Quichotte

Quichotte, opéra-jazz, livret de Jean-Luc Lagarce, musique de Kate et Mike Westbrook, mise en scène de Charlotte Nessi.

Pour les trente ans de l’Ensemble Justiniana, Charlotte Nessi,  qui dirige aussi le Théâtre de Vesoul, a repris son premier spectacle, cet étrange Quichotte conçu par le jeune Jean-Luc Lagarce, bien avant que son œuvre ne devienne célèbre, après sa disparition…
Charlotte Nessi a mis en scène  des opéras en pleine nature,  notamment La petite renarde rusée de Janacek,  Carmen de Bizet, La petite Messe solennelle de Rossini, etc… qu’elle a  créés dans de nombreux  villages de Franche-Comté, avec la participation de chorales locales d’amateurs  d’un très bon niveau. Certains de ses spectacles ont été présentés à l’Opéra-Bastille ou en tournée, notamment Guys and dolls, opéra d’enfants qu’on avait pu voir au Centre d’Art et de Plaisanterie de Montbéliard.
Nous arrivons à l’orée d’un bois où l’on achète ses billet à dix  euros; le public  en anorak, est plutôt âgé, et  il bruine. Première station,  pour une ouverture musicale dans un taillis au bord du chemin. Après quelques pas, on escalade une butte pour entendre une trentaine de choristes, puis on nous guide au bout du chemin jusqu’à un vallon où est installé le décor d’un motel décati, avec deux pompes à essence, et un bar pour servir les rares passants; un petit orchestre de cuivres et piano, que son chef dirige, dissimulé derrière la pompe à essence, est heureusement abrité sous un auvent car la pluie devient insistante…
Maja Pavloska incarne Toboso, la patronne du motel, clamant sa solitude, abandonnée par un amant de passage, qu’elle continue à attendre. La serveuse (Silvia Vadimova) attend, elle aussi, son amant disparu; le pompiste (Pascal Toussaint) clame son désir de partir car les clients se font attendre. Mais une cinquantaine de touristes débarquent d’un vieux car, et  envahissent le motel…On continue vainement à chercher les traces de Don Quichotte, jusqu’à l’arrivée d’un couple de motards, héros de la fable, un dodu Sancho Panza et un don Quichotte qui agonisera, laissant dans le désespoir sa Toboso de patronne.
Malgré le bel engagement des musiciens et des choristes, et le stoïcisme des  spectateurs restés sous la pluie, on se demande pourquoi Charlotte Nessi a voulu reprendre cet opéra de Jean-Luc  Lagarce, qui est loin d’être le meilleur qu’elle ait mis en scène. Même  si  son auteur est  né en  Franche-Comté et  si elle y a fondé sa compagnie…

Edith Rappoport

Bois de Roset Fluans (Doubs).
Les 23 et 24 juin à Bermont (90) et le 30 juin à la Saline royale d’Arc-et-Senans.
T: 03-81-21-62-89

www.justiniana.com

 


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