LE 6ÈME JOUR

    Le 6 ème jour, écriture, scénographie, mise en scène de François Cervantès et Catherine Germain.

Il y a longtemps que l’on connaît Catherine Germain qui a été aussi une  très bonne  Médée d’Euripide, mise en scène par Laurent Fréchuret. Elle avait créé à la fin des années 80, qu’elle a depuis tourné un peu partout,   ce personnage d’Arletti, un  clown, sans véritable identité sexuelle, qui a quelques difficultés avec son corps mais aussi avec le texte d’une conférence  sur la Genèse qu’il doit prononcer. Il arrive, couvert de  deux imperméables mastic , et couvert de deux chapeaux, dont il va accrocher les deux premiers au porte-manteau. Sa démarche plutôt du genre chaloupé, comme sil n’avait pas bu que de l’eau, il prend dans un vieille serviette à soufflet les dossiers du  texte de sa conférence qu’il a quelque mal à remettre  en ordre.
   Et pendant  quelque vingt minutes, il essaye de lutter contre un environnement hostile, notamment cette table de conférence trop haute pour lui.Il a le visage comme fatigué et des  cheveux/ lambeaux de tissu noir à pois blancs et des godasses aux pieds qui l’empêchent de marcher correctement.
  Et il va essayer d’expliciter les très fameux versets de la Genèse:  » Au commencement,  Dieu créa les cieux et la terre…Et il en arrive péniblement à ces fameux  4 ème, 5 ème et 6 ème jour où Dieu se mit  à créer d’abord les oiseaux, les monstres marins, les poissons puis le bétail, les reptiles, les animaux sauvages et enfin, cerise sur le gâteau, l’homme et la femme.  Il est là, tout sourires , d’abord absolument silencieux, essayant malgré tout de rester digne mais maladroit, pathétique conférencier incapable de s’y retrouver dans ses papiers, Puis, Arletti se lance dans un commentaire  aussi délirant que poétique de cette fameuse Genèse avec un superbe humour.Gestuelle, diction, gags: tout est impeccable et réglé au millimètre, et sans la moindre vulgarité.
  Certes, le spectacle a été depuis longtemps  rodé mais quel foi, quel métier pour créer ce personnage hors norme dont la relation avec le public est assez rare, et il y avait  un petit garçon au premier rang, qui avait  un rire inextinguible, très contagieux, pour le plus grand bonheur du public.
 Il est rare de voir une pareille osmose entre  Arletti, ce  clown, plutôt féminin quand même,  une gestuelle et un texte  d’une intelligence aussi aiguë. C’est dire que François Cervantès et Catherine Germain  ont  signé là  une mise en  scène, un texte et une direction d’acteurs d’une exceptionnelle qualité. On sort des 70 minutes  de ce sixième jour, assez émerveillé par ce spectacle « populaire » au meilleur sens du terme. Et quand, à la fin, dans un bruit de tonnerre, une pluie de petits morceaux de papiers tombe sur la scène, alors qu’Arletti se réfugie sous sa haute table de conférence, il y a comme de la nostalgie dans l’air. Vraiment , un spectacle comme on en voit rarement.
  Attention, la salle n’est pas immense et Catherine Germain n’est pas là pour très longtemps… Mais n’hésitez pas à y emmener des enfants: il sont ravis.

Philippe du Vignal

Théâtre de la Cité internationale jusqu’au 22 avril.

Du 10/04/2012 au 22/04/2012
20h00 : mardi, jeudi, vendredi, samedi
17h00 : mercredi et dimanche
Relâches : lundi 16, mardi 17

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