Costumes de scènes

A travers les collections du Centre National du Costume de Scène de Claude Fauque.

  En 1930, Nathalia Gontcharova, créatrice de costumes et décors pour les ballets Russes de Serge Diaghilew écrit à propos du costume théâtral : « Le costume et le décor créent tous deux l’aspect matériel et l’atmosphère psychologique de la scène, avant même que se produise le geste de l’artiste ou que se fasse entendre sa voix. Le costume théâtral habille le corps de l’artiste. Il lui permet de créer par le geste, la forme visible du personnage, de son caractère et de son esprit ». Le mot « costume théâtral » apparaît à la deuxième moitié du XVIII ème siècle, il comprend le costume lui même avec ses accessoires, chapeaux, gants, masque, bijoux et chaussures. Le costume de scène est le seul et dernier témoin de  la  vie de l’œuvrCostumes de scènes dans analyse de livre costumee éphémère  sur le plateau.
Après la disparition des grands costumiers  comme la Maison Boyer  en 1994, seules trois grandes institutions en France ont conservé et entretenu leurs costumes. La Bibliothèque Nationale crée en 1976 un département Arts du spectacle,  héritage du fond d’un collectionneur M. Rondel qui avait réuni 800 000 pièces  concernant les Arts du spectacle dont des textes, des photos, des dessins, des maquettes de décors et des costumes.
L’Opéra de Paris créé en 1669 ,a , depuis Napoléon III, un fond de costumes de scène. A partir de 1994 une vraie politique de ses 100 000 costumes  a été instaurée, ceux-ci sont triés, identifiés et conservé et le surplus est mis en vente.
La Comédie Française conserve depuis sa création en 1680 un riche patrimoine de costumes. En 2006 le Centre National de Costumes de Scène (CNCS) est inauguré à Moulins, sous la direction de Martine Kahane et la présidence de Christian Lacroix, qui ont collaboré à ce livre avec Claude Fauque, consultant en musicologie et spécialiste de l’histoire du textile. Ce centre est situé dans les 7000 m2 d’une ancienne caserne classée monument historique, et a pour mission de conserver et donner une nouvelle vie à ce patrimoine de costumes de scène, à travers des expositions permanentes ou temporaires. Le centre regroupe 9000 costumes allant de la deuxième moitié du XIX siècle jusqu’à l’an 2000.
Hormis certaines collections privées, l’essentiel des costumes provient des trois grandes institutions. La Comédie-Française a fourni 671 costumes, la Comédie Française 1438 pièces et l’Opéra de Paris 5000 costumes. Ce livre réparti  non en chapitres mais en Actes et scènes
est consacré à l’histoire du CNCS, à son fonctionnement et à sa collection de    chefs-d’œuvre, avec une riche iconographie, (500 costumes).
Au fil des pages les costumes des grands créateurs s’offre au lecteur, les anciens : Bakts, Wakhevitch, Malclès, Bérard côtoient les plus récents,  de Jean-Paul Gautier à Christian Lacroix. Les petits métiers du textile nécessaire à ces tenues sont aussi présentés. Le CNCS est une belle réalisation qui,  comme le dit, Frédéric Mitterrand est « la revanche de l’éphémère ». Son seul problème est sa localisation et son accès: 
la moitié de ses visiteurs vient de Moulins et de sa région, et il y a une  faible fréquentation des étrangers.
D’où l’intérêt de ce livre très riche qui met à la portée de tous ce patrimoine unique…

Jean Couturier


Editions l’Harmattan, 232 pages, 39 Euros


Archive pour 7 février, 2012

Musée et Institut d’Histoire du Théâtre Hongrois

Musée et Institut d’Histoire du Théâtre Hongrois dans actualites archives-danse-200x300Musée et Institut d’Histoire du Théâtre Hongrois

Cet institut situé dans un hôtel particulier du XIX siècle, sur la colline de Buda de Budapest est composé de trois types de collections. Une collection qui regroupe les archives du théâtre Hongrois, une collection à propos du théâtre de marionnette et une collection d’archives sur la danse. Depuis 1949, il est possible de consulter tout les documents sur les artistes hongrois dans ces trois domaines, ainsi que des documents concernant les artistes étrangers accueillis dans ce pays. L’institut regroupe dans ses collections les manuscrits, les correspondances, les affiches, les programmes, de très nombreuses photos (en particulier pour la danse), ainsi que des éléments de décors et des costumes.
C’est un lieu de mémoire de recherche et de diffusion de l’histoire du spectacle vivant, qui s’ouvre au grand public, grâce à des expositions permanentes et temporaires, organisées dans une annexe de l’institut. De nombreux metteurs en scène viennent consulter ces archives. Chaque année sont publié par l’institut, les bases de données de tout ce qui a été produit et diffusé en Hongrie.
Ce type de structure financée par l’état existe également dans les autres pays de l’Est voisins. Cet un très bel outil de travail pour comprendre l’évolution de la scène contemporaine. Le pouvoir politique n’ en a pas encore modifié le fonctionnement ! En France,  de telles archives sont dispersées dans différents lieux:  le département d’Art du spectacle de la Bibliothèque Nationale de France, le fond de la Comédie -Française et  celui de l’Opéra de Paris et dans chaque théâtre qui possède ses propres archives.
Seuls les costumes de scène ont été réunis au Centre National du Costume de Scène de Moulins. Quand on connaît les difficultés pour consulter les archives de la bibliothèque Nationale de France dans ce domaine, il ne faut pas s’étonner que les Arts du spectacle restent dans notre pays une affaire de spécialistes…

Jean Couturier

 www.oszmi.hu

L’Institut français de Budapest

L’Institut français de Budapest: Francia Intézet. 

 

    L'Institut français de Budapest dans actualites IMG_5773-300x168Un palais de verre crée par Georges Maurios longe les bords du Danube: c’est l’Institut français de Budapest. Il a été ouvert en 1992 au 17 Fó utca et se tenait auparavant à Pest depuis 1947. C’est un institut français important dans le réseau du ministère des affaires étrangères, dont l’écho est majeur dans une ville culturelle dynamique et influente. Honoré du « Prix 2001 de la ville de Budapest », la qualité de son partenariat avec les structures culturelles locales est essentielle dans la capitale hongroise ainsi qu’avec d’autres villes proches comme Prague, Belgrade et Bucarest. La rencontre avec l’attaché culturel et directeur-adjoint, Julien Cousy a été l’occasion de nous présenter les activités de cet institut. Deux pôles coexistent, celui de l’enseignement du français, des milliers de cours sont donné chaque année à des expatriés ainsi qu’à des fonctionnaires hongrois. Le français représente la troisième langue de la ville derrière l’anglais et l’allemand. Cinq alliances françaises sont présentes en Hongrie et trente professeurs de français enseignent à Budapest.                     

Celui du pôle culturel est très actif, l’Institut n’est pas programmateur à la différence de certains autres instituts. Il ne défend pas une esthétique par rapport à une autre. C’est un médiateur très actif entre les artistes français et les structures culturelles de Budapest. Josef Nadj, par sa proximité d’esprit, fait régulièrement partie des programmations. Julien Cousy explique le cadre dans lequel les relations franco-hongroises se créent. Toutes sortes de manifestations et d’activités sont ainsi développées comme le partenariat privilégié avec le Trafó, maison des arts contemporains. Ce théâtre a une programmation riche semblable à celle d’un petit théâtre de la Ville, puisqu’il a proposé au public hongrois, Jérôme Bel pour la danse contemporaine, Jérôme Thomas pour le nouveau cirque, Aurélien Bory, Jean-Baptiste Thierrée et Philippe Quesne ainsi que des concerts de musiques du monde. L’institut entretient également des liens étroits avec le Festival de Printemps de Budapest dont le programme est plus touristique et plus promotionnel. Les liens avec le Théâtre National sont solides et la direction de celui-ci n’a pas bougé, ce qui n’est pas le cas de cinquante pour cent des théâtres qui ont vu leurs directions changées en un an … alors que certains directeurs n’avaient pas terminé leurs mandats. Le changement politique récent représente une réelle menace pour la culture et les échanges culturels de ce pays, les futures programmations de ces théâtres risquent d’en subir les conséquences. 

                                  

Nathalie Markovics.

www.franciaintezet.hu


Pierre ou les ambiguïtés

 Pierre ou les ambiguïtés, d’après le roman Pierre ou les ambiguïtés et L’Escroc à la confiance d’Herman Melville, mise en scène Olivier Coulon-Jablonka.

Pierre ou les ambiguïtés atheatre2_3220Pierre mène avec sa mère veuve – (qu’il appelle « ma sœur » !) une douce vie de gentleman campagnard, aux côtés d’une non moins douce fiancée. Un jour, ce jour-là, le jour décisif de la tragédie, il rencontre la flamboyante et pauvre Isabelle qui lui fait une révélation terrible : elle est sa sœur. Autrement dit, son père, leur père, l’irréprochable, a fauté. Pierre prend la seule décision possible : épouser sa sœur (Isabelle) pour qu’elle porte le nom de son père sans que celui-ci soit déshonoré. Et quitter sa vie privilégiée pour fonder une communauté d’artistes et d’intellectuels voués au vrai. La fiancée initiale se joint à cette famille recomposée, tout le monde souffre de la misère et le « héros » meurt, seul, ignoré et incompris.
On imagine ce qu’Ibsen aurait fait de cette histoire, de cet empilement d’incestes symboliques – donc réels -, et de cette quête de liberté et de vérité. Mais telle quelle, elle ne convainc pas. Le metteur en scène et le collectif Moukden ont voulu mettre trop de choses dans cette cuisine. D’un côté, une invention théâtrale scrupuleuse fait qu’on a droit, de façon assez plaisante, à des morceaux de récits, entrecoupés de petite scènes, de « songs » brechtiens, d’intermèdes tout simplement hilarants et d’interpellations du public, et de l’autre, le désir de bourrer tout cela de sens et de mêler escroquerie à l’ambiguïté nous perd.
« Hamlet était le drame de l’inaction. Pierre ou les ambiguïtés (1852) est celui d’un trop grand vouloir », dit le metteur en scène, qui veut y voir la réponse au précédent spectacle de la compagnie, Chez les Nôtres.
Sans doute. Oui. Mais… Le squelette de cette épopée individuelle ne tient pas, elle a le souffle court. L’appel au monde d’aujourd’hui ne s’entend pas. Le « nom du père » a perdu sa force, semble-t-il, et le moteur de ce Pierre a perdu de sa puissance.
Le jeu « non théâtral » des comédiens fonctionne parfois très bien, avec le charme d’une conversation familière. Parfois non : on a envie de mieux entendre, de n’être pas si souvent abandonnés aux « temps morts » qui sont réserve de vie, certes, mais… Les inventions scéniques ne manquent ni d’originalité ni de charme, mais ces trois heures et demi d se font trop lourdement sentir..

 Christine Friedel

Théâtre de l’Echangeur

Du 6 au 25 février 2012 à l’Echangeur à Bagnolet.

 (du lundi au samedi à 20h30 | le dimanche à 17h00 | relâche les mardis & mercredis
• 29 février, 1er mars 2012 à 19h15 et 2 mars 2012 | 20h30 | Théâtre La Vignette – Université Paul Valéry – Montpellier.
• 27 mars 2012 à 20h30 et 28, 29 mars 2012 | 19h00 | Nouveau Théâtre – CDN de Besançon et de Franche-Comté.

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