Memory

Memory GUI-DELERM

Faut-il à ce point craindre l’avenir! Oui, pour se sentir bien et protégé dans l’univers du passé de Vincent Delerm, comme semble l’être le public ce soir là. Les perspectives futures ne sont guère florissantes:la culture européenne est en perdition, au profit d’une culture universelle labile.
Nous assistons à la disparition des idéologies et des pouvoirs politiques des états, au dépend d’une mondialisation qui fait peur, si bien matérialisée dès les années 90 par la « world company » des Guignols de l’info d’Alain Duverne.

C’est justement à un voyage dans les années 70 à 90 que nous invite Vincent Delerm. A 35 ans, ce chanteur, auteur et metteur en scène de cette pièce légère et nostalgique, aidé par Macha Makeïeff, imprime une mélancolie slave à ces poussières de mémoires. Secondé ici par Nicolas Mathuriau qui joue de plusieurs instruments sur scène.
Avec huit chansons inédites et deux pianos droits, les objets du passé sont les vecteurs de ces souvenirs. Pêle-mêle: deux vélos, un écran de projection amovible, une radio-cassette, de vieux compteurs électriques, un xylophone, une raquette de tennis , deux rideaux, et une porte en lanières plastiques multicolores.
Vincent Delerm, un peu mal à l’aise à son entrée sur scène, incarne Simon. Un rôle autobiographique, qu’il maîtrise au cours du jeu de mieux en mieux en lui imprimant un humour décalé. Au prologue, on entend la voix de Woody Allen et à la fin, celle de Léo Ferré, qui chante en italien Avec le temps .
Delerm chanteur revendique « une émotion, une chanson, un spectacle », et cette création est vraiment réussie. Elle laisse son auteur seul, au milieu des murs ocres du théâtre des bouffes du Nord. Comme le souligne Philippe et Martine Delerm dans Fragiles paru il y a dix ans: “On ne sait pas ce qu’on attend. Ce serait tellement simple de voir la vie en noir, la vie en rose. Mais les jours ne se suivent pas, ne se ressemblent pas. Combien de temps perdu ? Aucun. Combien de certitudes ? Pas. Comment sort-on de la coquille ? Fragile.”

Jean Couturier

Théâtre des Bouffes du Nord jusqu’au 30 décembre puis en tournée en France.


Archive pour 27 décembre, 2011

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Faut-il à ce point craindre l’avenir! Oui, pour se sentir bien et protégé dans l’univers du passé de Vincent Delerm, comme semble l’être le public ce soir là. Les perspectives futures ne sont guère florissantes:la culture européenne est en perdition, au profit d’une culture universelle labile.
Nous assistons à la disparition des idéologies et des pouvoirs politiques des états, au dépend d’une mondialisation qui fait peur, si bien matérialisée dès les années 90 par la « world company » des Guignols de l’info d’Alain Duverne.

C’est justement à un voyage dans les années 70 à 90 que nous invite Vincent Delerm. A 35 ans, ce chanteur, auteur et metteur en scène de cette pièce légère et nostalgique, aidé par Macha Makeïeff, imprime une mélancolie slave à ces poussières de mémoires. Secondé ici par Nicolas Mathuriau qui joue de plusieurs instruments sur scène.
Avec huit chansons inédites et deux pianos droits, les objets du passé sont les vecteurs de ces souvenirs. Pêle-mêle: deux vélos, un écran de projection amovible, une radio-cassette, de vieux compteurs électriques, un xylophone, une raquette de tennis , deux rideaux, et une porte en lanières plastiques multicolores.
Vincent Delerm, un peu mal à l’aise à son entrée sur scène, incarne Simon. Un rôle autobiographique, qu’il maîtrise au cours du jeu de mieux en mieux en lui imprimant un humour décalé. Au prologue, on entend la voix de Woody Allen et à la fin, celle de Léo Ferré, qui chante en italien Avec le temps .
Delerm chanteur revendique « une émotion, une chanson, un spectacle », et cette création est vraiment réussie. Elle laisse son auteur seul, au milieu des murs ocres du théâtre des bouffes du Nord. Comme le souligne Philippe et Martine Delerm dans Fragiles paru il y a dix ans: “On ne sait pas ce qu’on attend. Ce serait tellement simple de voir la vie en noir, la vie en rose. Mais les jours ne se suivent pas, ne se ressemblent pas. Combien de temps perdu ? Aucun. Combien de certitudes ? Pas. Comment sort-on de la coquille ? Fragile.”

Jean Couturier

Théâtre des Bouffes du Nord jusqu’au 30 décembre puis en tournée en France.

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