La Botte secrète

La Botte secrète, opéra bouffe de Claude Terrasse, livret de Franc-Nohain, direction musicale de Christophe Grapperon, mise en scène de Pierre Guillois.

La Botte secrète Botte_Athenee_gd-300x200La Compagnie des Brigands, créée il y a déjà dix ans, a entrepris de monter des œuvres du répertoire lyrique de la fin du 19 ème siècle, comme les  excellents  Au Temps des croisades mise en scène de Philippe Nicolle ou Phi-Phi mise en scène par Johanny Bert que l’on avait pu voir à l’Athénée qui accueille aujourd’hui cette Botte secrète (1903).
Ce petit opéra bouffe, d’une heure à peine, a pour thème les mésaventures d’un prince de Commagène dont le pantalon porte la marque de la semelle grande pointure d’une botte et qui va donc mener l’enquête chez les marchands de chaussures pour démasquer le coupable. Quiproquos, affrontements entre le Prince et le vendeur, princesse survoltée très portée sur le sexe: c’est parfois drôle mais le livret, cent ans après, n’est pas aussi éblouissant qu’Eric Satie  le trouvait.

 L’intrigue  de Franc-Nohain est quand même un peu mince, mais les dialogues sont  marqués au coin du non-sens et d’un humour ravageur du genre:  » Mon cœur est grand mais l’homme qui m’enlèvera, a le pied encore plus grand »  ou  » Le monde est grand , le pied est petit »  ou encore  » On a toujours besoin d’une corne » , « La botte n’entre jamais sans le pied », phrases à chaque fois suivies d’une scie:  » C’est un proverbe de notre pays ». Cela dit, on sourit plus souvent  qu’on ne rit vraiment…
 Cela  dure une heure, c’est impeccablement dirigé par Christophe Grapperon à la tête d’un orchestre de onze musiciens,  et  par Pierre Guillois, ancien directeur du Festival  de Bussang, qui est vraiment un excellent  metteur en scène; les couplets de Claude Terrasse, sans être géniaux (on est loin d’Offenbach!) sont très bien chantés;  la scénographie de  Florence Evrard avec cette passerelle où l’on ne voit que les jambes et les pieds des clients de la boutique est intelligente et pleine d’invention.
Donc, même si on ne comprend pas très bien pourquoi Les Brigands ont été chercher ce mince opéra bouffe, on peut quand même y prendre un petit plaisir.
La seconde partie du spectacle réunit, pour ce dixième anniversaire de la compagnie,  ses dix sept chanteurs comédiens, pour une revue  souvent  dansée de chansons qui vont d’extraits  des Brigands (justement!) et de Barbe-Bleu d’Offenbach (1869), à d’autres plus récentes des années 20 et 30 comme celles d’Henri Crisitiné, Maurice Yvain ou Reynhaldo Hahn. Et là,  c’est comme une formidable bulle de savon, tout à fait réjouissante avec de superbes images, et des  lumières étonnantes de Christophe Forey, d’autant que c’est  impeccablement mis en scène, toujours par Pierre Guillois, et bien chorégraphié par Stéphanie Chêne; les dix-sept Brigands sont visiblement heureux de faire partager leur plaisir de chanter .Les mélodies  de  ces  trente cinq minutes sont souvent inégales, et Offenbach, comme toujours, est nettement d’une pointure au-dessus mais l’ensemble est d’une rare qualité de chant et de jeu.
Les places sont  chères: 43 euros tout de même, mais bien en-dessous des tarifs du théâtre privé qui ne fait en général pas de cadeaux en cette période de… cadeaux de fin  d’année.

Philippe du Vignal

Théâtre de l’Athénée jusqu’au 8 janvier.
Puis à Mâcon, le 15 janvier; à Saint-Louis le 27 janvier; à Lons-le Sualnier, le 29 janvier et à Saint-Dizier, le 3 février.

 


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