Les autonautes de la cosmoroute

Les autonautes de la cosmoroute,d’après Julio Cortazar et Carol Dunlop, mise en scène  deThomas Quillardet

Les autonautes de la cosmoroute 626052-300x198Il semblerait que la poésie, comme le mouvement, se prouve en marchant. Vous partez donc, en groupe, de la Maison de la Poésie, guidé par un Autonaute échappé de l’autoroute Paris-Marseille et du Théâtre de la Colline. Au sort, et selon le bon vouloir de Julio Cortazar, vous êtes tombés chez les Fameux ou les Cronopes. Commencent, en deux styles très différents, les découvertes. Il s’agit tout simplement d’écouter de la poésie, drôle, bizarre, bref,  poétique, en tel ou tel lieu de la ville où s’épanouissent coïncidences et rencontres surréalistes. Paris en fourmille, et les environs de la Maison de la Poésie en particulier (l’ours des tuyaux près du Centre Pompidou, une histoire de montre sous l’horloge en coma dépassé du quartier du même nom…).
Au début, c’est simplement amusant, les comédiens jouant sur de multiples registres, le temps d’un bref attroupement. Moments d’émotion - entre autres – : on nous fait grimper dans une mansarde d’étudiant et nous entasser dans le minimum vital où se concentre le maximum de passion amoureuse et de rêves d’écrivain. Puis, peu à peu, le fantôme de Cortazar se met à nous accompagner, la poésie à se construire vraiment, à nous envelopper.
En une dizaine d’étapes. Place Dauphine (on a pas mal marché), à côté des fidèles danseurs de tango su samedi après-midi, les comédiens de l’atelier de poésie de Claude Guerre nous disent leurs poèmes à l’oreille. Voilà : ça a eu lieu une fois, un « moment », un petit déclic à attraper au vol, l’occasion d’être un vrai touriste dans sa ville, celui qui regard non ce qu’il « faut voir », mais ce qu’il n’a encore jamais vu, mené par l’oreille.
Ce jeu de piste,  était pour les compagnies Jakart et Mugiscué, un moyen de faire tester au public, en petit, quelque chose de leur expérience d’autonautes, inpirée de celle de Julio Cortazar et sa femme Carol Dunlop en 1982. L’idée, c’est de s’arrêter à toutes les aires d’autoroute, de Paris à Marseille, et de les explorer. Ce qui donne un voyage de près de trois semaines. Partage du minibus. Organisation du ravitaillement, de la correspondance : trente ans, ce n’est pas si vieux, la troupe retrouve certains de ceux qui ont alimenté, soutenu, accompagné les deux écrivains. Collectes sonores : on entend les oiseaux ! Statistiques diverses, variées, enfantines et fondamentalement inutiles (combien de voitures rouges en une minute? ). Invasion de fourmis. Danger, il y a des bandits de grand chemin qui attaquent les camping-cars. Une vraie expédition collective sérieuse, donc drôle, ouverte à l’insolite : sous la règle, cherchez l’exception…
Le « rendu » théâtral n’est pas sans charme, avec un  groupe d’expérimentateurs en survêtements orange fluo (ils s‘individualisent peu à peu). Le récit croisé – Cortazar et nous – fonctionne bien. Dans ce registre du théâtre expérimenté sur le terrain – voir les récents Arpenteurs de la Revue Éclair, reine de ce genre de voyages depuis quelques années – on attendait plus d’invention et d’inventions. On prend tranquillement plaisir à ce qu’on nous donne, et plus encore à ce que nous n’aurons pas : l’expédition elle-même.

Christine Friedel

Théâtre National de la Colline – 01 44 62 52 52 – jusqu’au 19 avril

http://www.dailymotion.com/video/xpeki5

 


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