Doppo la bataglia

 Doppo la bataglia (Après la bataille), conception et mise en scène de Pippo Delbono.

Ça commence comme un grand opéra sans opéra, sans orchestre, sans solistes, sans chœur : il n’y a plus d’argent pour la culture. Mais encore assez pour diffuser Verdi plein pot. Il n’y a plus de Berlusconi, qui apparaît furtivement à l’écran, et qui n’a rien laissé derrière lui.
Pina Bausch est morte, mais il reste les robes rouges de ses danseuses. Fellini est mort, mais il reste la théâtralité des costumes ecclésiastiques de ses personnages , et aussi de ces créatures fragiles, marginales, très vieilles ou un peu tordues, de ces monstres touchants qui viennent troubler la vision des corps harmonieux. Mais sont toujours-là : la guerre, les morts accidentelles, la lèpre, la faim, les populations abandonnées, les embarcations de fortune échouant devant l’île de Lampedusa, tout cela sur grand écran et sur fond de saturation sonore.
Le monde a mal, l’Italie a mal, et Pippo Delbono a mal à l’Italie et au monde. Après la bataille, il n’y a plus que séquelles et  ruines. Le spectacle ? Plutôt des souvenirs de spectacles, sans que les pages en soient vraiment tournées. Avec sincérité, sans modestie, Pipo Delbono lui-même commente au micro (lui aussi saturé), interpelle, tonitrue, « fait participer » quelques spectatrices effrayées mais ravies, persifle pas trop méchamment les spectateurs qui sortent, et en tire peut-être une certaine gloriole : c’est donc qu’il est subversif…On le voudrait!
Mais Pipo Delbono , authentique indigné, qui campe sur les ruines du théâtre, défie tous les enfermements: psychiatrique, carcéral, mental, moral…, toutes les contradictions, qu’il appelle schizophrénie. Ça se bouscule, ça écrase, ça ennuie, il faut bien le dire. Parce que nous sommes des bourgeois heureux qui ne voulons rien savoir de l’horreur du monde  et qui ne savons pas aimer ?
Allons donc  ! Parce que nous sommes des passionnés de théâtre qui attendons mieux et plus : un vrai désert,  si vraiment il n’y a plus rien à attendre du théâtre tel qu’il est encore,  et des « formes nouvelles », s’il en peut renaître.
Mais pas un catalogue nostalgique et bruyant en guise de révolte… Un révolte qui mérite mieux (sans parler des applaudissements rythmés programmés).

Christine Friedel

Théâtre du Rond Point, jusqu’au 29 janvier – 01 44 95 98 21

http://www.dailymotion.com/video/xmkt1i


Archive pour 18 janvier, 2012

Doppo la bataglia

 Doppo la bataglia (Après la bataille), conception et mise en scène de Pippo Delbono.

Ça commence comme un grand opéra sans opéra, sans orchestre, sans solistes, sans chœur : il n’y a plus d’argent pour la culture. Mais encore assez pour diffuser Verdi plein pot. Il n’y a plus de Berlusconi, qui apparaît furtivement à l’écran, et qui n’a rien laissé derrière lui.
Pina Bausch est morte, mais il reste les robes rouges de ses danseuses. Fellini est mort, mais il reste la théâtralité des costumes ecclésiastiques de ses personnages , et aussi de ces créatures fragiles, marginales, très vieilles ou un peu tordues, de ces monstres touchants qui viennent troubler la vision des corps harmonieux. Mais sont toujours-là : la guerre, les morts accidentelles, la lèpre, la faim, les populations abandonnées, les embarcations de fortune échouant devant l’île de Lampedusa, tout cela sur grand écran et sur fond de saturation sonore.
Le monde a mal, l’Italie a mal, et Pippo Delbono a mal à l’Italie et au monde. Après la bataille, il n’y a plus que séquelles et  ruines. Le spectacle ? Plutôt des souvenirs de spectacles, sans que les pages en soient vraiment tournées. Avec sincérité, sans modestie, Pipo Delbono lui-même commente au micro (lui aussi saturé), interpelle, tonitrue, « fait participer » quelques spectatrices effrayées mais ravies, persifle pas trop méchamment les spectateurs qui sortent, et en tire peut-être une certaine gloriole : c’est donc qu’il est subversif…On le voudrait!
Mais Pipo Delbono , authentique indigné, qui campe sur les ruines du théâtre, défie tous les enfermements: psychiatrique, carcéral, mental, moral…, toutes les contradictions, qu’il appelle schizophrénie. Ça se bouscule, ça écrase, ça ennuie, il faut bien le dire. Parce que nous sommes des bourgeois heureux qui ne voulons rien savoir de l’horreur du monde  et qui ne savons pas aimer ?
Allons donc  ! Parce que nous sommes des passionnés de théâtre qui attendons mieux et plus : un vrai désert,  si vraiment il n’y a plus rien à attendre du théâtre tel qu’il est encore,  et des « formes nouvelles », s’il en peut renaître.
Mais pas un catalogue nostalgique et bruyant en guise de révolte… Un révolte qui mérite mieux (sans parler des applaudissements rythmés programmés).

Christine Friedel

Théâtre du Rond Point, jusqu’au 29 janvier – 01 44 95 98 21

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