Rose

Rose de Martin Sherman, traduction de Perrine Moran et Laurent Sillan,  mise en scène de Thierry Harcourt.

  Rose  arton3140-73798C’est la deuxième édition de ce festival  proposé par Olivier Meyer, directeur du T.O.P. qui accueille cette année des textes  de théâtre mais aussi,    une chorégraphie et une vidéo.
Avec des  spectacles déclinés au féminin où se succèdent des actrices d’âge et de style très différents; cela va de jeunes comédiennes comme Alexandrine Serre, formidable Olga des Trois Sœurs qu’elle joua avec ses deux vraies sœurs dans la mise en scène de son frère Volodia, Meriem Menant ou Noura Naghouche (voir pour chacune Le Théâtre du Blog), en passant par  la grande Dominique Valadié, mais aussi Juliette Roudet, Juliette Rizoud ou Anne Lévy.
La dernière de la série,  c’est Judith Magre, avec un monologue de Martin Sherman, scénariste et dramaturge américain, bien connu pour sa pièce Bent (1979), créée dans plus de 40 pays, et où il parle de la déportations des homosexuels par les nazis.

  Judith Magre, à 85 ans, a quelque chose d’inoxydable, sans doute grâce à une passion pour le théâtre comme pour le cinéma; une vie de travail acharné, où pas une seule année  elle n’ait été sur un plateau de théâtre ,de cinéma ou de télévision… Elle a tout joué, des plus classiques aux plus contemporains;  Huis-Clos de Sartre au feu Théâtre en rond,  où elle était une Inès fascinante de vérité,  à Tchekov, Eschyle, Brecht, Euripide, au T.N.P. de Vilar puis de Wilson, et dans la compagnie Renaud-Barrault mais aussi Giraudoux, Jon Fosse… Et elle a obtenu plusieurs Molière et prix de la Critique
  Rose a été créée à Londres en 2000 puis l’an passé à la Pépinière-Opéra. Seule sur le plateau, le plus souvent assise sur une longue banquette en bois où elle fait shiv’ha (les sept jours de deuil selon la religion juive), Rose nous dit , avec des mots très simples une histoire à la fois horrible et tendre: d’abord bouclée dans le ghetto de Varsovie, en proie à la peur, à l’entassement humain, Rose a connu  l’enfer de la faim, du froid et de la promiscuité:  » l’horreur, c’est quand douze personnes qui ronflent en même temps, dit-elle avec humour, dans le dénuement le plus total puis les  meurtres en série des familles juives par les nazis, celui de la petite fille Esther tuée d’une balle dans le front par un soldat allemand.
  Rescapée par miracle, Rose perdra  son mari, le peintre Yossel, et ses proches. Elle raconte qu’elle a eu  dans son stetl en Ukraine  ses premières règles en même temps qu’elle connaissait ses premiers progroms! Elle raconte aussi son arrivée en France, ses amours,  et son espoir déçu dans l’Exodus,le fameux bateau, chargé de milliers d’immigrants juifs, qui a dû faire marche arrière à proximité de la Palestine alors sous contrôle de l’armée britannique qui attaqua le bateau. L’Exodus  dut revenir en France puis débarquer à Hambourg et il finira ensuite  par arriver enfin en Israël. « On ne s’attendait pas à une telle conduite de la part d’un gouvernement britannique encore moins d’un gouvernement travailliste écrira Le Manchester Guardian…
Rose arrivera elle  aux Etats-Unis à Miami… Elle reviendra  en Israël  voir  ses enfants mais  elle va découvrir, horrifiée, une histoire qui bégaye avec l’oppression que subissent les Arabes chassés sans ménagement de leurs terres. Comme dans un cauchemar, elle assistera, impuissante, à la mort d’une petite fille arabe Nora El Karim. Avec une belle  distance et un humour des plus caustiques, Rose  n’en finit pas de se  raconter: » Ma mère était une sainte, c’était sans doute la seule chrétienne du shtetl ! « ou  » Les Juifs ne sont pas des visuels, regardez comment ils s’habillent!  »

  Le texte de Martin Sherman est parfois truffé de phrases un peu faciles mais la véritable épopée qu’ a vécue Rose s’écoute avec plaisir.  Malgré les dimensions et la configuration de la salle assez peu confortable, sur le plan visuel  et phonique.
Mais Judith Magre, comme d’habitude, arrive à maîtriser les choses, même si, au début surtout, elle a tendance à  bouler parfois son texte. Mais la performance de l’actrice, bien dirigée par Thierry Harcourt, est à la fois humble et très solide, impressionnante d’exigence et de vérité; Judith Magre, dans l’émotion comme dans le sarcasme, dans le tragique comme dans le rire, est vraiment, si les mots ont encore un sens, une grande actrice…
Si le spectacle passe près de chez vous, n’hésitez pas.

Philippe du Vignal

Théâtre de l’Ouest Parisien  Festival Seules… en scène les 29, 30 et 31 mai.


Archive pour 1 juin, 2012

Rose

Rose de Martin Sherman, traduction de Perrine Moran et Laurent Sillan,  mise en scène de Thierry Harcourt.

  Rose  arton3140-73798C’est la deuxième édition de ce festival  proposé par Olivier Meyer, directeur du T.O.P. qui accueille cette année des textes  de théâtre mais aussi,    une chorégraphie et une vidéo.
Avec des  spectacles déclinés au féminin où se succèdent des actrices d’âge et de style très différents; cela va de jeunes comédiennes comme Alexandrine Serre, formidable Olga des Trois Sœurs qu’elle joua avec ses deux vraies sœurs dans la mise en scène de son frère Volodia, Meriem Menant ou Noura Naghouche (voir pour chacune Le Théâtre du Blog), en passant par  la grande Dominique Valadié, mais aussi Juliette Roudet, Juliette Rizoud ou Anne Lévy.
La dernière de la série,  c’est Judith Magre, avec un monologue de Martin Sherman, scénariste et dramaturge américain, bien connu pour sa pièce Bent (1979), créée dans plus de 40 pays, et où il parle de la déportations des homosexuels par les nazis.

  Judith Magre, à 85 ans, a quelque chose d’inoxydable, sans doute grâce à une passion pour le théâtre comme pour le cinéma; une vie de travail acharné, où pas une seule année  elle n’ait été sur un plateau de théâtre ,de cinéma ou de télévision… Elle a tout joué, des plus classiques aux plus contemporains;  Huis-Clos de Sartre au feu Théâtre en rond,  où elle était une Inès fascinante de vérité,  à Tchekov, Eschyle, Brecht, Euripide, au T.N.P. de Vilar puis de Wilson, et dans la compagnie Renaud-Barrault mais aussi Giraudoux, Jon Fosse… Et elle a obtenu plusieurs Molière et prix de la Critique
  Rose a été créée à Londres en 2000 puis l’an passé à la Pépinière-Opéra. Seule sur le plateau, le plus souvent assise sur une longue banquette en bois où elle fait shiv’ha (les sept jours de deuil selon la religion juive), Rose nous dit , avec des mots très simples une histoire à la fois horrible et tendre: d’abord bouclée dans le ghetto de Varsovie, en proie à la peur, à l’entassement humain, Rose a connu  l’enfer de la faim, du froid et de la promiscuité:  » l’horreur, c’est quand douze personnes qui ronflent en même temps, dit-elle avec humour, dans le dénuement le plus total puis les  meurtres en série des familles juives par les nazis, celui de la petite fille Esther tuée d’une balle dans le front par un soldat allemand.
  Rescapée par miracle, Rose perdra  son mari, le peintre Yossel, et ses proches. Elle raconte qu’elle a eu  dans son stetl en Ukraine  ses premières règles en même temps qu’elle connaissait ses premiers progroms! Elle raconte aussi son arrivée en France, ses amours,  et son espoir déçu dans l’Exodus,le fameux bateau, chargé de milliers d’immigrants juifs, qui a dû faire marche arrière à proximité de la Palestine alors sous contrôle de l’armée britannique qui attaqua le bateau. L’Exodus  dut revenir en France puis débarquer à Hambourg et il finira ensuite  par arriver enfin en Israël. « On ne s’attendait pas à une telle conduite de la part d’un gouvernement britannique encore moins d’un gouvernement travailliste écrira Le Manchester Guardian…
Rose arrivera elle  aux Etats-Unis à Miami… Elle reviendra  en Israël  voir  ses enfants mais  elle va découvrir, horrifiée, une histoire qui bégaye avec l’oppression que subissent les Arabes chassés sans ménagement de leurs terres. Comme dans un cauchemar, elle assistera, impuissante, à la mort d’une petite fille arabe Nora El Karim. Avec une belle  distance et un humour des plus caustiques, Rose  n’en finit pas de se  raconter: » Ma mère était une sainte, c’était sans doute la seule chrétienne du shtetl ! « ou  » Les Juifs ne sont pas des visuels, regardez comment ils s’habillent!  »

  Le texte de Martin Sherman est parfois truffé de phrases un peu faciles mais la véritable épopée qu’ a vécue Rose s’écoute avec plaisir.  Malgré les dimensions et la configuration de la salle assez peu confortable, sur le plan visuel  et phonique.
Mais Judith Magre, comme d’habitude, arrive à maîtriser les choses, même si, au début surtout, elle a tendance à  bouler parfois son texte. Mais la performance de l’actrice, bien dirigée par Thierry Harcourt, est à la fois humble et très solide, impressionnante d’exigence et de vérité; Judith Magre, dans l’émotion comme dans le sarcasme, dans le tragique comme dans le rire, est vraiment, si les mots ont encore un sens, une grande actrice…
Si le spectacle passe près de chez vous, n’hésitez pas.

Philippe du Vignal

Théâtre de l’Ouest Parisien  Festival Seules… en scène les 29, 30 et 31 mai.

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