UN ENFANT DE LA CORRÈZE


Un enfant de la Corrèze de Ben Zimet avec le Yddisch Quartet.

Ben Zimet plonge dans les racines de son enfance de juif polonais réfugié en France avec sa famille pendant la montée de la répression nazie, la fuite de la famille vers le sud, la séparation douloureuse d’avec son frère et sa soeur, leurs parents les ayant placés dans des familles d’accueil, l’apprentissage réticent du catholicisme, la faim et les mauvais traitements, puis les retrouvailles heureuses.
Il est accompagné par deux excellents musiciens, Maurice Delaistier au piano et au violon et Michel Derouin à l’accordéon, à la trompette et au triangle et par Nicole Uzan, chanteuse. Sur le petit plateau de la chaleureuse Vieille Grille, on retrouve avec plaisir de grands airs du répertoire yiddish que Ben Zimet a été l’un des premiers à populariser, entrecoupé de ballades auvergnates et de la scène d’accueil du Maréchal Pétain fêté par les enfants du village réquisitionnés pour l’occasion.Une belle soirée chaleureuse à ne pas manquer avant le 8 janvier de l’année 2012.

Edith Rappoport

Théâtre de la Vieille Grille 01 47 07 22 11attention:  il faut réserver; la salle est minuscule

www.vieillegrille.fr


Archive pour 2 janvier, 2012

Blue Man Group

Blue Man Group  blue_man_group22-300x225Blue Man Group  texte et mise en scène de Matt Goldman, Phil Stanton, Chris Wink, Marcus Miller et Blue Man Group.

   Trois acteurs seulement , même si d’autres sont dans les coulisses pour les remplacer. Ils ne sont ni blancs, ni noirs, mais plutôt bleu électrique! Et muets!  Le crâne rasé et recouvert d’une peinture bleue qui  efface  les irrégularités et neutralise l’expression. Ces figures mi-humaines, mi-clowns, mi- »autres », redéfinissent le comportement des artistes et créent de nouvelles catégories.
Leur travail scénique est fougueux, irrévérencieux, parfois doux et lyrique, parfois délirant et débridé. Acteurs, jongleurs, clowns, peintres, percussionnistes, humoristes, sculpteurs, saltimbanques, mimes… Ils sont tout cela à la fois! Le spectacle, grande fête collective qui fait entrer le public dans leur jeu, s’organise à partir d’une série de sketches  avec  différentes formes d’expression, gags, styles de musique,  et expériences visuelles…Ils construisent des images numériques qui se fondent les unes dans les autres, qui s’enchaînent, se croisent, clignotent et vrombissent. Et puis, ils s’arrêtent, se regardent et donnent l’impression de réfléchir sur ce qui vient de se produire avant de lever les bras dans un geste de grande réussite pour faire hurler les spectateurs.
À ces attitudes de type pseudo-héroïque, s’ajoutent des moments de satire qui visent très juste. Avec de nombreuses images retransmises depuis un  I phone, le public peut  suivre trois messages/textes simultanément sur des écrans géants : manière de démolir cette culture électronique qui peut diluer la pensée et réduire à zéro la faculté de concentration .
Le Blue Man Group a  des instruments de percussion fabriqués avec des tuyaux.  Rythmes, tonalités,  et sonorités :  cette orchestration chaotique augmentée par des jeux  étourdissants de lumières  et de formes numérisées, alors que des marionnettes géantes gigotent dans le fond. Le public est  ébahi! Surtout quand le Blue Man Group reproduit
le système oculaire et le fonctionnement des artères et des veines du cerveau humain, où le sang danse et coule comme un  animal surexcité.
Nous retrouvons parfois un moment de calme relatif quand les acteurs déjeunent tranquillement avec une  spectatrice… dont la nervosité trahit la crainte du prochain gag! Ce collage artistique s’offre  une parodie réussie des happenings de l’Action Painting  des années 60; le Blue Man Group a en effet filmé dans les coulisses la peinture d’un tableau en lançant un spectateur suspendu par les pieds, et enduit de peinture,  sur une grande  toile.Il y a, dans ce spectacle, la nostalgie  du  fameux « peace and love »,  quand l’on fumait et avalait tout et n’importe quoi, soi-disant  pour mieux capter des hallucinations psychédéliques. Au délire  de la peinture,  s’ajoute ici celui  des percussions, et des éclairages, la pulsation des objets peints, et la réverbération de grosses caisses proches des tambours japonais Kodo…
Blue Man Group est devenu une grande entreprise artistique comme Le Cirque du Soleil avec de  multiples équipes qui tournent dans le monde entier.  Nous l’avions vu à Chicago il y a quelques années; cette fois à Ottawa, le spectacle s’est transformé  avec  ces I pads et  autres smart phones qui ont pris possession du monde. Et ces créateurs n’hésitent pas à adapter leurs commentaires satiriques à l’évolution des formes de création actuelles pour mieux attirer les jeunes générations et assurer la continuité de leur popularité.

Alvina Ruprecht

Centre national des Arts, Ottawa, du 27 décembre 2011  au 1er  janvier2012, et en tournée au Canada.

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