INCENDIES

 

Incendies de Wajdi Mouawad, mise en scène Stanislas Nordey.


INCENDIES  incendies“Pourquoi as-tu quitté le pays (…) mes parents ne racontent rien”… Sur le grand plateau nu, dans un décor de parois gris-blanc, les neuf personnages qui s’avancent silencieux et se présentent l’un après l’autre.
Il y a trois Nawal, l’héroïne de cette douloureuse tragédie, l’une à 14 et 19 ans (Charline Grand) qui vit une belle histoire d’amour dans son village d’où elle devra s’enfuir après qu’on lui ait retiré son enfant. Une autre de 40 ans (Claire-Ingrid Cottenceau) qui le cherche toujours , mais qui se fait violer par son tortionnaire dont elle accouchera de deux jumeaux.
Une troisième de de 60 ans ( émouvante Véronique Nordey) qui meurt en laissant un testament énigmatique, que ses enfants ne doivent pas ouvrir avant d’avoir retrouvé leur père et leur frère aîné.
La pièce commence dans le bureau du notaire, exécuteur testamentaire de Nawal, qui exhorte Simon, le jumeau de Jeanne, à ne pas se laisser aller à une révolte injurieuse pour la mémoire de leur mère demeurée obstinément silencieuse depuis leur adolescence. Une longue quête guidée par le notaire, commence à travers le Liban déchiré dont on ne finit pas de décrire les atrocités.
Au bout du chemin,  la découverte d’une insoutenable vérité que les frères et sœurs réunis auront bien du mal à supporter. Comme pour les romans policiers, on ne vous révélera pas la clef de l’énigme. Malgré la longueur de la représentation (3 H 30 avec entracte!) interprétée par une  belle équipe d’acteurs fidèles à Nordey, on est saisi par la beauté de ce spectacle qui n’est jamais désespérant.
Décidément, tout comme Littoral  monté par son auteur,  puis ensuite à Choisy-le-Roi dans une mise en scène bien plus forte de Magali Leiris,  Incendies réalisé par Stanislas Nordey est plus étonnant que celui monté par Wajdi Mouawad au Théâtre 71 de Malakoff…

Edith Rappoport

 

 Il nous est difficile d’être d’accord avec notre chère consœur. Le scénario a grande allure mais nous avons trouvé le texte bien bavard et long comme un jour sans pain. Quand Edith Rappoport en parle, on a envie d’aller y voir de plus près mais quelle déception! En fait, la pièce tient plutôt d’une trop, vraiment trop longue suite de monologues, rythmée à coup de gong; quant à la mise en scène de  Nordey, elle est d’une belle précision mais d’une froideur assez clinique, presque glaciale, jusque dans les éclairages fluo, et n’aide en rien la pièce.
  Nordey ne craint pas d’utiliser des stéréotypes qu’on pensait depuis longtemps éloignés des plateaux comme, par exemple, le fait de  placer sur un plateau nu des  comédiens assis sur le côtés, en attendant leur tour de jouer, dans un décor sinistre avec batteries de projecteurs apparents. Cela fait penser aux années 70 quand les metteurs français essayaient de faire brechtien en imitant-très mal- leur confrères allemands…
Les déplacements des comédiens ressemblent à des lignes géométriques, avec des éclairages sinsitres, et le spectacle,  qui tient un peu de la démonstration prétentieuse (du genre: regardez ce que je peux arriver à faire avec un texte difficile) et n’en finit pas de finir surtout dans la la première partie.
Quel ennui, quel délayage!  Et on ne nous fera pas croire que Mouawad avait besoin de plus de trois heures pour dire les choses qui lui tenaient à cœur! Et l’on sort de là quand même assez cassé par autant de longueurs et de redites…
Ce n’est sans doute pas, et de loin, sa meilleure pièce  mais, cela dit, l’aura de  Wajdi Mouawad  reste entière et  une grande partie du public applaudissait vigoureusement.
Nordey a su s’entourer de bons acteurs et  il y a quand même  de bons moments, grâce, en particulier à Lamya Regragui, tout à fait remarquable et juste, quand elle joue en arabe puis en français,  et à Véronique Nordey;  l’une comme l’autre ont à la fois un jeu remarquable et savent créer tout de suite l’émotion. Mais ces bons moments, il faut les payer! C
e soir-là, le plaisir théâtral n’était pas vraiment au rendez-vous…

Philippe du Vignal

Théâtre des Quartiers d’Ivry jusqu’au 27 mai, relâche lundi. T:  01 43 90 11 11

 


Archive pour 20 mai, 2012

INCENDIES

 

Incendies de Wajdi Mouawad, mise en scène Stanislas Nordey.


INCENDIES  incendies“Pourquoi as-tu quitté le pays (…) mes parents ne racontent rien”… Sur le grand plateau nu, dans un décor de parois gris-blanc, les neuf personnages qui s’avancent silencieux et se présentent l’un après l’autre.
Il y a trois Nawal, l’héroïne de cette douloureuse tragédie, l’une à 14 et 19 ans (Charline Grand) qui vit une belle histoire d’amour dans son village d’où elle devra s’enfuir après qu’on lui ait retiré son enfant. Une autre de 40 ans (Claire-Ingrid Cottenceau) qui le cherche toujours , mais qui se fait violer par son tortionnaire dont elle accouchera de deux jumeaux.
Une troisième de de 60 ans ( émouvante Véronique Nordey) qui meurt en laissant un testament énigmatique, que ses enfants ne doivent pas ouvrir avant d’avoir retrouvé leur père et leur frère aîné.
La pièce commence dans le bureau du notaire, exécuteur testamentaire de Nawal, qui exhorte Simon, le jumeau de Jeanne, à ne pas se laisser aller à une révolte injurieuse pour la mémoire de leur mère demeurée obstinément silencieuse depuis leur adolescence. Une longue quête guidée par le notaire, commence à travers le Liban déchiré dont on ne finit pas de décrire les atrocités.
Au bout du chemin,  la découverte d’une insoutenable vérité que les frères et sœurs réunis auront bien du mal à supporter. Comme pour les romans policiers, on ne vous révélera pas la clef de l’énigme. Malgré la longueur de la représentation (3 H 30 avec entracte!) interprétée par une  belle équipe d’acteurs fidèles à Nordey, on est saisi par la beauté de ce spectacle qui n’est jamais désespérant.
Décidément, tout comme Littoral  monté par son auteur,  puis ensuite à Choisy-le-Roi dans une mise en scène bien plus forte de Magali Leiris,  Incendies réalisé par Stanislas Nordey est plus étonnant que celui monté par Wajdi Mouawad au Théâtre 71 de Malakoff…

Edith Rappoport

 

 Il nous est difficile d’être d’accord avec notre chère consœur. Le scénario a grande allure mais nous avons trouvé le texte bien bavard et long comme un jour sans pain. Quand Edith Rappoport en parle, on a envie d’aller y voir de plus près mais quelle déception! En fait, la pièce tient plutôt d’une trop, vraiment trop longue suite de monologues, rythmée à coup de gong; quant à la mise en scène de  Nordey, elle est d’une belle précision mais d’une froideur assez clinique, presque glaciale, jusque dans les éclairages fluo, et n’aide en rien la pièce.
  Nordey ne craint pas d’utiliser des stéréotypes qu’on pensait depuis longtemps éloignés des plateaux comme, par exemple, le fait de  placer sur un plateau nu des  comédiens assis sur le côtés, en attendant leur tour de jouer, dans un décor sinistre avec batteries de projecteurs apparents. Cela fait penser aux années 70 quand les metteurs français essayaient de faire brechtien en imitant-très mal- leur confrères allemands…
Les déplacements des comédiens ressemblent à des lignes géométriques, avec des éclairages sinsitres, et le spectacle,  qui tient un peu de la démonstration prétentieuse (du genre: regardez ce que je peux arriver à faire avec un texte difficile) et n’en finit pas de finir surtout dans la la première partie.
Quel ennui, quel délayage!  Et on ne nous fera pas croire que Mouawad avait besoin de plus de trois heures pour dire les choses qui lui tenaient à cœur! Et l’on sort de là quand même assez cassé par autant de longueurs et de redites…
Ce n’est sans doute pas, et de loin, sa meilleure pièce  mais, cela dit, l’aura de  Wajdi Mouawad  reste entière et  une grande partie du public applaudissait vigoureusement.
Nordey a su s’entourer de bons acteurs et  il y a quand même  de bons moments, grâce, en particulier à Lamya Regragui, tout à fait remarquable et juste, quand elle joue en arabe puis en français,  et à Véronique Nordey;  l’une comme l’autre ont à la fois un jeu remarquable et savent créer tout de suite l’émotion. Mais ces bons moments, il faut les payer! C
e soir-là, le plaisir théâtral n’était pas vraiment au rendez-vous…

Philippe du Vignal

Théâtre des Quartiers d’Ivry jusqu’au 27 mai, relâche lundi. T:  01 43 90 11 11

 

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