Quand m’embrasseras-tu? 

Quand m’embrasseras-tu?  de Mahmoud Darwich, mise en scène de Claude Brozzoni.

  Claude Brozzoni en résidence à Annecy veut croire à un théâtre populaire contemporain. Avec comme appuis: la parole, la musique et l’image. Il avait déjà travaillé sur de grands textes comme  La Tempête de Shakespeare ou L’Iliade d’Homère mais aussi Kaillas de l’auteur autrichien Peter Turrini. Quand m’embrasseras-tu? qu’on avait pu voir àl a Manufacture au dernier festival d’Avignon, prend toute son ampleur dans la salle pleine des Métallos.
« Darwich, né en 1941 et  décédé en  2008, dit justement Brozzoni, est l’un des grands poètes arabes contemporains. Assigné à résidence pendant plusieurs années à Haïfa, et, après avoir vécu au Caire et à Beyrouth, il était revenu à Rammalah en 96. Il aura vécu et accompagné les soixante-dix dernière années de l’histoire de la Palestine: guerres, expulsions, trêves, couvre-feu, guerre, expulsions… Il se définissait comme le poète des vaincus mais se refusait à être réduit au rôle de porte-parole de la cause palestinienne.S a voix reste pourtant belle et pleine de paix. Elle ne se complait ni dans le cynisme ni dans la morosité, ni dans la détresse. Lyrique et humaniste, elle chante l’espoir de tous et de chacun ».
Le grand écran recouvert d’une écriture presque enfantine, raconte la nuit d’horreur où le poète est chassé de son village, et est recouvert rageusement par le peintre Thierry Xavier qui danse  sur la toile.
Abdelwaheb Sefsaf, lui, clame avec une belle fureur la détresse du peuple palestinien :  » Je découvrais une réalité nouvelle, celle qui me priverait à tout jamais de mon enfance : je suis ARABE ! (…)La terre des hommes est-elle, comme vous l’affirmez,  à tous les hommes ? (…) Silence pour Gaza !
Et les musiciens Georges Baux, Claude Gomez et Abdelwaheb Sefsaf-à l’orgue, à l’accordéon, aux cordes et aux percussions-font sonner ce verbe de révolte, jamais désespéré.

Edith Rappoport

Maison des Métallos jusqu’au 3 juin, du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 19 h, dimanche à 16 h. T:  01 49 05 88 27

Quand m'embrasseras-tu?   510784802


Archive pour 27 mai, 2012

La Metamorfosi

La Metamorfosi,  opéra de Silvia Colasanti, livret de Pier’Alti d’après Franz Kafka, mise en scène de Marco Angius, orchestre et chœur du Mai musical de Florence.

 La Metamorfosi Colasanti-spartiti Dans le joli théâtre  Goldoni,  situé dans un faubourg de Florence, la découverte de cet opéra écrit par cette jeune compositrice de 35 ans  qui s’est formée au Conservatoire Sainte-Cécile de Rome, puis auprès de Fabio  Vacchi et de Pascal Dusapin , est une belle surprise!
Le thème de cette nouvelle que Franz Kafka écrivit en 1915, est bien connu: un certain  Gregor Samsa, un voyageur de commerce  qui fait vivre sa famille , se réveille un matin transformé en insecte, une sorte de cafard. Il lui est impossible de sortir de son lit, malgré les prières  de sa mère, la colère de son redoutable père, et  les supplications de sa sœur  Grete qui l’aime tendrement.

   Quand son patron vient le chercher, il promet alors de se rendre à son travail par le train de 8 h d’une voix éraillée. Peine perdue! Il n’est en effet plus lui-même, et sa mère qui ne supporte pas  que son fils ait faim,  demande à sa sœur Grete de le nourrir en cachette. Mais Gregor doit se rendre à l’évidence et se soumettre à son père qui le maudit . Insecte, il reste insecte mais il continue à penser comme un être humain. Privée de ressources, la famille tente alors d’accueillir dans l’appartement familial des hôtes payants. mais,  terrifiés par la vue du cafard qui se tortille devant eux, ils vont partir sans  régler leur note. La seule solution sera évidemment de faire disparaître cet horrible cafard! C’est aussi une sorte de parabole. Dans cette famille en proie à ce cauchemar, il ya aussi métamorphose:  le père faible devient dur, et la tendre sœur cruelle et sans état d’âme
  Interprété derrière un transparent où sont projetées en vidéo les visions d’horreur du pauvre Gregor souffrant les affres d’un  Kafka qui subissait la haine de son père, père à la fois méprisé et admiré, cet opéra a d’étranges résonances. Gregor/le cafard est chanté par un excellent  chœur, et les  interprètes du père (Roberto Abbondanza), de la mère (Gabriella Sborgi), de Grégoire (Edaordo Lomazzi), de la sœur (Laura Catrani) ont une belle tenue, et on  ne décroche pas une seconde pendant les 90 minutes que dure  cette Metamorfosi

Edith Rappoport

Maggio musicale di Firenze,  Teatro Goldoni, ce 25 mai

 

Le bateau feu

 

Le Bateau Feu, scène nationale de Dunkerque, animé par l’équipe  dirigée par Hélène Cancel, est en travaux jusqu’à la fin 2013. Les spectacles sont  donc  » en promenade » dans différents lieux de l’agglomération, ce qui  permet de toucher de nouveaux publics . Du 9 mai au 2 juin, Le Bateau Feu organise un temps fort autour des marionnettes et du théâtre d’objets avec de la musique, du cinéma, et du théâtre de plage, dans des lieux parfois insolites.
Du quartier du Banc vert à l’ancien cinéma Merlen, de la maison de quartier au phare déserté de Gravelines, en pas
Le bateau feu tantot_215sant par le musée portuaire  et la piscine de Dunkerque, Michel Laubu, du Turak, Claire Dancoisne, du Théâtre de la Licorne, et la compagnie Tantôt,  ont écumé une dizaine de villes de l’agglomération secouée pendant le week-end… par des milliers de motards et le dimanche matin par les coureurs du Triathlon.

 

Tantôt et le tapis roulant,   périple marionnettiste et cinématographique d’Éric Bézy.

 Accueillis sur une plage, nous apercevons au loin une marionnette en bois immobile, qu’on est en train de filmer. On nous explique que Tantôt (c’est le nom de la marionnette) fait l’objet d’un film d’animation; avec pour chaque mouvement ,une photo, et les réalisateurs en prennent jusqu’à 720 par jour! Il faut parfois toute une journée pour réaliser une minute  de film.
On nous emmène ensuite dans le Tati roulant, un vieil autocar  aménagé en salle de cinéma, qui rappelle les roulottes de notre enfance avec un  mobilier bizarre est chaleureux. On peut y voir un film de Tantôt sur grand écran, et de petites vidéos. Tantôt sillonne les lieux les plus étranges depuis 2006 où Eric Bézy a fait  ses premières armes au Pronomades. Il sera présent aux Fêtes d’Amiens en juin prochain.
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  Fantastik(s) Peplums, écriture de François Chaffin, mise en scène et scénographie de Claire Dancoisne.

Claire Dancoisne promène depuis plus de vingt ans son univers décapant, plein d’une ironie noire, bien au delà du Nord-Pas-de-Calais et de Lille.On avait pu voir son Spartakus à Villeneuve-lez-Avignon, voilà deux ans, minuscule et hilarant spectacle de gladiateurs. Les épopées romaines conviennent bien à la Licorne : entre deux colonnes soutenues par les gladiateurs, on assiste à la naissance de l’empereur: est-ce Néron ou Caligula, c’est en tous cas un être noir et malfaisant, amoureux de Drusilla ou Drusaline sa sœur, qui préfère s’empoisonner  et mourir dans un bordel plutôt que de vivre avec ce frère malfaisant. 
  Caligunéron crache des insectes qui envahissent le plateau,et une  Rome noire eunuque  gargouille,  ça grouille de tous les côtés. Michel Wiame le comédien, aidé d’Amaury Roussel le manipulateur, arborent d’étranges masques dont la Licorne est familière, et font des prodiges pour faire vivre cette bande dessinée noire et pleine d’un humour (encore fragile selon  Claire Dancoisne pour ces premières représentations ). 
www.theatre-lalicorne.fr 

Gardiens de phare(s)  et autres loupiotes de et par Michel Laubu et Emilie Hufnagel, du Turak Théâtre  

Pour construire les errance de son gardien de phare, désormais sans phare, puisque les phares n’ont plus de gardien, Michel Laubu est parti pour les  îles norvégiennes Lofoten. au Nord du cercle polaire. Il joue  son spectacle dans un ancien cinéma de Gravelines, ville enrichie par l’énergie atomique produite par l’usine locale, au pied d’un phare  qui va l’accueillir le lendemain.
Il manipule  à bout de bras son gardien, personnage bancal à l’étrange visage blanc au nez crochu,  avec une tendresse émouvante. Ce gardien va pêcher du poisson , accompagné par une trompette, puis  on entend une  sirène,  et un homme à tête de poisson sort d’une valise lumineuse. On n’en finirait pas d’évoquer toutes les absurdités poétiques des aventures de ce gardien et de son troupeau de lampes…

Edith Rappoport


Le Bateau Feu, Dunkerque jusqu’au 27 mai T:  03 28 51 40 30.

 


 

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