Cahin Caha

Cahin Caha de Serge Valetti mise en scène de David Gery

Cahin Caha 2011-marsane-23-07-2« Comment faire pour que ce spectacle commence enfin… » dit David Géry  qui s’interroge sur l’avenir du spectacle qu’il souhaite mettre en production ;  il a donc invité quelques personnes à en voir les vingt premières minutes. Une manière de faire avancer le projet, de trouver des relais, voire des points de chute.

C’est une stratégie que doivent adopter nombre de compagnies en quête de producteurs, multipliant lectures scéniques, maquettes, bandes-annonces. Le sort du projet dépend alors de la qualité de ces avant-premières. Vingt minutes d’un spectacle en cours de fabrication pourraient frustrer le spectateur, voire le démobiliser. Mais cette maquette avec Olivier Cruvellier et Christian Drillaud n’est pas un brouillon mais un séduisant début, un tissage de haute précision. Hors-d’œuvre qui met en appétit et qui donne envie d’en goûter davantage.

La trame est simple : un comédien et son auteur dialoguent sur la difficulté d’écrire quand il ne reste plus rien à dire L’écrivain cherche, rature, s’énerve, recommence, s’enthousiasme d’une trouvaille pour mieux retomber dans le vide, et ainsi de suite. Alter ego, frères ennemis, les deux compères s’opposent pour mieux se réconcilier et inversement.
« 
J’ai écrit un monologue à deux voix, explique Serge Valletti.Au départ, c’était donc une seule personne qui se parlait à elle-même, et puis, chemin faisant, et comme par jeu, ils ont trouvé chacun leur identité. L’un s’appelle Cahin et l’autre Caha. Ils avancent, ils n’en finissent pas d’avancer en s’interrogeant. Comme chacun de nous, quand nous sommes seuls!  »
On retrouve dans
Cahin Caha la verve de l’auteur, son sens de la répartie, une facilité d’écriture que les deux comédiens savent contenir pour faire valoir les silences et les hésitations devant la page blanche que devient le plateau nu. Pour faire sonner l’angoisse du néant qui se cache derrière le verbe haut des personnages. ..
Cette pièce infinie, qui n’en finit pas de commencer, permet aux acteurs d’explorer les nuances du jeu, de traduire entre les mots les variations d’humeur, des plus sourdes aux plus violentes. On souhaite qu’elle puisse bientôt voir le jour sur de nombreux plateaux : une aventure à suivre..

Mireille Davidovici

 

Maquette présentée le 14 mai au Théâtre du Lucernaire.

 


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