Melos-tempo

Melos-tempo dirigé par Marc Togonal et Le Théâtre de l’Unité.

Aubades, sérénades, infiltrations poétiques, occupations illicites en tout genre, pas de micros, pas de sonos… avec la participation du conservatoire de musique du Pays de Montbéliard et le soutien de la Ville d’Audincourt.
“De l’aube au crépuscule, de la musique douce, douce, douce”… c’est une vraie profession de foi réalisée par  deux équipes qui ont mis toute leur énergie créatrice dans un dialogue avec les « petites gens », riches en humanité et  qui n’adorent pas le veau d’or. A 7 heures du matin, ce 21 juin, on pouvait voir les huit musiciens de Melos Tempo,  à l’arrêt des bus,  perchés sur des promontoires interpréter du Tchaïkovski, pendant que la brigade rouge d’intervention poétique du Théâtre de l’Unité s’allongeait par terre devant le flot des gens qui partaient au travail déconcertés par cette tentative de ralentissement du monde ! Pendant que les  musiciens jouaient de grands morceaux classiques, la brigade entrait dans les bus pour en sortir aussi vite, hélait les voitures pour les faire ralentir, se couchait sur des capots, quelques fumeurs goguenards écoutaient surpris, d’autres ne tournaient pas la tête sauf quand La fanfare des Grooms montait dans les cars. Ils  écoutaient alors, surpris La Petite Musique de nuit de Mozart..
La brigade partait ensuite pour une aubade à la poste centrale d’Audincourt, puis entonnait un chœur de chants orientaux et suivait le facteur Laurent Schwarz pour sa tournée en vélo dans la rue principale, pour dire des poèmes de Prévert dans des salons de coiffure, ou chanter dans une banque. On pouvait  suivre au Super U, à Intermarché et chez Grand Frais, cette brigade rouge qui conduisait une file de caddies  ou faisait la queue aux caisses en entonnant une chanson devant des clients et des caissières réjouies. À Super U, le responsable de magasin  sans doute inquiet d’une chute possible des ventes, faisait grise mine.
On partait ensuite pour le beau quartier rénové des Montanots. Beaucoup d’enfants couraient sur la belle pelouse centrale, et  Marc Togonal jouait  du violon devant les fenêtres ouvertes des maisons et pour les promeneurs assis sur les bancs. Il y  avait ensuite un bon repas  et une  maman avait apporté d’excellentes crêpes pendant  chantait un chœur d’enfants de la maternelle voisine.
Puis on partait pour l’ usine Faurecia, où 800 employés fabriquent des pare-chocs pour le monde entier; usine très surveillée:  il fallait suivre une certaine Émilie sur un parcours précis, et en ne dépassant pas  les lignes blanches !
Puis,  ce fut l’Ouverture de La Traviata de Verdi et La Valse de Chostakovitch (bien connue grâce à une pub) jouées sur une pelouse pendant la pause des chercheurs de l’usine , puis  des chansons des Beatles et d’Offenbach devant  l’atelier 60, quand  les ouvriers  faisaient eux aussi leur pause. Sur une chaîne de montage, résonnaient  les mêmes musiques; belle émotion: cela rappelait le climat des  usines occupées en 1968… Une ouvrière avouait n’avoir jamais vu ça en quarante  ans de maison !
On repartait pour la rue centrale où Marc Togonal jouait du violon en visitant des jardins . On pouvait aussi assister à un concert de clarinettes à Litrimarché, puis suivre deux violonistes  sur le bateau d’un sauveteur en mer, le long du Doubs. Le ciel devenait menaçant, il fallait repartir vers l’Hôtel de Ville où  un podium était dressé, avec un piano abrité par un auvent. L’orage éclata en effet,  et le public se réfugia dans l’entrée, pour entendre un concert de violes de gambe par l’ensemble de Belfort-Montbéliard .D’autres orchestres ont aussi joué du Borodine, etc…
Pour clore la soirée, avec le beau temps revenu, on a pu apprécier l’orchestre junior d’Audincourt accompagné d’un choeur d’adultes, puis un émouvant ensemble à cordes des enfants des Buis, (un an seulement de formation collective!), garçons et filles de moins de dix ans en grande tenue, concentrés sur leur instruments, dirigés par leur jeune chef Vincent Nommay dansant avec sa baguette. L’Alleluia de Haendel retentissait entonné par un chœur d’adultes,et les familles enthousiastes de ces enfants d’émigrés étaient enthousiastes. Melos Tempo a entamé un travail exceptionnel d’irrigation musicale dans la région,  avec un festival encore modestement soutenu à Saint-Hippolyte. Ce  travail de formation très prometteur a trouvé une belle alliance avec le Théâtre de l’Unité présent depuis 1991 dans la région. La fête de la musique avait  retrouvé ici son sens originel !

Claude Alexandre

www.net1901.org/association/ASSOCIATION-POUR-LE-DEVELOPPEMENT-ARTISTIQUE-MELOS-TEMPO


Archive pour 26 juin, 2012

L’art du bâton ou Tahtib en Egypte

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L’art du bâton ou Tahtib en Egypte.

Le 21 juin, nuit du solstice d’été, est devenue, à l’initiative de Jack Lang  alors Ministre de la Culture, la Fête de la musique. Dans les jardins du Louvre, démonstration du Centre des arts du bâton Medhat Fawzi de Mallawi (Moyenne Egypte), avec le soutien de l’ambassade d’Egypte qui, à l’invitation de l’Ecole du Louvre, présentait l’art traditionnel du bâton.
La rencontre, organisée par Adel Paul Boulad, professeur d’arts martiaux, directeur de l’association Seiza, est précédée d’une conférence qu’il donne en compagnie de l’égyptologue Dominique Farout. Boulad promeut le Tahtib, art martial et festif qu’il cherche à développer. Il y voit en effet un vrai défi en termes d’éducation dont pourrait s’emparer le système scolaire de son pays. Hassan El Geretly, directeur du Warsha Théâtre au Caire, travaille lui sur la tradition et la mémoire et mêle à ses spectacles le geste chorégraphié et rituel de cet art millénaire. Il a fondé, en 96, le centre des arts du bâton Medhat Fawzi qu’il soutient depuis.
On trouve sur les murs des temples de Louqsor, les tombes de la vallée des rois à Thèbes et de Beni Hassan près d’El Minya, et dans bien d’autres hauts lieux d’Egypte, fresques, bas-reliefs et ostracons qui témoignent de l’activité de jouteurs et de musiciens. Dominique Farout nous invite à un voyage historique: cet art du bâton, codifié et gravé depuis l’ère pharaonique remonte à la Vème dynastie (2.800 avant J.C.)
Au départ, sorte de liane enroulée aux arbres du Sud-Est asiatique, il est maintenant un bâton de rotin d’environ un mètre trente, acheté au marché aux chameaux que l’on redresse au chalumeau, comme le dit Adel Boulad. Le jouteur et le bâton deviennent un, symbole de l’être accompli.

Cet art du bâton s’inscrit dans le temps des campagnes et dans les rites populaires : « En Haute et Moyenne Egypte, aucun heureux événement (victoire, mariages, baptêmes), ne se déroule sans la présence du Tahtib. Le port de ce bâton légendaire est devenu le témoin incontesté de la joie de vivre ». A certains moments de l’histoire, il a aussi rythmé les fêtes religieuses ou funéraires.
Dans la tradition, l’assemblée forme un cercle, garant d’un esprit de loyauté, de dignité et de fête. Les musiciens soufflent dans leurs mizmars aux sons suraigus, battent la darbouka et le bendir. On entend parfois les cordes du rababa ou les anneaux métalliques du diouf. Les instruments dialoguent entre eux, mais aussi avec  les jouteurs et portent le geste.
Les démonstrations dans les jardins du Louvre, puis dans la cour intérieure de l’Institut du Monde Arabe, ont permis au cercle d’un public aux aguets d’entrer dans le va-et-vient des codes et des rites. Entre l’individuel et le collectif, la danse et le combat, l’art du bâton est fait de glissements et de grâce. Souplesse, rythmes et musiques ; ruse, art et énergie ; ludique, souffle et contrôle, étaient au rendez-vous. « C’est l’art du musicien que d’accorder son chant au chant du cœur du monde » écrit Attar dans La Conférence aux oiseaux. Le bâton est parfois comme un oiseau…

Brigitte Rémer

Guingamp les 23 et 24 juin, ; Région Centre du 25 juin au 1er juillet; Romans du 2 au 8 juillet ; Région de Lyon et Nevers du 9 au 15 juillet, et Gannat, Festival des cultures du monde du 16 au 29 juillet

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