboutée par le Tribunal administratif de Paris de sa demande d’interdiction des représentations au CENTQUATRE
-       un texte de solidarité sera envoyé aux lieux d’art et de culture afin d’y être lu et/ou affiché.

Samedi 29 Octobre 2011
-       représentation prévue à 20h30

Dimanche 30 octobre 2011
-       représentation prévue à 15h


Archive pour 28 octobre, 2011

Danses Partagées au Centre National de la Danse

Danses Partagées au Centre National de la Danse

 

 photo1.jpgLe CND a invité à nouveau son public à ses deux journées de Danses Partagées en octobre. C’est un moyen  de rencontrer le public et pour celui-ci de côtoyer par la pratique les artistes invités de la future saison.
Les ateliers de pratique artistique sont à la mode quelque soit le domaine. Il suffit de se souvenir du succès de Michel Gondry avec son atelier de création de films amateurs au centre Georges Pompidou en 2011 (voir article du 24 février). L’abonné du CND ou le simple curieux, a pu suivre des ateliers aussi différents que ceux de Marion Levy, Catherine Diverrès, Thomas Lebrun, Hervé Robbe et d’autres.
C’est aussi l’occasion pour ce lieu, en partenariat avec les grands théâtres recevant des spectacles de danse aujourd’hui, comme le théâtre National de Chaillot, le théâtre de la Ville, le théâtre de la cité international ou le théâtre de la Bastille, de fidéliser les spectateurs.
Le CND propose également sa propre programmation de spectacles ainsi que des conférences et des films, en collaboration avec la Cinémathèque de la danse. Ce qui est profitable au public , professionnels et amateurs. Le spectateur de théâtre est aussi parfois un spectateur de danse, il peut donc aller glaner au cours de la saison des spectacles venus d’univers très différents.

 

Jean Couturier
www.cnd.fr

Chez Mimi

Chez Mimi, de Aziz Chouaki, mise en scène de Frédérique Lazarini.

  a589945ade2b11e08a2a337b77dda763.jpgLa scène est en Provence, dans un petit village, au comptoir du bistrot chez Mimi.
Mimi, une algérienne répudiée par sa famille pour être tombée sous le charme d’un français, Charles. C’est lui qui l’a emmenée en France. Depuis, elle a conquis le village et nombreux sont les habitués de sa guinguette : Dédé, Nathalie, Jacques, Magalie et les autres s’empressent chaque jour au comptoir.
Mais quand  éclate la guerre d’Algérie, les opinions fusent et divergent : oui, la révolte de ces sales arabes doit être réprimée, et violemment ! Mais Mimi, c’est autre chose, un des monuments du village ! Le spectateur assiste aux allées et venues de ces villageois taraudés de soucis amoureux bien légers face au climat international.
L’insouciance est générale et Mimi se prend au jeu en faisant la voyante pour ses amis… Elle apprend alors qu’un malheur va bientôt s’abattre sur le village. Le comptoir du bar, s’anime de toute cette effervescence. Seule, Mimi nous dévoile ses secrètes inquiétudes. Dans un long monologue, véritable morceau de bravoure, la comédienne Rayhana confie avec force la mélancolie qui ronge son personnage à la pensée de ceux qu’elle a laissés au pays. Isolée au milieu des autres qui se déhanchent sur des titres comme La Bamba ou Souvenirs souvenirs, interprétées par Ricky Norton, Mimi s’efforce de rester forte et digne.
Mais malgré la musique, le spectacle s’essouffle rapidement. L’intrigue patauge et le talent des comédiens ne parvient pas à rendre le dénouement intéressant. On ne comprend pas bien où on le veut nous mener. Il semble que ce ne soit qu’un prétexte pour rendre l’ambiance d’une époque. Certes il y a du swing et des rythmes des sixties à intervalles réguliers, mais c’est tout.
Un simple divertissement qui fait sourire. Dommage :le thème de la guerre d’Algérie n’ait pas été suffisamment exploité : aux heures sombres que nous vivons, les questions sur le racisme auraient mérité d’être plus clairement posées.

Élise Blanc

Au Vingtième Théâtre jusqu’au 30 Octobre.

 

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