ZAT Celleneuve

ZAZAT Celleneuve zat-celleneuve-1332515004-21181T! Zone artistique temporaire à Celleneuve les 7, 8 et  9 avril, à Montpellier.

C’est la quatrième Zone Artistique Temporaire pour explorer l’Imaginaire Urbain: des spectacles et des surprises urbaines dans l’espace public, sur l’initiative de Pascal Lebrun-Cordier. Avec le soutien de la ville de Montpellier, deux ZAT ont lieu chaque année en automne et au printemps.
Aux antipodes d’un festival fréquenté par des hordes festivalières, la ZAT accueille des spectacles insolites dans l’espace public de  quartiers de la ville. Marionnettes, cirque, théâtre, danse de rue, cinéma-concerts, ateliers d’écriture étaient accueillis dans le beau quartier périphérique de Celleneuve, village ancien ouvert sur une rénovation urbaine réussie, avec de jolis immeubles blancs de trois  étages, au milieu d’un  parc. Une nouvelle ligne de tramway venue du centre ville, venait d’être inaugurée la veille. Un public très jeune et diversifié,plutôt local , se promenait à la découverte de l’inattendu fort bien organisé.

Cooperatzia, parcours spectacle  par le Collectif G. Bistaki de Toulouse.

Ce collectif de cinq danseurs jongleurs « s’offre depuis quelques années des récréations créatives afin de bouleverser le quotidien artistique en innovant la manière de rechercher”. (Voir le Théâtre du Blog Festival d’Aurillac août 2011). Soit une procession de cinq étranges personnages en redingote militaire, la tête hérissée des mêmes tuiles qui couvrent les toits de Celleneuve, suivis par une foule nombreuse, dont les enfants traînent eux aussi des tuiles en laisse. Il y a plusieurs arrêts autour de petits châteaux construits en tuiles, puis,  un lancer de sacs à main que les comédiens/danseurs  projettent en l’air pour s’en coiffer. Avec une habileté impressionnante.  Deuxième arrêt frontal:  ils nous emmènent face à un  grand espace où sont disposées des tuiles, qu’ils  déplacent comme par magie dans une marche silencieuse.
Enfin nous allons plus loin nous asseoir   pour un final avec un credo inspiré de Georges Bistaki (1884) : “rester vierge malgré tout”. Ce cirque chorégraphique de beaux danseurs a hanté la plupart des grands festivals depuis 2010.
À Celleneuve, ils se sont inspirés de Léo Malet, romancier et poète surréaliste,  né  dans ce village en 1909 et  qui avait publié un poème, Le grand désert vert en 1937 : »Prends le miroir dans un sac de femme. Caresse-le. Promène-le perpendiculairement aux images dont tu veux avoir le secret. »

www.bistaki.com

Camelia et son pianiste par la  Compagnie du  Boustrophédon.

Créé en 2008, par un couple d’artistes- Lucie Boulay comédienne et   Daniel Masso, pianiste. Issus de la compagnie Remise à neuf, ce spectacle de 20 minutes d’une marionnettiste en équilibre ironique sur son fil, accompagnée au piano, séduit le jeune public. Lucie Boulay, coiffée de noir, porte en son giron Camélia, marionnette de 72 ans qui accomplit des prodiges d’équilibre surprenants. On est surpris  quand on découvre une très jeune fille qui se démasque à la fin du spectacle,.
www.boustrophedon.fr

Rictus, errance poétique dans les rues de Celleneuve, de Christophe “Garniouze” Lafargue, musique de François Boutibou, d’après Les Soliloques du pauvre de Gabriel Randon dit Jehan Rictus.

« Garniouze »  a commencé dans le métro en 1989, puis a travaillé avec Okupa Mobil, avant de passer 15 ans aux côtés des inventeurs du Phun, avec Pheraille qui a produit le spectacle. Il incarne Rictus, alias  Gabriel Randon, formidable poète qui a  vécu l’errance des rues pendant sa courte vie de  1887 à 1933, dont Les Soliloques du pauvre publiés  ont été bien souvent montés.
Il nous emmène dans  cette errance poétique, traînant derrière lui, dans les vieilles rues de Celleneuve, une poubelle où sont inscrits des poèmes  mâchant superbement cette langue étincelante, suivi par François Boutibou et son ordinateur qui fait résonner en musique les poèmes de Rictus…
“Quand je passe triste et noir, Y-a pas d’quoi rire, Faut voir rentrer les boutiquiers, Les yeux dans la gueule en tire-lire, Dans leurs comptoirs, Comme des banquiers,(…) Laissons les flemmards à leur flemme, Y m’dégoûtent mes contemporains (…) Dors, laisse tout ça s’organiser, V’là dix ans que tu t’débines (…) Dormir, j’dormirai l’instant où j’la rencontrerai (…) J’ai fait l’Jacques moi et par trop (…) Dormir et plus jamais s’couvrir (…) La femme en noir, la sans pitié, et faire qu’enfin y-ait du bon, pour l’gars qui rôde à l’abandon (…) J’ai des envies, des besoins, c’est la faute aux grands magasins, moi j’veux vivre ma vie, et souffler mais pas dans dix ans !”

Il est  rare de déguster cette belle langue d’une actualité encore brûlante dans notre siècle égoïste,  où l’on croise encore tant de gens à l’abandon, proférée par un bel acteur qui a créé ce  Rictus au dernier Festival d’Aurillac .

Tombé de la lune ciné-concert d’Harry Langdon, musique de Roberto Tricari.

Roberto Tricari, accompagné par  deux musiciens, met en musique des dessins animés des débuts de Walt Disney, avant de donner une belle résonance musicale à Tombé de la lune d’Harry Langdon perdu dans une course hallucinante à travers l’Amérique, pour  séduire la fille du patron dont il est amoureux. Malgré le froid régnant dans le beau parc Dioscoride cette nuit là, on se laisse séduire.

Edith Rappoport


Archive pour 14 avril, 2012

LE 6ÈME JOUR

    Le 6 ème jour, écriture, scénographie, mise en scène de François Cervantès et Catherine Germain.

Il y a longtemps que l’on connaît Catherine Germain qui a été aussi une  très bonne  Médée d’Euripide, mise en scène par Laurent Fréchuret. Elle avait créé à la fin des années 80, qu’elle a depuis tourné un peu partout,   ce personnage d’Arletti, un  clown, sans véritable identité sexuelle, qui a quelques difficultés avec son corps mais aussi avec le texte d’une conférence  sur la Genèse qu’il doit prononcer. Il arrive, couvert de  deux imperméables mastic , et couvert de deux chapeaux, dont il va accrocher les deux premiers au porte-manteau. Sa démarche plutôt du genre chaloupé, comme sil n’avait pas bu que de l’eau, il prend dans un vieille serviette à soufflet les dossiers du  texte de sa conférence qu’il a quelque mal à remettre  en ordre.
   Et pendant  quelque vingt minutes, il essaye de lutter contre un environnement hostile, notamment cette table de conférence trop haute pour lui.Il a le visage comme fatigué et des  cheveux/ lambeaux de tissu noir à pois blancs et des godasses aux pieds qui l’empêchent de marcher correctement.
  Et il va essayer d’expliciter les très fameux versets de la Genèse:  » Au commencement,  Dieu créa les cieux et la terre…Et il en arrive péniblement à ces fameux  4 ème, 5 ème et 6 ème jour où Dieu se mit  à créer d’abord les oiseaux, les monstres marins, les poissons puis le bétail, les reptiles, les animaux sauvages et enfin, cerise sur le gâteau, l’homme et la femme.  Il est là, tout sourires , d’abord absolument silencieux, essayant malgré tout de rester digne mais maladroit, pathétique conférencier incapable de s’y retrouver dans ses papiers, Puis, Arletti se lance dans un commentaire  aussi délirant que poétique de cette fameuse Genèse avec un superbe humour.Gestuelle, diction, gags: tout est impeccable et réglé au millimètre, et sans la moindre vulgarité.
  Certes, le spectacle a été depuis longtemps  rodé mais quel foi, quel métier pour créer ce personnage hors norme dont la relation avec le public est assez rare, et il y avait  un petit garçon au premier rang, qui avait  un rire inextinguible, très contagieux, pour le plus grand bonheur du public.
 Il est rare de voir une pareille osmose entre  Arletti, ce  clown, plutôt féminin quand même,  une gestuelle et un texte  d’une intelligence aussi aiguë. C’est dire que François Cervantès et Catherine Germain  ont  signé là  une mise en  scène, un texte et une direction d’acteurs d’une exceptionnelle qualité. On sort des 70 minutes  de ce sixième jour, assez émerveillé par ce spectacle « populaire » au meilleur sens du terme. Et quand, à la fin, dans un bruit de tonnerre, une pluie de petits morceaux de papiers tombe sur la scène, alors qu’Arletti se réfugie sous sa haute table de conférence, il y a comme de la nostalgie dans l’air. Vraiment , un spectacle comme on en voit rarement.
  Attention, la salle n’est pas immense et Catherine Germain n’est pas là pour très longtemps… Mais n’hésitez pas à y emmener des enfants: il sont ravis.

Philippe du Vignal

Théâtre de la Cité internationale jusqu’au 22 avril.

Du 10/04/2012 au 22/04/2012
20h00 : mardi, jeudi, vendredi, samedi
17h00 : mercredi et dimanche
Relâches : lundi 16, mardi 17

 LE 6ÈME JOUR 6EMEJOUR5

Notre Commune

Notre Commune,  Histoire méconnue racontée sur un char, création collective des Lorialets, écriture et réécriture sur la base d’archives de Caroline Panzera et Mathieu Coblentz, mise en scène de Caroline Panzera

 

Notre Commune Notre_Commune  Notre Commune, c’est  un feu d’artifice de couleurs et de lumières, un brasier furibond, une « île enchantée », non plus versaillaise, mais foncièrement révolutionnaire,  du nom du gouvernement révolutionnaire de  Paris en 1871.
Une Commune mise à mal par M. Thiers et falsifiée par l’histoire telle que l’ont enseignée, les pouvoirs successifs, bourgeois conservateurs et réactionnaires.
Mais, auparavant, elle aura admirablement vécu,  cette Commune, dans la lutte et l’opposition, le combat, la mise à sang et à sac de la bêtise et du mépris, pour le surgissement de la vie et de la liberté, la reconnaissance du peuple et de son destin.
La proposition des Lorialets : se réapproprier, 140 ans après, ( 1870: la France  est envahie par les Prussiens, l’empire de napoléon III s’effondre , une paix honteuse qui cède à l’Allemagne l’Alsace et la Moselle, le peuple de paris, scandalisé qui fonde une Commune indépendante, qui promulgue,  entre autres,  la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’école laïque et obligatoire…) Insurrection qui sera vite réprimée dans le sang. Mais cette page de notre Histoire, les programmes scolaires de la Troisième République n’autorisaient que quelques lignes sur cette  insurrection urbaine prétendument terroriste et diabolisée.
Avec Mathieu Coblentz et Vincent Lefevre, comédiens et bateleurs absolus – l’un loquace, et l’autre muet mais efficace accessoiriste, le spectateur ne s’ennuie pas, dans  l’air frais, à la Cartoucherie  de Vincennes, après  avoir suivi le char tonitruant et pétaradant de ferraille noire de la troupe luciférienne.
Il suffit de se laisser aller à l’écoute chronologique et circonstanciée des faits :une vraie leçon d’histoire vivante… Mathieu Coblentz, avec sa belle moustache, est un communard qui n’en finit pas de raconter sa haine de ceux qui regardent le peuple de haut. Un bonimenteur, un faiseur de tours, de farces et d’escamotages, causeur et chanteur, la lippe pendante, la haine dans les yeux et la grâce méchante et virile dans l’allure, la volonté de se défendre en défendant les siens, son peuple méconnu et sa famille mal-aimée. Un feu foudroyant  le public , certainement coupable, à ses yeux, d’ignorance et de négligence, de laisser-aller dans la perte des valeurs républicaines. Suivez son regard ….
Mais les vraies vedettes du plateau sont Louise, un char et Michel, un tracteur-tiens, une sonorité familière !. Sur Louise, se tient la patte d’éléphant énorme de la Bastille, une vraie maison du peuple. Apparaissent en désordre, des marionnettes , des affiches, des dessins, des aplats pour Favre et Bismarck, et des marionnettes encore  de l’armée citoyenne, du prélat, du peuple, mais aussi des confettis, et  des chansons.
Écoutez et suivez le bonimenteur qui vous ragaillardit, quand il chante La Canaille de Joseph Darcier et Jean-Baptiste Clément : « Dans la vieille cité française existe une race de fer/Dont l’âme comme une fournaise a de son feu bronzé la chair./Tous ses fils naissent sur la paille, pour palais ils n’ont qu’un/ taudis. C’est la canaille! Eh! bien! J’en suis. » Quel plaisir d’être du public et de partager la verve et l’énergie constructive de cette canaille-là.
Une mise en scène inventive de Caroline Panzera pour cette Commune qui fera mémoire enfin..

Véronique Hotte

La Cartoucherie Théâtre du Soleil, jusqu’au 15 avril, et ensuite  du 15 juin au 1er juillet, les vendredi et samedi à19h et le dimanche à 14h. . www.theatre-du-soleil.fr. Puis Aux Virevoltés en Normandie le 14 juillet;  et le 22 septembre à Carros (06).

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