Avenir radieux, une fission française

Avenir radieux, une fission française de et par Nicolas Lambert.

aveniradieux.jpgIl y a avait eu déjà Elf la pompe Afrique que Nicolas Lambert avait créé en 2004;  il donnait un aperçu des bassesses de la politique coloniale de la France à travers quelques moments-clé du fameux procès où personne ne se souvenait plus de rien: de Loïc Le Floc-Prigent aux autres protagonistes qui avaient tous brassé et/ou profité de paquets d’argent monstrueux (voir Le Théâtre du Blog).
Nicolas Lambert , dans le second volet de cette  affaire, s’en prend maintenant aux beaux discours de la République, présidents, ministres de gauche comme de droite et dirigeants d’EDF qui ont tous applaudi aux  » progrès » de l’industrie nucléaire pour des raisons électorales et politiciennes: mensonges énormes (comme on le sait depuis longtemps, plus c’est gros, mieux cela passe) du genre: l’industrie nucléaire est peu coûteuse , absolument sûre et absolument indépendante, alors que le sigle même de Framatome dénonce le contraire, le nuage de Tchernobyl  n’a pas touché la France! etc…réponses évasives de représentants de l’Etat,  en l’occurrence ceux des organismes chargés de contrôler l’activité nucléaire française, civile et militaire comme cette commission nationale du débat public qui organise de faux débats sur les centrales nucléaires de type EPR.
Ou  bien encore quand l’Etat et ses préfets de la République qui devraient protéger les citoyens, fait semblant de ne pas comprendre et ne voit  aucun lien entre la vingtaine d’ attentats qui ensanglantèrent la France dans  les années 80- ceux de la rue de Rennes,  de la station Saint-Michel, du TGV, etc…, la prise d’otages au Liban , et de l’autre côté: les contrats juteux de l’industrie nucléaire négociés avec l’Iran, mais non respectés.
Et tout cela sur fond de corruption mal déguisée, quand il s’agit de la presse en général dont il est visible qu’on acheté le silence, ou bien  quand l’information est soigneusement verrouillée par des médias qui appartiennent peu ou prou à des industriels de l’énergie et de l’armement. ERDF est ainsi devenu, au fil de quelques décennies ,un État dans l’État, et les parlementaires qui  auraient pourtant dû avoir un droit de regard absolu, ont été priés de se taire.Comment on ne sait pas et mieux vaut ne pas savoir! Essayez  de vous souvenir de  la parole de l’un d’entre eux .
Quant au consommateur, envahi par un déluge de désinformations, ou de fausses informations, il est, lui, prié de croire que les sites nucléaires français  possèdent une technologie irréprochable et  que toute comparaison avec la catastrophe japonaise serait absurde, comme le martèle encore le pauvre Sarkozy dans un discours lamentable  qui pue le mensonge. Circulez, il n’y a rien à voir,  sinon à l’étranger! Beau syllogisme:  vouloir quitter le nucléaire comme le fait l’Allemagne c’est sans doute bien mais pas pour la France. Comment faire autrement? C’est une question, après Fukushima qui ne peut plus être longtemps éludée… Mais que la classe politique toute entière, ou à quelques bémols près, se refuse à voir vraiment en face, alors que cela concerne des dizaines de millions de jeunes Français et l’avenir même de la planète. C’est tout cela que dit le spectacle de Nicolas Lambert en refaisant,
avec des moyens dérisoires,  l’historique de cette histoire de fric organisée à l’échelon international : il est seul en scène, avec un violoncelliste, à incarner les différents protagonistes. Aucun décor  sinon  un gros bidon marqué du fameux logo nucléaire.
Nicolas Lambert sait faire, qu’il incarne  Guillaumat le cynique ministre chargé de l’énergie atomique sous de Gaulle, ou les Présidents ou premiers ministres- les vivants  comme  les morts- qui cautionnèrent cette politique énergétique qui est maintenant au cœur du débat. Il  dénonce, à coup de morceaux d’anthologie tirés d’archives, les passes d’armes entre agents de l’Etat inexistants et trouillards avec des gens comme cette adjointe  à la mairie d’Amiens, brillante et qui ne se laisse pas impressionner. C’est à la fois d’une belle tenue théâtrale, même s’il n’y a pas cette fois  le matériau d’exception qu’étaient les notes prises par Nicolas Lambert au procès d’Elf. Mais le comédien est solide et pugnace, et le public-assez jeune pour une fois- est captivé et savoure ce théâtre citoyen pendant deux heures passionnantes.
On ressort de là avec l’impression d’être un peu plus intelligent et un peu plus lucide. Sans doute, le spectacle est-il encore assez brut de décoffrage: une petite coupe  de quinze minutes ne serait pas un luxe mais les choses vont se caler et  le spectacle  fonctionne déjà avec une remarquable efficacité. Par ailleurs,  et  ce serait un autre débat,  mais, quitte à mettre les choses au clair, Nicolas Lambert pourrait aussi poser, même rapidement  les vraies questions: pourquoi aussi peu de circuits de récupération (canettes, plastiques,emballages divers et toujours plus nombreux  souvent multipliés par  trois),  pourquoi cette débauche de vêtements surtout féminins, et de pseudo-médicaments qui ne servent à rien,pourquoi ces vitrines éclairées en pleine nuit, pourquoi ces blisters pour une ampoule ou dix vis), pourquoi ces cartons de livraison Casino à usage unique, pourquoi ces écrans plats, gros consommateurs d’énergie, qui diffusent de la pub un peu partout jusque dans le métro, pourquoi ces tracts distribués par centaines de milliers et que personne ne lit, pourquoi ces dizaines de milliers de  journaux gratuits qui vont  à la poubelle, etc…
L’industrie nucléaire, non seulement déjà polluante, contribue aussi grandement, à la pollution, en rendant les choses plus faciles et moins coûteuses en efforts (du moins en apparence)… Tout cela, avec le consentement absolu du citoyen français: nous sommes tous loin d’être des consommateurs irréprochables dans ce domaine,et pas très regardants quant aux conséquences vis-à-vis des générations futures!

Philippe du Vignal

Le Grand Parquet  20 bis rue du Département 75018 Paris jusqu’en février 2012 ; Elf, la Pompe Afrique est joué chaque  mercredi.


Archive pour 19 novembre, 2011

LA TEMPÊTE

 La Tempête de William Shakespeare, mise en scène de Philippe Awat.

Cet étonnant spectacle qui a transporté d’enthousiasme le public très jeune de la Maison des Arts de Créteil. Une tempête terrifiante se déchaîne au sommet d’un immense bateau qui allonge une vertigineuse coque rouillée, langue brune qui envahit le plateau. Le calme revenu, Prospero,  duc de Milan, avoue à sa fille Miranda la trahison dont il a été victime quand son frère l’a déchu , quinze auparavant, en s’alliant avec le duc de Naples. Banni de son duché, il a échoué dans cette île perdue avec ses livres et sa fille de trois ans. Caliban, enfant sauvage, né de la sorcière Sycorax. Ariel, un esprit qu’il a délivré d’un maléfice, l’aide à rassembler les survivants du naufrage que son pouvoir magique a déclenché.
Miranda rencontre Ferdinand, fils héritier du duc de Naples, et en tombe amoureuse: c’est le premier homme qu’elle voit sur son île. Prospero qui veut mettre leur amour à l’épreuve le charge de tâches ingrates, le transport épuisant des bûches qu’il doit hisser en haut de la coque du bateau. Pendant ce temps, les autres survivants de la cour de Naples et de Milan, (pas un n’a péri) sont en meilleur état qu’avant le naufrage,  et vont à la recherche du fils héritier qu’ils croient noyé.   Un régicide se prépare et échoue mais Prospéro les tient  à l’œil, grâce au fidèle Ariel qui les surveille, et qui les endort au bon moment.
Les retrouvailles finales verront Prospero pardonner et abandonner sa magie pour retrouver son duché de Milan, qui sera gouverné par le jeune couple.  Caliban s’est mis au service  deux ivrognes et voudrait leur faire assassiner Prospero,  et c’est un  moment  hilarant.  L’espace sonore et visuel tient de la magie : les comédiens ne cessent d’escalader la coque vertigineuse du bateau avec une adresse de circassiens, Ariel,  avec une  voix sonorisée qui semble venir de l’au delà, sort d’un hologramme et son costume de moelleuse poupée nue en fait un personnage étrange.
Il faudrait citer toute la distribution de ce remarquable spectacle mais Jean-Pol Dubois campe un magistral Prospéro, tirant les ficelles de ce naufrage qu’il a provoqué, pour retrouver son duché avant de le léguer aux jeunes amoureux et s’abandonner à la mort qui est proche.   Florent Guyot, campe un étonnant Caliban qui va rester seul sur son île…   De la belle ouvrage d’une vraie compagnie née sous l’aile du Théâtre du Soleil, dont on avait pu apprécier Têtes rondes et Têtes pointues de Brecht , Pantagleize de Ghelderode et Le roi nu de Schwarz .


Edith Rappoport

Maison des arts de Créteil jusqu’au 26 novembre et Théâtre Romain Rolland de Villejuif du 9 au 20 janvier 2012;  puis en tournée jusqu’en  avril 2012.

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