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Home  de David Storey, mise en scène de Chantal Morel

Home 1670094_3_3fcb_ill-1670094-793c-201203171-0-923947869home-ori_967351e7ccb36cf7fdf3e0c9507dfbab-300x150 C’est la troisième fois que Chantal Morel remonte cette pièce : c’est dire qu’elle lui tient à cœur. Non pas du côté d’une quelconque sentimentalité  mais d’un travail sur le réel humain.
Home, on le découvre peu à peu à l’écoute de la pièce, c’est une « maison de fous ». Des fous gentils, des fous normaux, qui cherchent à converser entre eux. D’une part, un homme qui dégaine des anecdotes plus vite que son ombre : comme s’il fallait se protéger derrière un mur de mots, de préférence les mots des autres: « j’ai un cousin qui… », de l’autre , un émotif approbateur, qui ne se « mouille » pas et qui fond en larmes.
On est tout près du théâtre de l’absurde, bien que la pièce date des années 70 (plutôt Ionesco ou Tardieu que Beckett), et puis on s’aperçoit qu’on passe à autre chose. Entrent deux femmes : l’une a mal aux pieds, l’autre l’engueule, l’une drague, l’autre râle. Frottements, frictions avec les deux hommes apeurés. Il n’y a pas assez de chaises pour le quatuor, et ils sont tous  épuisés…
Ils regardent, ils sont regardés, ils commentent, on parle d’eux. On est à deux pas de la vraie vie, et ce sont ces deux pas qui sont intéressants : vers  la compassion, de l’attention à la toute petite différence entre « eux » et « nous », et on est vraiment face à une vision du monde où précisément cette différence n’a pas beaucoup de consistance. L’adaptation française est de Marguerite Duras ; on y trouve la même façon d’aborder le social que dans son Square, à travers les blessures intimes et  les dégâts intérieurs qu’il provoque.
On y retrouve aussi la vérité de ce qu’on appelle le délire- cela ne veut pas rien dire »  d’Arthur Rimbaud- si on veut bien écouter. Chantal Morel écoute Home depuis des années, par les voix de toute une famille d’acteurs successifs. Ceux d’aujourd’hui (Nicolas Cartier, Maryline Even, Jean-Jacques Le Vessier, Rémi Rauzier, Line Wiblé) sont magnifiquement normaux, physiques, évidents et opaques en même temps. On rit parfois avec eux, on est avec eux. Un monde sans bruit ni fureur, raconté par une petite bande d’idiots, ce qui semble un assez bon point de vue sur la destinée humaine.
Pas gai, bien que ce soit souvent drôle…

Christine Friedel

Théâtre de Nanterre-Amandiers – 01 46 14 70 00 – jusqu’au 8 avril


Archive pour mars, 2012

Disgrace

Disgrace  de John Maxwell Coetzee, mise en scène de Luc Perceval, par le Toneelgroep d’Amsterdam,

  Une  cinquantaine de mannequins, adultes et enfants noirs, surprenants de vérité- belle scénographie de Katrin Brack-occupent déjà le grand  plateau de la Maison des arts  de Créteil...
  David Lurie, professeur d’université renommé, privé d’amours tarifés, succombe à la tentation et séduit l’une de ses étudiantes qu’il poursuit de ses assiduités. Exclu de l’Université, il va se réfugier chez sa fille Lucy, qui gère une ferme à la campagne sous la protection de son voisin noir. Mais David et Lucy sont victimes d’une agression, leur  voiture est volée,  David est  enfermé dans les toilettes, pendant que Lucy se fait violer, .
 Furieux, il veut emmener sa fille enceinte de son agresseur, mais Lucy refuse;  elle veut garder l’enfant et épouser son voisin qui protégera sa ferme. Celui-ci a déjà deux femmes et plusieurs enfants, mais qu’importe, Lucy gardera sa terre dans cette nouvelle Afrique du Sud,  dont les Blancs ne sont plus les maîtres.
   On sent les parfums âcres de la violence qui traverse ce continent, la naissance d’une nouvelle génération en rupture avec l’apartheid. Les dix excellents acteurs- noirs et blancs- qui émergent de  cette foule, imposent le poids d’une violence née d’une colonisation en déroute…

Edith Rappoport

Festival Exit de Créteil

Albertine Sarrazin

Albertine Sarrazin,  de l’autre côté du chronomètre  théâtre acrobatique et vertical, mise en scène d’Isabelle Caubère.

Albertine Sarrazin DSC_1081-300x199“Un souffle suspendu à la limite de la chute”… Bouleversés par la lecture de L’Astragale, de La Cavale et de La Traversière d’Albertine Sarrazin, les comédiens/acrobates Sophie Kantorowicz et Xavier Martin, issus du Cirque Plume, d’Archaos, des Arts-Sauts et des Colporteurs, a décidé de sauter le pas en créant leur propre compagnie en 2006.
  Après une collaboration avec Giogio Barberio Corsetti, ils ont élaboré ce fulgurant spectacle acrobatique autour d’Albertine Sarrazin qui a brûlé sa vie en prison pour ses méfaits et qui s’en est sauvée par la force de son écriture. Les deux partenaires nous mettent la tête à l’envers en grimpant à une vitesse fulgurante sur un mur d’escalade, s’installant sur des tables/pièges:  on se croirait dans l’univers de l’artiste  Daniel Spoerri.
  Le couple interprète, avec une belle gouaille, l’amour fou et les méfaits de ce couple en cavale permanente entre deux incarcérations, qui s’envole et rebondit dans une immense toile noire au jardin, s’élance sur une corde volante. Morte à 29 ans,  après une opération ratée  qui avait  entraîné la condamnation du  chirurgien, Albertine Sarrazin est restée une figure de la littérature contemporaine. La belle complicité de ces deux  artistes s’épanouit pleinement à travers la musique de Théodore Vialy.
  C’est Isabelle Caubère, disparue en 2010,  qui  les avait mis en scène.

Edith Rappoport

www.daredart.fr

Oncle Vania

Oncle Vania d’Anton Tchekov, texte français de Françoise Morvan  et André Marcowicz, mise en scène d’Alain Françon.

 Oncle Vania  MichelCorbouTchekov n’a probablement jamais été aussi joué en, France que ces dernière années, et voici deux Oncle Vania coup sur coup, celui de Françon et en même temps celui de Benedetti, le premier de plus de deux heures  et le second beaucoup plus resserré, dont vous  parlera Christine Friedel.
Alain Françon a déjà monté  six fois Tchekov: La Mouette, Le Chant du cygne, Platonov, Les trois Sœurs et deux Cerisaie dont  la deuxième ,il y a trois ans et qui  avait valu  plus de 8.000  visites au Théâtre du Blog.
Ce fut la dernière fois où le public avait pu voir Jean-Paul Roussillon, presque cassé en deux marchant à pas lents, très émouvant…
Décédé quelques semaines plus tard!
 Des Vania, on en a vu pas mal dont le surprenant et tout à fait  remarquable du  Théâtre de l’Unité joué en plein air quelque 80 fois depuis cinq ans un peu partout en Europe (voir Le Théâtre du Blog), sans lumière autre que naturelle, et qui a fait partout un tabac. Celui d’Alain Françon est plus traditionnel et respecte la répartition en quatre actes, avec un décor différent à chaque fois. L’action se déroule dans la grande propriété familiale de Sonia, la fille du professeur Sérébriakov  et nièce d’Ivan Voïnitski (oncle Vania).
Vania déteste cordialement   Sérébriakov qui est venu passer l’été avec Elena, sa deuxième épouse. Vania a toute sa vie, travaillé dur avec  Sonia  pour diriger l’exploitation et en a envoyé scrupuleusement  les revenus à  son beau-frère qu’il prenait pour un grand intellectuel et sur  lequel il a perdu toutes ses illusions.
La belle  Elena, deuxième  épouse de Sérébriakov s’ennuie dans cette campagne où son mari dort le jour et travaille la nuit, se croit atteint de tas de maladies, bref le genre de bonhomme avec qui on a très envie de passer des vacances… Elena tombe vite  amoureuse d’Astrov, le médecin de campagne, et c’est réciproque. Quant à Sonia, elle se sent bien seule et elle aime aussi Astrov depuis  longtemps mais pas lui qui en assez d’exercer la médecine, surtout depuis qu’un des patients est décédé sur la table d’opération, sans doute, croit-il à cause d’un opiacée qu’ il lui a administrée.  Et Astrov a comme une sorte d’incapacité à aimer et semble se réfugier dans la vodka!

 Il y a aussi Téléguine, un petit propriétaire terrien , ruiné ou presque et qui vit grâce à l’aide de Sonia et de Vania…Et Maria , la grand-mère de Sonia et la mère de Vania, et enfin, Marina, la vieille nourrice  de Sonia, voix de la sagesse. Mais Sérébriakov  s’est mis  en tête de vendre le domaine sans demander leur avis à Sonia et à Vania qui le prend très mal et qui va faire semblant de tuer son beau-frère d’un coup de revolver. Bref, il ya de la révolte dans l’air! Et  Vania et Eléna  seront être obligés de quitter rapidement la maison.
Avec ses réalités bien terriennes et enfin acceptées comme telles:l’argent, véritable obsession dans La Cerisaie ou La Demande en mariage, avec des achats, des ventes, les soins aux chevaux, les récoltes et leurs revenus, la vie va  reprendre comme avant,  après le départ du professeur et de sa femme, la vie  pas très drôle, mais plus rassurante  pour la vieille nounou, avec ses journées ponctuées de repas à heures fixes,  et… le goût amer d’un échec pour Vania et Sonia. Mais au moins, la propriété ne sera pas vendue.

 Alain Françon dit avec raison que  Vania  n’a pas de centre ;il fait aussi remarquer que la pièce a quelque chose de musical, avec cette alternance entre un texte fluide et un certain silence dans les pauses indiquée par Tchekov dont les didascalies sont  précises, silence qui est aussi important chez lui que les paroles dont  les personnages ne semblent pas toujours  avoir la maîtrise, quitte à s’en repentir ensuite, ce qui favorise l’aspect comique de certaines scènes.
 Mais, comme  le  dit  justement Françon, il y a aussi  l’opinion des  gens dans trois siècles sur leurs ancêtres, interrogation véritablement métaphysique qui traverse  le théâtre de Tchekov. Le metteur en scène a bien su mettre en valeur cette dramaturgie si neuve en 1898  et  toutes les nuances du texte;  il a su aussi réunir des acteurs de premier ordre comme André Marcon (Sérébriakov), Gilles Privat (Oncle Vania)  et Marie Vialle  (Eléna). Le premier acte dont le décor, avec ses trois châssis peints de Jacques Gabel évoquant la forêt, et inspiré par celui de Stanislavski, et les chants d’oiseaux donnent une belle vérité à cet univers d’été dans la campagne russe.
Le second acte, trop long et donc difficile à traiter, peine à trouver son rythme-sans doute à cause de la quasi-obscurité (c’est la nuit!) où Françon a placé les personnages, et le public  alors ne semble pas très attentif. Il y a aussi une sorte d’hypertrophie réaliste dans les deux autres  décors: le salon puis le cabinet de travail, ce qui ne semble pas vraiment justifié. Et comme Françon n’a pas voulu couper comme l’avait fait Livchine, et comme le fait encore plus Benedetti, et l’entracte, s’il est le bienvenu, casse quand même un peu les choses.
Mais le dernier acte avec la colère de Vania, le départ du couple et la pseudo-réconciliation entre gens qui ne se reverront jamais, est  mieux traité, avec plus de rythme.

 Cela reste un beau travail, mais quand même un peu agaçant par son côté  trop soigné,  et l’on regrette de ne  pas sentir davantage un parti pris de mise en scène, ce qui fait que l’on s’ennuie quand même  parfois dans cette grande salle peu adaptée à l’univers de Tchekov  Donc, à vous de choisir.

Philippe du Vignal

Théâtre de Nanterre-Amandiers jusqu’au 14 avril et ensuite à Amiens les 18 et 19 avril, Chambéry les 24 et 25 avril et Genève du 29 avril au 19 mai.

 

http://www.dailymotion.com/video/xp9eha

LIFE:RESET Chronique d’une vie épuisée

Chronique d’une vie épuisée LIFE:RESET, texte et mise en scène de Fabrice Murgia/Artara.

LIFE:RESET Chronique d'une vie épuisée  ZZ7BAF25CANous vous avions dit beaucoup de bien (voir Le Théâtre du Blog) de Fabrice Murgia, jeune metteur en scène belge,  qui avait présenté l’an passé sa première création, Le Chagrin des ogres au Festival Impatience piloté par le Théâtre de l’Odéon.
A vingt-cinq ans il faisait déjà preuve d’une remarquable maîtrise du temps et de l’espace et d’une  étonnante direction d’acteurs.  Cela   se confirme avec ce nouveau spectacle, lui aussi d’une heure, aux frontières de la vidéo et du théâtre muet.

Une jeune femme vit apparemment seule dans un petit appartement qui pourrait être à Paris comme à Bruxelles. Avec,  comme des dizaines de millions d’autres, une sorte de fascination pour son écran d’ordinateur qu’elle doit utiliser quotidiennement  pour son travail mais qui est devenu une sorte de béquille permanente dans sa vie personnelle.
Elle entre ainsi en contact avec un mystérieux correspondant identifiable par son seul nom de code.

Jeu d’amour et de séduction, dangereux, à la limite de l’hypnotique, puisqu’elle ne sait plus-et le public non plus-où s’arrête le vivant et où commence le non-réel et le virtuel.  Un écran retransmet les allées et venues de cette jeune  femme , silencieuse, en proie à une profonde solitude,bien jouée par Olivia Carrère, mais aussi la conversation écrite qu’elle entretient sur son ordinateur portable.
C’est d’une froideur inquiétante qui n’a pas du tout plu à Edith Rappoport; elle  a horreur-et on peut la comprendre-de la vidéo  au théâtre qui est  le plus souvent inefficace. Nous sommes plus partagés: les images  captées par les caméras  nous plongent dans une irréalité du quotidien tout à fait surprenante, les remarquables décors  glissent en silence, ce qui permet à Fabrice Murgia de nous emmener dans un monde virtuel de plus en plus prégnant…

Avec une  vraie Olivia Carrère  qui croise sans cesse son double virtuel. C’ est réalisé avec beaucoup de virtuosité et de maîtrise technologique mais sans doute moins convaincant que  Le Chagrin des ogres, où la voix de Laura Sepul donnait une formidable présence au spectacle.
Cela dit le public, pour une fois très jeune: cela fait toujours du bien, semblait fasciné par cette expérience où Fabrice Murgia met une nouvelle fois en scène la solitude dans une grande ville,avec pour seule compensation, la possibilité de communiquer avec des inconnus via internet, quand on est de retour  le soir dans la sphère privée d’un petit studio/cocon d’une tour d’immeuble.

Fondée sur les relations troubles entre la vidéo et le vivant, cette  machine à théâtre séduisante comporte, bien sûr,  des risque d’auto-académisme branchouille? Et il ne faudrait pas que Fabrice Murgia s’enferme  dans la création d’images sophistiquées en une heure sur fond de musique synthétique-parfois un peu lourde comme ici-avec quelques acteurs le pus souvent muets! Ce genre de procédés a  en effet ses limites, et ce n’est pas un langage suffisant pour témoigner ou pour parler de la société d’aujourd’hui.
Mais Fabrice Murgia  fait preuve d’ une  telle intelligence scénique et d’une telle maîtrise qu’il a sans doute déjà senti le danger. Sa prochaine création Jehovah aura lieu en avril au Théâtre Vidy-Lausanne..

Philippe du Vignal

Spectacle vu au Festival Exit de Créteil le 15 mars.

Chronique d’une ville épuisée LIFE:RESET de Fabrice Murgia,

“La solitude des grandes villes m’étouffe…” écrivait Rainer Maria Rilke ! Cette solitude d’une jeune femme-interprétée par Olivia Carrère-de retour chez elle, qui s’ abandonne  à son ordinateur,et  livrée dans ses insomnies à des amours virtuels, s’est vite avérée étouffante. On ne distingue pas de véritable présence humaine derrière l’ écran. Est-ce un reflet, un film ou un fantôme ?  Nous sommes  au sein du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley ou de 1984 de George Orwell, chacun face à son écran, incapable de nouer de véritables relations humaines.
Notre fuite dans une sommeil réparateur était, ce soir-là, la seule issue! Cela dit, Fabrice Murgia, formé par Jacques Delcuvellerie, a eu le  Prix du Public du  festival Impatience en 2010 et Chronique d’une ville épuisée LIFE:RESET a connu une cinquantaine de représentations depuis le Kunsten Festival of Arts  de  2011…

Edith Rappoport

Festival Exit, MAC de Créteil

L’Oiseau bleu

L’Oiseau bleu, par le Collectif Quatre Ailes, librement inspiré de Maurice Maeterlinck, mise en scène Michaël Dusautoy

Un poème scénique très actuel

L’Oiseau bleu m_13_400x0Le nouveau spectacle du Collectif Quatre Ailes est un grand poème en images, un voyage aérien, fluide et magique. Après un travail centré sur la poésie verbale de Jules Supervielle dans La Belle au bois (précédent spectacle dont Edith Rappoport a rendu compte dans notre Blog), le Collectif est revenu à ses origines : une écriture de plateau croisant à parts égales textes poétiques, dialogues brefs, arts plastiques, films d’animation, musique, acrobatie au sol et aérienne, costumes et maquillages proches de la féérie.

L’exercice est ici particulièrement réussi. Le Collectif avance dans sa recherche, il affirme un style très original dans l’équilibre des disciplines convoquées, les compagnonnages et la qualité des comédiens-acrobates.

Il est clair avec cet Oiseau bleu que chaque créateur, en confiance totale, inspiré par le sujet, a trouvé de la place pour donner le meilleur, s’exprimer, faire naître des images enchantées sous la direction de Michaël Dusautoy, maître d’oeuvre metteur en scène. Ce qui frappe c’est l’osmose, l’entente, l’élégance.

Des textes taillés sur mesure, des corps en apesanteur, un bel espace scénique de Perrine Leclere-Bailly, une composition musicale de S Petit Nico toujours pertinente et entraînante, costumes de Marine Bragard à l’unisson, et de très belles images graphiques d’Annabelle Brunet, Quang’y, Aurore Brunet et Ludovic Laurent, en mouvement, avec des effets de plongée, de hauteur, de brusque bascule, de distance dans l’espace et le temps (l’évocation des grands-parents est particulièrement réussie dans un cône mouvant de lumière, ou encore la boule terrestre tournant avec des malheurs et cataclysmes qu’il faut savoir regarder en face). Surplomb, vitesse, angles de vision imprévus, les techniques des jeux vidéo sont mises au service des comédiens et de la qualité scénique.

Le point de départ ? Il est emprunté à Maeterklinck, L’Oiseau bleu, conte de Noël, pièce « à grand spectacle » (plus de 100 personnes sur le plateau) écrite en 1907, créée par Stanislavski à Moscou, puis en France par Georgette Leblanc, avec Réjane.

Le propos ? Tyltyl et Mytyl – Hanako Danjo et Damien Saugeon, comédiens capables de tenir tranquillement en équilibre sur un cadre de fenêtre volant dans le vide ou de monter dans les cintres par la force des poignets en ayant l’air de flâner – sont deux enfants pauvres qui contemplent les enfants riches, en face. En pleine nuit, une curieuse et sympathique fée-voisine, Claire Corlier, les lance à la poursuite du plus grand des trésors, non pas la richesse, mais l’oiseau bleu. Accompagnés du chien – un « tout-fou » d’une fidélité et d’une fantaisie inépuisables – Jean-Charles Delaume, d’une chatte à l’exquise et svelte beauté, grande arpenteuse de toitures, Flore Vialet, et d’une lampe candide extralucide, ils partent en voyage dans les pays de l’imaginaire à la recherche de l’oiseau bleu. Dans le « Orlamonde » cher à Maeterlinck. Le pays du souvenir, le palais de la nuit, le jardin des petits et des grands bonheurs, le royaume de l’avenir … Nombre d’oiseaux bleus y nichent, mais aucun ne reste bleu ramené à la lumière crue du jour et de la réalité. Ce n’est que lorsque le regard des enfants aura changé que l’oiseau bleu salvateur les accompagnera.

Avoir transporté ici, aujourd’hui, la fable de Maeterlinck, s’avère pertinent. La pièce a le grand mérite d’ouvrir sur le silence des visages, des animaux, des choses, sur la révélation de l’âme des êtres et du monde. Cette faculté de pouvoir en rester toujours surpris et émerveillé est bien l’une des clés de la vie, du bonheur, en 2012 peut-être plus encore qu’en 1907, car préserver cette faculté d’émerveillement dans le tourbillon des sollicitations devient un défi. Le théâtre contribue, en toute modestie, à cultiver ce regard particulier, ces découvertes (au sens théâtral du terme) sur les « arrière-mondes ». Ce beau spectacle tout public n’y manque pas. La grande salle de la Scène Watteau était comble, remplie d’enfants de tous âges et d’adultes, fascinés, transportés par le lyrisme visuel.

Evelyne Loew

Vu à la Scène Watteau de Nogent-sur-Marne en mars, en tournée en France, en juillet à la Maison du théâtre pour enfants Monclar d’Avignon

Les Belles-sœurs

Les Belles-sœurs, d’après la pièce  de Michel Tremblay, livret, paroles et mise en scène  de René Richard Cyr, musique de de Daniel Bélanger.

Les Belles-sœurs p110864_18La célèbre pièce écrite en joual, dialecte québécois,en 1965, a été mise en scène par André Brassard, au Théâtre du Rideau vert à Montréal en 68 et a depuis été jouée un peu partout dans le monde  et traduite ne une bonne quinzaine de langues dont l’anglais,l’allemand, le polonais… Ce moment de théâtre musical a été créé en 2010.
  Cela se passe chez Germaine Lauzon, une brave « ménagère », comme on disait autrefois, a accumulé des milliers de timbres de fidélité qui  peuvent lui permettre d’acquérir des cadeaux sur un catalogue.  Cette prise d’otages des consommateurs était très fréquente à l’époque et il nous souvient de notre maman collant aussi ses dizaines de coupons découpés sur les paquets de café Méo pour acquérir quelques petites serviettes de basse qualité! Rien n’a vraiment changé, et il y a maintenant  les s’miles:  via l’informatique , c’est le dernier avatar de ces fameux timbres…
Donc madame Lauzon  va organiser une séance de collage de son stock de timbres avec  ses belles-sœurs, leurs filles et ses copines; il y a entre autres: Rose Ouimet, Linda Lauzon, Lise Paquette, une amie de Linda, Marie-Ange Brouillette, une voisine de Germaine, Yvette Longpré, etc… soit quinze femmes -dont la plus âgée, en fauteuil roulant, a 93 ans- qui se retrouvent entre elles dans la grande cuisine de Germaine.

  Bien entendu, c’est l’occasion de régler quelques comptes entre elles, et  de critiquer les voisines:  » Prenez l’Italienne à côté de chez nous, a pue cte femme là, c’est pas croyable! » Et les crises de jalousie vont bon train, de solides  amitiés ne tiennent plus la route. La pièce de Tremblay  montre aussi  ces femmes qui s’agenouillent pour dire le chapelet; on se souvient en effet de l’incroyable emprise du clergé catholique de l’époque.!Mais cela ne les empêche pas – 68 a déjà montré le bout de son nez- d’avoir des revendications féministes et de dénoncer leur « maudite vie plate »  et la soumission sexuelle à de maris qu’elles ne supportent  pas. Cerise sur le gâteau, Germaine découvre  que  sa sœur Pierrette, pas toute jeune, a des fréquentations douteuses et fréquente  des « clubs » …
  Jusqu’à l’explosion finale: horreur et damnation, Germaine  s’aperçoit  aussi mais  un peu tard  que ses copines lui volent sans scrupule une grande partie de ses chers cahiers de timbres. Bref,il n’y  a plus de morale! Et la pièce a tout d’une joyeuse fête qui tourne au vinaigre, métaphore d’une société qui voit vaciller ses petites  valeurs morales, fondées sur  un catholicisme des plus conservateurs; le Québec va en effet bientôt vivre une révolution, et les femmes exigeront comme en Europe leur part de pouvoir, et le clergé, dont les effectifs vont fondre subitement,  n’aura plus  la prédominance  qu’il avait dans l’enseignement, le domaine de la santé, et dans la société en général… C’est aussi tout cela que ces Belles-sœurs  disaient déjà, en filigrane,  il y a déjà presque  cinquante ans…
  Mais la pièce de Michel Tremblay, reconvertie en comédie musicale, a  aussi d’autres  solides qualités et elle  garde toute sa drôlerie, même si on ne comprend pas tout des dialogues  en joual. La mise en scène de  René Richard Cyr est de tout premier ordre: impressionnante de précision, de vérité et d’humour. Le décor à un étage avec au rez-de-chaussée, une cuisine des années 60, imaginée par Jean Bard lui aussi tout à fait réussi, jusque dans les détails comme  cette vingtaine de petits  placards que  Madame Lauzon et sec copines vont ouvrir et où l’on verra  dans les uns des petites bougies, puis dans  les autres , des enseignes lumineuses rouges, vertes et bleues de cabaret.
  La direction d’actrices est excellente (il n’y a aucun personnage masculin), et toutes ont un solide métier d’actrices et de chanteuses; pas un geste faux, pas le moindre dérapage et une incroyable vérité dans la recherche des personnages qu’elles incarnent! Les seuls  hommes du spectacle sont les quatre musiciens tout aussi  excellents que l’on devine derrière un châssis de tulle noir; il faudrait enfin dire un mot des costumes, et les dieux savent bien comme nous râlons souvent tous au Théâtre du Blog,  à propos de costumes approximatifs, voire franchement ratés, ou qui ne sont pas vraiment dans l’axe. Mais ici, Mérédith Caron a fait très fort dans le genre décalé, façon Jérôme Deschamps: comment dire aussi tout l’humour et la folie de la pièce par le biais des costumes et de ces sacs à main délirants:c’est d’une grande intelligence scénique  et le spectacle doit beaucoup à cette créatrice.
  Le public a fait un  triomphe au spectacle qui, parfaitement rôdé, va faire un véritable tabac à Paris , c’est une certitude. Donc aucune réserve à émettre, c’est un moment de rare et pur bonheur! Jean-Michel Ribes a bien fait de l’inviter…

Philippe du Vignal

Théâtre du Rond-Point jusqu’au 8 avril.

http://www.dailymotion.com/video/xo31gk

 Die Sonne (Le Soleil)

Die Sonne (Le Soleil), texte et mise scène d’Olivier Py et Miss Knife chante Olivier Py.

  Le directeur et metteur en scène quittera  donc normalement son cher théâtre de l’Odéon-puisqu’il a été  choisi l’an passé, manu militari, par l’Elysée via Frédéric Mitterrand, come  directeur du Festival d’Avignon-en présentant deux spectacles:  le premier  comme auteur et metteur en scène de ce Soleil qu’il va monté pour la  Volsksbühne de Berlin avec des acteurs allemands.
C’est l’histoire d’un  jeune homme, le bel Axel, (Sebastian König), sorte d’ange énigmatique  que l’on voit au début étendu sur  le lit de Josef,  (Lucas Prisor), marié à Senta, une jeune  femme enceinte mais pas de lui… on vous épargnera la suite de cette intrigue assez compliquée. On  retrouve ici, comme dans une sorte de testament artistique,  de nombreux thèmes chers à Olivier Py: travestissements, identité homosexuelle, foi catholique, théâtre dans le théâtre…
Il y a une scénographie signée Pierre-André Weitz,  exceptionnelle de beauté avec des murs de briques aux  perspectives surprenantes, installée sur un plateau tournant, qui fait penser parfois à celles  que le grand Richard Peduzzi concevait autrefois pour Patrice Chéreau: les autres comédiens jouent tous avec une précision et une sensibilité remarquables:  gestuelle, diction: tout est exact et beau et on les sent vraiment heureux de travailler  avec Olivier Py  qui les dirige à la perfection.  Et comme ils ont des costumes magnifiques que l’on doit aussi à Pierre-André Weitz: soieries,  robes du soir, strass et paillettes aux belles couleurs, il y a sur le plateau des images très fortes. 

 Mais nous avouons ne pas avoir été du tout impressionnés par un  texte narcissique ,assez bavard et qui n’en finit pas de finir (et c’est un euphémisme!), surtout quand on ne comprend pas l’allemand et qu’on doit regarder le surtitrage bien au-dessus de la scène, ou sur deux autres très petits écrans de part et d’autre du plateau. Comme les personnages parlent beaucoup, beaucoup trop sans doute, et que le plateau tournant…  tourne souvent, nous avons décroché assez vite, et la grande heure de cette première partie nous a paru interminable. Comme on nous annonçait encore  deux heures de plus, nous n’avons pas résisté et, comme  deux  miennes consœurs, nous sommes pas revenus après l’entracte, ce que nous ne faisons qu’exceptionnellement. Il serait donc malhonnête d’en dire plus. Cela dit, le public en grande parie germanophone, semblait quand même apprécier. Mais ce long poème/pièce aux allures parfois claudéliennes n’ a ni la grâce ni la force d’ autres pièces d’Olivier Py comme, par exemple, Adagio.On avait  la désagréable impression qu’Olivier Py s’amusait dans un dernier tour de piste- mais sans nous amuser trop- et un peu à nos dépens du genre: l’Etat qui a eu la délicatesse de me virer, après tout, me doit bien ça… Dommage!
  Quelques jours après, Olivier Py, remettait le couvert avec un récital de ses  nouvelles chansons. Avec cette fois, beaucoup plus de bonheur . Sur la scène nue,  un fond un mur d’ampoules blanches sauf une rouge, comme un petit clin d’œil.  Miss Knife,  faux-cils, visage poudré sous une abondante perruque blonde avec une longue robe du soir en lamé argenté à envers rouge, escarpins, porte-jarretelles et bas noirs  à petites étoiles, se déhanchant, minaudant, dialoguant avec le public, somptueusement à l’aise, comme si Olivier Py faisait cela tous les  jours. Soutenu par un bel orchestre:Julien Jolly (batterie), Olivier Bernard (saxos et flûte) , Sébastien maire (contrebasse) et Stéphane Leach au piano qui a aussi composé la musique des dix huit chansons sauf trois de Jean-Yves Rivaud.
Olivier Py revient ensuite en gorille puis encore dans une superbe robe du soir noire décolletée, avec une perruque blonde ou rose, c’est selon…. Toujours aussi magnifiquement à l’aise
. Et il chante bien, encore mieux qu’avant , et avec une belle assurance, content d’être sur scène et de nous faire participer à son plaisir, en parfaite complicité avec ses musiciens et c’est un vrai plaisir de l’entendre, que ce soit dans des mélodies sentimentales, voire  teintées  de  mélancolie, ou d’autres plus joyeuses où il se moque  de lui-même, avec quelques discrètes allusions à Avignon.
Seul regret de cette soirée remarquable dans un Odéon bourré où les jeunes côtoyaient les moins jeunes: l’accompagnement musical  trop amplifié empêchait de bien entendre les belles paroles des chansons mais cela devrait se résoudre facilement quand il reprendra ce récital  à l’automne.

  Une grande ovation,tout à fait justifiée avec plein de plumes et de confettis qui tombaient des balcons, a salué Olivier Py; Frédéric Mitterrand n’était pas là, bien entendu,  mais cela valait mieux pour lui! Ce fut vraiment un bel adieu d’Olivier Py à son public, à ses collaborateurs et à cet Odéon, où il aura le plus souvent donné le meilleur de lui-même. Merci, Olivier Py…

Philippe du Vignal

* Le texte de la pièce est édité chez Actes Sud Papiers; le CD de Miss Knife est aussi édité par Actes Sud.

Soirée unique mais reprise du spectacle en octobre à l’Athénée puis en tournée.

Le CD de Miss Knife est édité chez Actes Sud

A la trace…

À LA TRACE…

Depuis 1996, un collectif d’artistes plasticiens, musiciens, troupes de théâtre en espace public, avait investi l’ancienne blanchisserie de l’Hôpital Charles Foix d’Ivry.
Regroupés sous le nom des Mêmes, ils avaient mené des actions salutaires dans ce bel hôpital classé,  où vivent des  personnes de grand âge plutôt démunies, avec des fêtes, et  des visites dans les chambres, dans le cadre d’une convention pluriannuelle, avec la la DRAC, le Conseil Général du Val de Marne et  la Région.
Las, après  quelques années dynamiques (un livre remarquable Les Progrès de l’âge relate cette expérience), la direction de l’hôpital qui avait changé, a exigé un loyer important  et interdit les visites dans les chambres et les fêtes, et malgré tous les efforts des artistes, un ordre de déguerpir a été  maintenu… Plusieurs compagnies  ont donc quitté Les Mêmes, notamment  le Deuxième groupe d’intervention d’Emma Drouin installé à Malakoff (92) et KMK de Véronique Pény maintenant accueilli en résidence à Nangis (77) .
La Blanchisserie est bientôt vide mais,heureusement,  le collectif d’une dizaine d’artistes regroupé désormais sous le nom de La Blanchisserie vient de trouver un lieu d’accueil pour deux ans au port d’Ivry avec le soutien de la municipalité. Des chorégraphes, musiciens et plasticiens ont mené une journée d’ateliers avec des personnes âgées à Charles Foix, pour la clôture de ce projet artistique : d’abord l’association Tangible et la compagnie Nadja avec un atelier chorégraphique Quelques pas de danse parmi les fleurs. Edwine Fournier et Lydia Boukhirane esquissent des pas de danse très lents, invitent doucement de très vieilles personnes à les suivre, l’une d’elles parvient même à se lever de sa chaise roulante. Il y a un beau recueillement,  malgré les réticences d’un vieil homme qui montre un peu d’agressivité vis-à-vis d’une pensionnaire.
Au pavillon de l’Orbe,  l’atelier Purcell qui se déroule au centre d’une toile de Clément Borderie, avec une création vidéo de Tormodl Lindgren. D’autres pensionnaires accompagnés de leurs familles et du personnel soignant écoutent O solitude interprété par une chanteuse aux antipodes de la musique baroque. Il y a une réelle écoute puis on sert aux pensionnaires un goûter apporté par les artistes…

Edith Rappoport

Hôpital Charles Foix d’Ivry

ERZULI DAHOMEY

Erzuli Dahomey de Jean- René Lemoine, mise en scène d’ Eric Génovèse.

ERZULI DAHOMEY arton3213-e96e9Une petite ville paisible au nom banal: Villeneuve, une maison bourgeoise, une famille qui cache bien ses secrets…
Il y a la mère, Victoire, autrefois comédienne, maintenant mère au foyer, et  veuve, est encombrée d’enfants qu’elle ne sait pas aimer, le Père Denis, précepteur  et homme de confiance, gonflé de désirs inassouvis, Sissi et Frantz, les jumeaux de 16 ans, enfermés dans la bulle de leur amour incestueux, Fanta la bonne, venue d’Afrique, pleine de haine pour ces blancs dont elle repasse la lingerie de soie, et puis celui dont on parle:Tristan, le fils aîné, mort dans un accident au Mexique.
Malgré cet évènement tragique, la pièce dans sa première partie, est plus proche du vaudeville, et la mort très médiatisée de Lady Di occupe plus les conversations que celle de Tristan dont Victoire et le père Denis vont aller chercher le corps pour l’enterrer dans le parc. Et puis, arrive Félicité, venue de Gorée (Sénégal), île au sinistre passé de port d’esclaves,  et qui réclame son fils West qui a pris la place de Tristan dans son cercueil.Mais nous saurons seulement pourquoi plus tard .
L’arrivée de Félicité qui porte l’Afrique et son histoire avec elle,  mais aussi et  surtout la présence du fantôme de West, vont faire perdre pied aux habitants de la maison qui se tenaient au bord du gouffre. Au contact de l’Afrique qui réclame justice, Victoire et les siens ne peuvent plus faire semblant, ne peuvent plus retenir leurs désirs. Erzuli, déesse de l’amour dans le vaudou Haïtien, et venue du Dahomey, agit sur tous jusqu’à prendre possession de Fanta. Les deux mères, Victoire et Félicité, réunies par l’absence de leurs fils, trouveront dans la chaleur de l’Afrique une sorte d’ apaisement .
Pièce folle, tragique et frivole, comme la définit Jean- René Lemoine qui a donné le nom d’Erzuli à la compagnie qu’il a créée en 1997, Erzuli Dahomey fait se cogner les codes, les mythes, les désirs, l’Histoire et les histoires, le théâtre et la vie , dans une langue forte et belle, au service des affrontements comme des confessions..
La mise en scène, magnifique de précision et d’invention d’Eric Génovèse, qui traite chaque scène comme un tableau surréaliste,  grâce à la tbelle scénographie de Jacques Gabel, nous la fait voir et entendre avec toutes ses subtilités et ses insolences, ses cocasseries aussi. Victoire (Claude Mathieu) rejoint les héroïnes d’Almodovar et de Cassavetes. Elle est entourée par Serge Baldassarian (père Denis), Françoise Gillard et Pierre Niney,( les jumeaux), Nicole Dogué( formidable Fanta) Nazim Boudjenah (fantôme de West) et Bakary Sangaré( étonnante Félicité). Tous, entre mesure et démesure, sont magnifiques et nous offrent un grand plaisir, un grand vertige..
L a pièce a été  créée à la Comédie-Française,  et c’est tout à son honneur.

Françoise du chaxel

Théâtre du Vieux Colombier, jusqu’au 15 Avril. T: 01 44 39 87 00.

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