Amédée

Amédée, texte et mise en scène de Côme de Bellescize.

Amédée Am%C3%A9d%C3%A9eCôme de Bellescize met en scène le délicat problème du droit de mourir. Il accomplit ce défi un peu fou dans la grâce naturelle et la somptuosité de la tendresse existentielle. Tout part très vite, comme dans la vie ,quand on n’y fait pas attention.
Une mère seule, rivée à son petit écran et figée dans ses récriminations contre des jours difficiles. Elle partage un quotidien amer avec Amédée, son fils de vingt ans,  sans travail et sans formation, qui rêve de devenir pilote de formule 1 ; son  copain est pompier et sa copine capricieuse.

  En attendant de piloter un bolide   Amédée, scotché à sa console de jeux, pour des  courses virtuelles, se livre aussi à des virées  en voiture à tombeau ouvert… Arrive  alors brutalement l’accident , pas tout à fait fatal,  qui le laisse entre la vie et la mort, plus près de la mort que de la vie. Médecins, pompiers, petite amie, et mère surtout y mettent de leur énergie,  et de leur âme pour qu’existe  enfin chez lui un petit soupçon de vie.
  Les efforts d’Amédée ont été largement consentis mais la montagne à grimper est bien trop haute et s’éloigne toujours un peu plus. Que faire ? Continuer à se battre ou bien rendre les armes dans la dignité ? L’auteur et metteur en scène délivre sa propre réponse : mourir est un droit. D’accord ou pas d’accord, là n’est pas la question car il s’agit de théâtre avant tout avec ce bel Amédée.
  La direction d’acteurs est vive et pétillante, les tableaux se succèdent, les rythmes et les situations varient  mais sans complaisance vers  une émotion facile. Les face-à-face d’Amédée avec ses partenaires  sont piquants et enlevés, ne serait-ce que le duo beckettien où le double d’Amédée lui-même exprime ses désirs, ses rêves, ses espoirs et ses déceptions.
 Teddy Melis en diablotin luciférien est excellent. Amédée que joue Benjamin Wangermée diffuse malgré lui une aspiration à vivre et un contentement d’être qui ne trompe pas. Éric Challier en capitaine des pompiers est une figure désespéré et le fait  qu’il soit là, sur terre, à exister simplement, n’en finit pas d’émouvoir. Vincent Joncquez, en  copain et médecin, est juste, attentif et sensible. La petite amie (Eléonore Joncquez) est déjantée, vive dans ses interventions sonores, et la mère (Maury Deschamps), enfermée dans la folie de garder son fils pour elle seule, est tout à fait convaincante. Il fallait du culot pour oser une chose pareille sur scène.
Côme de Bellescize sait s’entourer de comédiens généreux. Qu’il continue.

Véronique Hotte

Théâtre de la Tempête jusqu’ au 2 juin. T : 01 43 28 36 36


Archive pour 11 mai, 2012

Amédée

Amédée, texte et mise en scène de Côme de Bellescize.

Amédée Am%C3%A9d%C3%A9eCôme de Bellescize met en scène le délicat problème du droit de mourir. Il accomplit ce défi un peu fou dans la grâce naturelle et la somptuosité de la tendresse existentielle. Tout part très vite, comme dans la vie ,quand on n’y fait pas attention.
Une mère seule, rivée à son petit écran et figée dans ses récriminations contre des jours difficiles. Elle partage un quotidien amer avec Amédée, son fils de vingt ans,  sans travail et sans formation, qui rêve de devenir pilote de formule 1 ; son  copain est pompier et sa copine capricieuse.

  En attendant de piloter un bolide   Amédée, scotché à sa console de jeux, pour des  courses virtuelles, se livre aussi à des virées  en voiture à tombeau ouvert… Arrive  alors brutalement l’accident , pas tout à fait fatal,  qui le laisse entre la vie et la mort, plus près de la mort que de la vie. Médecins, pompiers, petite amie, et mère surtout y mettent de leur énergie,  et de leur âme pour qu’existe  enfin chez lui un petit soupçon de vie.
  Les efforts d’Amédée ont été largement consentis mais la montagne à grimper est bien trop haute et s’éloigne toujours un peu plus. Que faire ? Continuer à se battre ou bien rendre les armes dans la dignité ? L’auteur et metteur en scène délivre sa propre réponse : mourir est un droit. D’accord ou pas d’accord, là n’est pas la question car il s’agit de théâtre avant tout avec ce bel Amédée.
  La direction d’acteurs est vive et pétillante, les tableaux se succèdent, les rythmes et les situations varient  mais sans complaisance vers  une émotion facile. Les face-à-face d’Amédée avec ses partenaires  sont piquants et enlevés, ne serait-ce que le duo beckettien où le double d’Amédée lui-même exprime ses désirs, ses rêves, ses espoirs et ses déceptions.
 Teddy Melis en diablotin luciférien est excellent. Amédée que joue Benjamin Wangermée diffuse malgré lui une aspiration à vivre et un contentement d’être qui ne trompe pas. Éric Challier en capitaine des pompiers est une figure désespéré et le fait  qu’il soit là, sur terre, à exister simplement, n’en finit pas d’émouvoir. Vincent Joncquez, en  copain et médecin, est juste, attentif et sensible. La petite amie (Eléonore Joncquez) est déjantée, vive dans ses interventions sonores, et la mère (Maury Deschamps), enfermée dans la folie de garder son fils pour elle seule, est tout à fait convaincante. Il fallait du culot pour oser une chose pareille sur scène.
Côme de Bellescize sait s’entourer de comédiens généreux. Qu’il continue.

Véronique Hotte

Théâtre de la Tempête jusqu’ au 2 juin. T : 01 43 28 36 36

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