Le Prix Mychkine

  Le Prix Mychkine au Théâtre de l’Odéon.

 Lundi dernier, a eu lieu la remise des prix Mychkine, nouveau prix culturel que ses fondateurs: Joszef Bugovics  (Liepzig), René Gude (Amsterdam), Regina Haslinger (Vienne) Maren Sell (Paris), Peter Sloterdijk et Peter Weibel (Karlsruhe) ont imaginé pour récompenser, dans le domaine de la création, des réalisations dont les auteurs se sont distingués par leurs contributions exemplaires à l’instauration d’un climat de générosité. Et, pour cette première édition, ce comité fondateur a mis en valeur « l’humanisme de la fonction d’avocat », avec lequel les individus s’engagent comme défenseurs de tierces personnes dépourvues, pour diverses raisons, des possibilités de se battre en faveur de leurs propres intérêts ». D’abord, le  psychiatre italien bien connu,   Gaetano Benedetti (82 ans) dont Elizabeth Roudinesco  a rappelé les combats qu’il a menés toute sa vie pour mieux appréhender et donc mieux traiter les maladies schizophréniques, notamment avec cette idée phare: à savoir que la schizophrénie ne devait pas être abordée comme une simple maladie mais comme quelque chose émanant du dedans de la personne; Martin Balluch, 48 ans,  philosophe et militant  autrichien  passionné du droit des animaux,  et enfin Stefan Hessel, 97 ans,  ancien diplomate et français, ancien résistant et auteur du fameux petit livre Indignez-vous.
  Il faut souligner que, si  ce prix est symbolique pour Benedetti et Hessel, il est doté de  45.000 euros pour le  » travail en cours  » de Balluch , uniquement financé par des mécénats privés. C’est Laure Adler qui faisait office de maîtresse dé cérémonie; Peter Sloterdijk, sans doute le philosophe allemand le plus connu en France-avec des livres comme Critique de la raison cynique, publié en 83 et traduit en 32 langues, ou l’excellent La folie de Dieu (2008), où il dénonce les excès du judaïsme, du christianisme et de l’islam- a ouvert le bal  en s’en prenant à la cupidité contemporaine et  en soulignant l’indispensable recours à plus de solidarité. Ce qu’ il a  fait en mettant en valeur le travail de ces trois personnalités.
  Daniel Cohn-Bendit, qui – au début du moins semblait une peu tendu (il n’était pas dépaysé puisqu’en 68, c’est sur cette même scène de l’Odéon qu’il avait, avec Sauvageot et Geismar mit le feu aux poudres de la contestation!).  Brillant, espiègle, intelligent comme d’habitude, il a rappelé quel était l’incroyable  parcours de Stéphane Hessel,  et ses luttes en faveur des sans-abri et des exclus, et enfin auteur de ce petit livre qui devait le faire connaître il y a trois ans un peu partout dans le monde. On aurait pu nous épargner un  film pas bien fameux et assez prétentieux de Sacha Goldman sur la vie de Hessel et sur son amour de Paris mais  pas grave…On se dit que l’on voudrait bien avoir encore si jamais on arrive à son âge, les convictions et la force d’âme de Stéphane Hessel,surtout après toutes les épreuves qu’il a subies…
  Hessel est venu chercher son prix, grand monsieur  souriant du haut de ses 97 ans, tout heureux de recevoir la petite statuette de son prix,  capable de bien dire avec beaucoup de sensibilité Sous le pont Mirabeau d’ Apollinaire et les six strophes du fameux Balcon de Baudelaire. Incroyable Hessel qui a un trou- on peut lui pardonner!-  et revenant à la fin de la cérémonie pour finir de dire le poème…
   Il y avait aussi Angelica Winkler, la belle actrice et  chanteuse allemande  (La Lulu de Bob Wilson) nous a offert avec beaucoup de simplicité et d’émotion à la fois des mélodies de Schumann, Barbara… Réjouissante la formidable présence de Hessel, impressionnant le témoignage de Balluch qui a bénéficié  de 104 jours d’un séjour en taule grâce aux bons soins de son pays, parce que ses idées de défense des animaux  ne plaisaient pas du tout à de riches et très influents groupes industriels mais  qui a finalement été acquitté! Réjouissantes aussi les paroles généreuses de Dany et délicieuse la voix d’Angelica Winkler.
  Indignez-vous? Oui, il n’y a que des hommes dans le comité fondateur  et pas une femme  parmi  leurs  trois heureux élus; il y avait bien sur scène une  maîtresse de cérémonie, une  chanteuse et comédienne de son état  et une écrivaine chargée d’ encenser Benedetti absent pour raison  de fatigue. Cherchez l’erreur…  à rectifier d’urgence! Pour le reste? Autant en emporte le vent glacé…

Philippe du Vignal

Théâtre de l’Odéon lundi 30 janvier

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Archive pour 3 février, 2012

Le Prix Mychkine

  Le Prix Mychkine au Théâtre de l’Odéon.

 Lundi dernier, a eu lieu la remise des prix Mychkine, nouveau prix culturel que ses fondateurs: Joszef Bugovics  (Liepzig), René Gude (Amsterdam), Regina Haslinger (Vienne) Maren Sell (Paris), Peter Sloterdijk et Peter Weibel (Karlsruhe) ont imaginé pour récompenser, dans le domaine de la création, des réalisations dont les auteurs se sont distingués par leurs contributions exemplaires à l’instauration d’un climat de générosité. Et, pour cette première édition, ce comité fondateur a mis en valeur « l’humanisme de la fonction d’avocat », avec lequel les individus s’engagent comme défenseurs de tierces personnes dépourvues, pour diverses raisons, des possibilités de se battre en faveur de leurs propres intérêts ». D’abord, le  psychiatre italien bien connu,   Gaetano Benedetti (82 ans) dont Elizabeth Roudinesco  a rappelé les combats qu’il a menés toute sa vie pour mieux appréhender et donc mieux traiter les maladies schizophréniques, notamment avec cette idée phare: à savoir que la schizophrénie ne devait pas être abordée comme une simple maladie mais comme quelque chose émanant du dedans de la personne; Martin Balluch, 48 ans,  philosophe et militant  autrichien  passionné du droit des animaux,  et enfin Stefan Hessel, 97 ans,  ancien diplomate et français, ancien résistant et auteur du fameux petit livre Indignez-vous.
  Il faut souligner que, si  ce prix est symbolique pour Benedetti et Hessel, il est doté de  45.000 euros pour le  » travail en cours  » de Balluch , uniquement financé par des mécénats privés. C’est Laure Adler qui faisait office de maîtresse dé cérémonie; Peter Sloterdijk, sans doute le philosophe allemand le plus connu en France-avec des livres comme Critique de la raison cynique, publié en 83 et traduit en 32 langues, ou l’excellent La folie de Dieu (2008), où il dénonce les excès du judaïsme, du christianisme et de l’islam- a ouvert le bal  en s’en prenant à la cupidité contemporaine et  en soulignant l’indispensable recours à plus de solidarité. Ce qu’ il a  fait en mettant en valeur le travail de ces trois personnalités.
  Daniel Cohn-Bendit, qui – au début du moins semblait une peu tendu (il n’était pas dépaysé puisqu’en 68, c’est sur cette même scène de l’Odéon qu’il avait, avec Sauvageot et Geismar mit le feu aux poudres de la contestation!).  Brillant, espiègle, intelligent comme d’habitude, il a rappelé quel était l’incroyable  parcours de Stéphane Hessel,  et ses luttes en faveur des sans-abri et des exclus, et enfin auteur de ce petit livre qui devait le faire connaître il y a trois ans un peu partout dans le monde. On aurait pu nous épargner un  film pas bien fameux et assez prétentieux de Sacha Goldman sur la vie de Hessel et sur son amour de Paris mais  pas grave…On se dit que l’on voudrait bien avoir encore si jamais on arrive à son âge, les convictions et la force d’âme de Stéphane Hessel,surtout après toutes les épreuves qu’il a subies…
  Hessel est venu chercher son prix, grand monsieur  souriant du haut de ses 97 ans, tout heureux de recevoir la petite statuette de son prix,  capable de bien dire avec beaucoup de sensibilité Sous le pont Mirabeau d’ Apollinaire et les six strophes du fameux Balcon de Baudelaire. Incroyable Hessel qui a un trou- on peut lui pardonner!-  et revenant à la fin de la cérémonie pour finir de dire le poème…
   Il y avait aussi Angelica Winkler, la belle actrice et  chanteuse allemande  (La Lulu de Bob Wilson) nous a offert avec beaucoup de simplicité et d’émotion à la fois des mélodies de Schumann, Barbara… Réjouissante la formidable présence de Hessel, impressionnant le témoignage de Balluch qui a bénéficié  de 104 jours d’un séjour en taule grâce aux bons soins de son pays, parce que ses idées de défense des animaux  ne plaisaient pas du tout à de riches et très influents groupes industriels mais  qui a finalement été acquitté! Réjouissantes aussi les paroles généreuses de Dany et délicieuse la voix d’Angelica Winkler.
  Indignez-vous? Oui, il n’y a que des hommes dans le comité fondateur  et pas une femme  parmi  leurs  trois heureux élus; il y avait bien sur scène une  maîtresse de cérémonie, une  chanteuse et comédienne de son état  et une écrivaine chargée d’ encenser Benedetti absent pour raison  de fatigue. Cherchez l’erreur…  à rectifier d’urgence! Pour le reste? Autant en emporte le vent glacé…

Philippe du Vignal

Théâtre de l’Odéon lundi 30 janvier

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