Le bonheur est dans le chant

Le bonheur est dans le chant, adaptation du texte d’Eugène Durif, mise en scène d’Etienne Grebot.

  Le bonheur est dans le chant Guillaume-BaptisteOn connaît depuis plus d’une vingtaine d’années déjà la très bonne « fanfare tout terrain » des Grooms, groupe musical, vocal et théâtral qui, ces derniers temps, a revisité  Wagner avec La Tétralogie de Quat’sous, Purcell avec Un Roi Arthur(Voir Le Théâtre du Blog) et Mozart avec La Flûte en chantier. Ici, Les Grooms, à  l’occasion  du Printemps des Rues, le festival d’arts de la rue dans le I0 ème arrondissement, ont pris pour terrain d’atterrissage,  samedi et dimanche, tout près de la place du colonel Fabien, la place Robert Desnos, au coin  des rues Albert Camus, Francis James, croisé il y a bien longtemps sur la plage de  Guéthary  et Tadeusz Boy-Zelenski (1874-1941),  écrivain, poète et satiriste, et  surtout traducteur de centaines  d’œuvres françaises en polonais. Fusillé par les allemands comme une centaine d’écrivains et artistes polonais de Lwlow en Géorgie! Bref, que de bons écrivains et poètes.
  Il y a un petit podium (ce n’est pas l’espace de la photo ci-dessus mais on va vous la mettre dès que possible) où Madame la maire du 10 ème arrondissement , avec derrière elle la fanfare  des Grooms: (une trompette, quatre saxos:  baryton, ténor, alto et soprano, un trombone) qui  joue avec deux chanteuses). Elle  accueille Jigme Singye Wangchuck, roi du Boutan (incarné par l’excellent Pierre Samuel, le comédien d’Action discrète de Canal Plus)  avec les honneurs dûs à son rang.  
Le Bhoutan est une petite royauté boudhiste Est-himalayenne de 800.000 âmes, coincée entre la Chine et l’Inde, qui inventa au début des années 70, une nouvelle mesure économique alternative : le BNB  (Bonheur National Brut). Alors que la France n’en serait qu’au 47 ème rang juste avant la Chine… Pays peu  développé, le Bhoutan s’est inquiétée de façon prophétique de la mondialisation et a tenu à préserver ses valeurs sociales en les ancrant dans les termes que le monde entier pourra comprendre et respecter. C’est ainsi qu’elle a cherché à mesurer la notion de progrès en prenant en compte le développement économique mais aussi les atouts sociaux, culturels et environnementaux. Jusqu’à la fin des années 90, la télévision et internet étaient même interdits au Bhoutan… A l’heure actuelle, de nombreux économistes dans le monde commencent à s’intéresser à cette notion de Bonheur qu’ils essaient de quantifier tant bien que mal.
Les Grooms font leur entrée en musique , nimbés de fumigènes bleu, blanc, rouge. La maire remet à  Jigme Singye Wangchuck, sous les applaudissements du public, la grande clé d’or de l’arrondissement. Remerciements, accolades, et musique évidemment.La sono mis en place par le Festival  ne fonctionne pas ou si peu. Dommage, on aurait bien aimé entendre,  autrement que par bribes, le texte de Durif. Mais Les Grooms jouent bien les airs composés par Antoine Rosset, et comme c’est bien réglé et bien  mis en scène, on se laisse prendre facilement…
Il y a ainsi  Monsieur Lheureux, toujours ravi, découpant les bonnes nouvelles des journaux pour les déposer dans les boîtes aux lettres des gens qu’il connaît, la femme de Monsieur Lapilou surprise avec son amant., et Monsieur Michalon, tout juste décédé, à qui l’on décide de remettre le 1° Prix du concours à titre posthume.
Les Grooms posent des questions aux habitants perchés sur leurs balcons qui répondent sans se faire prier sur leur notion du bonheur , arrivée malencontreuse d’un 4 X4 dans la rue piétonnière qui se fait abreuver d’injures…Les nombreux enfants sont encore plus ravis que leurs parents Ce bonheur est dans le chant continue sa petite promenade dans le quartier, accompagné  par le public qui, soutenu par deux chorales: L’Attrape-chœur et Toujours Les Mêmes, reprend en chœur les chansons. Il ne fait pas très chaud mais la pluie a eu la grande courtoisie de s’absenter et les enfants sont ravis, les parents aussi. Que demande le peuple?
Il règne ainsi une sorte de bonheur paisible à la Tati en cette fin d’après-midi, très loin du bruit et de la fureur parisienne, comme dans l’une des centaines de petites villes de la France profonde…Le spectacle se termine par un requiem pour chœur, harmonie, fanfare et 4 solistes.Entre deux tours d’élections, cela fait du bien par où cela passe!

Philippe du Vignal

Spectacle vu à Paris 10 ème le 29 avril.
En tournée: Le 13 mai : Saint-Martory ,le  31 mai : Grenoble (38), les  2 et 3 juin : Nanterre (92), les  16 et 17 juin : Epinal (88),  le  22 juin : Villeurbanne (69), le   23 juin : Clamart (92), le  1er juillet : Oignies (62) du 4 au 7 juillet : Rennes (35), le  8 juillet : Le-Relecq-Kerhuon, (69) 12 au 14 juillet : Alba-la-Romaine (07),  20 et 21 juillet : Annecy (74),   11 août : Sarrebourg (57), le  12 août : Bitche (57), le 14 août : Saint Félicien (07)      le 15 août : Lens Lestang (26), le  16 août : Saint-Sauveur en Rue (42), les  8 et 9 septembre : Angers (49),le 16 septembre : Hennebont (56), le 23 septembre : Saint-Ouen (93), les 28 et 30 septembre : Evreux (27)

 



Archive pour 30 avril, 2012

RAM’DAMES À LA FRANCAISE

Ram’dames à la française performance de Marie-Do Fréval

 

RAM’DAMES À LA FRANCAISE ramdames_small-2ea25-212x300  C’est à Confluences,  L’Acte 3, dernière partie, une campagne sans Marine et Nicolas. Seize artistes y auront été accueillis dans le cadre de la campagne pour les élections présidentielles. Marie-Do Fréval, qui travaille avec les habitants de son quartier, rue du Général Humbert, se livre ici à une performance personnelle insolite,  accompagnée à la guitare électrique par Coraline Janvier.
Elles sont toutes deux en uniforme de guérilleros,  et la parole de Marie-Do  Fréval alterne entre sa voix enregistrée et sa parole théâtrale : “Aux hommes dans la rue, je leur cloue le bec. Les hommes ont le droit d’être stupides, c’est culturel ! (….) Blanche, issue d’une famille normale, je n’ai jamais été contrôlée en 30 ans. J’ai honte d’être française, manque de pot, je hurle noir !”. Le sol est jonché de journaux qu’elle ramasse pour en lire des extraits, comme l’histoire de Joaquin tué par un flashball de la police, dans le 93 où ils sont utilisés en moyenne deux fois par jour.
Entre des témoignages quotidiens parfois incertains, il y a de belles montées poétiques et une fureur pleine d’ironie. À l’entrée, on nous a demandé nos papiers pour nous distribuer des badges avec notre prénom pour qu’elle interpelle.

Edith Rappoport
www.cieboucheabouche.com

Confluences, 27 avril 

 

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