Pensées secrètes

Pensées secrètes de David Lodge, mise en scène de Christophe Lidon

Pensées secrètes photo_bandeau_isabelle_carreLe monstre froid de la rationalité scientifique et le monde du sensible sont-ils définitivement incompatibles ? À moins qu’ils ne soient les deux faces d’une même médaille ? C’est l’une des questions soulevées par le Britannique David Lodge . Helen Reed (Isabelle Carré), romancière à succès, est invitée à donner des cours de littérature à l’université, et Ralph Messenger (Samuel Labarthe), est un spécialiste de l’intelligence artificielle et directeur de l’institut des sciences cognitives.
La première, à peine remise de la mort de son mari un an plus tôt, croit en la singularité des êtres et à l’imprévisible. Le second, tombeur impénitent, aimant autant , si ce n’est plus ,la gente féminine que la science, et croit que tout peut s’analyser. A priori, tout les sépare. Mais ne dit-on pas que les contraires s’attirent ?
Le petit jeu de la séduction se met alors en place. Ce qui va naître peut-il durer ? Pourtant, c’est moins la finalité de l’aventure que l’aventure en elle-même qui importe ici. Car au-delà d’une rencontre somme toute banale entre deux êtres, Lodge scrute la conscience de ses personnages, dévoilée ici de manière transparente : elle , se confiant à son journal, lui s’épanchant sur son dictaphone. Voilà les fameuses « pensées secrètes » étalées au grand jour.
Loin d’une bluette, le spectacle  est  une véritable interrogation sur la peur, la culpabilité, la morale, les scrupules, la mort. De fait, quand la maladie vient frapper à la porte de Ralph, et que le spectre de la mort lui apparaît comme une angoissante épée de Damoclès, n’assiste-t’on pas à la naissance d’un nouvel homme?
Les individus sont complexes, changeants, insaisissables, semble nous dire Lodge. Il faut donc prendre le plaisir et le savourer dès qu’on en a la possibilité, car ce qui est pris est pris, l’avenir est toujours incertain.
L’interprétation d’Isabelle Carré et de  Samuel Labarthe est des plus convaincantes. Elle campe à merveille l’écrivaine un peu gauche et touchante, mais affirmée. Du moins avant qu’on ébranle ses principes. Lui,  incarne avec brio le manipulateur, sûr de lui et un peu cynique. Jusqu’à ce que sa virilité soit mise à mal et dévoile sa fragilité.
Les jeux de lumière mettent  en valeur le couple d’amoureux, créant de beaux clairs obscurs intimistes. Mais la scénographie semble un peu légère: ainsi, ces panneaux suspendus qui font défiler des images et dont on ne voit pas trop la valeur ajoutée…Ou encore le texte qui apparaît, au moment même où l’écrivain frappe sur son clavier. Un versant  très mode…
Mais on passe  un bon moment aux côtés de comédiens généreux et chaleureux. Une contre-partie  à la rigueur hivernale.

Barbara Petit

Théâtre Montparnasse

(du mardi au samedi à 20h30 – matinée samedi à 17h30
Prix des places: 52€ (carré or) / 48€ /35€ / 18€ – Collectivités 40€

 

 


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