Dom Juan

Dom Juan de Molière, mise en scène de René Loyon.

 

Dom Juan shapeimage_1  Philippe du Vignal  avait rendu compte de ce spectacle, ici, il y a un an, à sa création. Il avait déjà toute sa qualité, avec la légère acidité des vins jeunes. Mais une année de tournée, même discontinue, a bonifié le spectacle.
Le duo Don Juan-Sganarelle (Clément Bresson et Yedwart Ingey) fonctionne mieux que jamais, dans une complicité et un attachement douloureux, désespérés, de la part du valet confident, et exaspérés et sadiques du côté du maître.
Les rôles féminins ont pris de la force: dans sa seconde scène, Elvire (Claire Puygrenier) ose laisser parler l’amour qu’elle garde pour Don Juan tout en lui disant, non,pour la première fois. Charlotte est sans calcul et sans coquetterie, « fan » – comme Mathurine – de la « pop-star » qu’est le grand seigneur, épouseur à toutes mains , mais elle reste fière et fidèle aux valeurs de son enfance et de son village.
Il faut parler encore de Jacques Brücher, qui joue successivement tous les gêneurs qui entravent la route et les plaisirs de Don Juan : il joue chaque rôle (sept, de Gusman au Commandeur!),  comme s’il ne jouait que celui-là, et incarne chacun, sans jamais oublier l’idée au profit du personnage ni l’action au profit de l’idée.
Bien au-delà d’une performance de Fregoli, il est alors, plus qu’un bon acteur, un grand acteur. Il faut revenir sur le Don Juan de Clément Bresson : il ne laisse pas un instant son personnage – ni les autres – au repos, toujours habité, tout le temps dans l’action, harcelé par la peur de l’ennui – très pascalien – et par un défi à un Dieu auquel il ne croit pas.Ce Dom Juan a pris de la bouteille, et de la meilleure. À voir.

Christine Friedel

 

Théâtre de l’Atalante jusqu’au 26 mars. T: 01 46 06 11 90 –

 

 

 

 


Archive pour 7 mars, 2012

À l’Ouest

À l’Ouest, texte et mise en scène de Nathalie Fillion.

  À l’Ouest A-lOuest-%C2%A9-Giovanni-Cittadini-Cesi--300x198Faut-il empêcher papa de vendre la maison de La Baule ? De dilapider l’héritage de ses enfants au profit d’une tribu très recomposée ? Grand-père comprend-t-il ce qu’on lui dit ? La sœur roumaine de l’amie du fils de la première femme du père sera-t-elle sauvée ? La fille ira-t-elle rejoindre celle qu’elle aime en Australie ? Le père va-t-il changer de « pilules du bonheur » ?
Apparemment, c’est à la grand-mère (Laurence Février) fine, impériale, caustique quand il faut, et terriblement tendre – de résoudre tous ces problèmes familiaux. Nathalie Fillion traite cela d’une plume aiguë, inégale, mais avec de belles pointes de vérité. Les rôles des grands-parents sont bien écrits; c’est vrai aussi pour celui  du grand-père, « parti » dans un ailleurs dont il revient  quelquefois par surprise : une très belle partition, offerte à Jean-Claude Durand qui lui donne une résonance et une rare qualité d’émotion. Les personnages  des jeunes gens et du père  sont  moins fouillés, même si l’auteur s’applique à les faire évoluer et à les nuancer.
Tout cela sur fond d’immobilier…et d’immobilité ? Tout change et rien ne change, la “maison de famille“ serait fragile comme la société ébranlée par la crise ? Ce propos ,en filigrane dans la pièce,  reste ténu, au profit d’une chronique familiale bien vue, mais qui manque de structure, de moteur.
La pièce peine à trouver sa fin : les péripéties familiales sont proprement interminables, avec le renouvellement des générations et des alliances, et l’extension de l’espace familier à la planète… C’est le défaut majeur de cette pièce plaisante, drôle, avec des astuces véritables et des gags moyens, des pistes abandonnées, de beaux moments d’acuité et d’intelligence.
A l’Ouest
a été couverte de prix : tant mieux pour l’auteure… On l’attend à la prochaine.

Christine Friedel

 

Théâtre du Rond-Point – 01 44 95 98 44 – jusqu’au 1er avril.

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