Je suis allé si loin dans le sang

Je suis allé si loin dans le sang, Macbeth, Richard, scènes de Shakespeare, classe de Sandy Ouvrier, aux journées du Conservatoire national supérieur d’art dramatique.

Un Shakespeare et un Macbeth peuvent en cacher un autre, et le vendredi soir peut  avoir des airs de jeudi soir jusque dans le titre/citation du texte; ainsi Shakespeare est aussi  revisité au Conservatoire avec  seize élèves dirigés par Sandy Ouvrier, comme il l’était la veille au Théâtre de l’Epée de bois avec ceux de l’Ecole du Théâtre national de Bretagne.
On vous avait déjà dit tout le bien que l’on pensait en 2009 et 2010 de son travail pédagogique, notamment sur Tchekov. Mais, cette fois, le résultat est inégal, et assez décevant.

 D’abord Macbeth: cela commence plutôt mal avec la fameuse scène du portier qui est une occasion de faire entrer tous les élèves par la porte et de les faire ressortir par la salle ( oufa!ouaf! ouaf!)où Sandy Ouvrier fait souvent jouer les élèves jusque dans les loges d’avant-scène!. C’est le genre de fausses bonnes idées, usées jusqu’à la corde et qui, malheureusement, vont plomber la soirée.
Comme dans cette scène, où Pauline Bolcatto, Hélène Rencurel et Anaïs Thomas se retrouvent ainsi en slip et soutien-gorge noirs en fond de scène. Il y a aussi une lady Macbeth en travesti pendant quelques minutes…Désolé,  mais tout cela fait gadget et n’apporte pas grand chose.  Et comme il faut quand même donner son petit morceau d’entrecôte à chacun, les Macbeth et les Lady Macbeth puis les Richard se succèdent vite, avec quelques effets lumineux pour épicer les choses.
Mais aucun de ces élèves  n’a évidemment l’âge du rôle, et n’a de toute façon pas le temps d’entrer dans le personnage, de façon à le rendre crédible: à l’impossible nul n’est tenu… Et c’est une performance que l’on n’exigerait pas d’un acteur confirmé…

 On arrive quand même à repérer Yasmine Nadifi dans la  scène où Lady Macbeth à l’acte 5 est effrayée par l’odeur du sang avec la fameuse  phrase « Tous les parfums d’Arabie ne pourront purifier cette petite main »… Là, tout d’un coup, pendant quelques minutes, il se passe enfin quelque chose. Après l’entracte,  les choses s’améliorent  un peu,  et la scène  à la Tour de Londres est assez juste; l’on y retrouve dans le personnage de Richard III, l’excellent Sylvain Levitte, qu’avait déjà employé  Lavelli,  …. Mais les juens comédiens qui jouent Richard   ont  tendance à surjouer et à crier, comme pour imposer leur personnage, ce qui n’est pas bien du tout. Qu’ils n’aient pas encore appris cela au Conservatoire est incompréhensible.
Cela dit, il y a une excellente scène,  d’ailleurs aussitôt applaudie,  où Pierre Giafferi, lui aussi excellent et tout à fait crédible, a le temps nécessaire d’avoir un véritable dialogue avec Lady Anne que joue,  avec beaucoup de force et de vérité, Hélène Rencurel (bon sang de mère, bonne actrice et de génial  grand-père, acteur, metteur en scène, et directeur exemplaire de théâtre ne saurait mentir; c’est d’ailleurs très émouvant cette même silhouette., quelque cinquante ans après..).
Mais, après encore quelques scènes, jouées par d’autres élèves, qui se succèdent sans grand relief, et de façon assez approximative, nous avons déclaré forfait. L’ensemble durait plus de trois heures!

 En fait, cette présentation de travail hésite entre la démonstration et une  mise en scène qui n’ose pas dire son nom et qui  reste souvent assez conventionnelle, (surlignage de musique d’opéra, effets de music-hall jusque dans les poursuites/lumière et les costumes  vulgaires, style BD assez facile! Sandy Ouvrier aurait pu nous épargner cela là,et  très franchement, le compte n’est  pas tout à fait!
Certes, il y a parfois de belles images, comme cette grande table autour de laquelle sont assis, dans un clair-obscur, les seize élèves, presque  une copie conforme de celle de L’Ecole du Théâtre national de Bretagne. Ou ces assassinats en direct et en gros plan, avec du sang dégoulinant du couteau qui tranche la gorge. Mais, comme hier, il est  difficile,  de repérer des acteurs, ce qui est quand même, si on a bien compris, un peu le but de l’opération.
Ce n’est pas l’enseignement de Sandy Ouvrier qui est en cause,  mais Daniel Mesguisch devrait étudier sérieusement un mode plus efficace de présentation de travaux; il faudrait en tout cas que chaque élève puisse avoir un vrai et beau moment  où il puisse montrer ce qu’il sait faire. Mais ce saupoudrage de scènes n’est absolument pas efficace et souvent  même ennuyeux…

Philippe du Vignal

Théâtre du Conservatoire jusqu’au samedi 30 juin à 20 heures. Entrée libre


Archive pour 30 juin, 2012

Je suis allé si loin dans le sang

Je suis allé si loin dans le sang, Macbeth, Richard, scènes de Shakespeare, classe de Sandy Ouvrier, aux journées du Conservatoire national supérieur d’art dramatique.

Un Shakespeare et un Macbeth peuvent en cacher un autre, et le vendredi soir peut  avoir des airs de jeudi soir jusque dans le titre/citation du texte; ainsi Shakespeare est aussi  revisité au Conservatoire avec  seize élèves dirigés par Sandy Ouvrier, comme il l’était la veille au Théâtre de l’Epée de bois avec ceux de l’Ecole du Théâtre national de Bretagne.
On vous avait déjà dit tout le bien que l’on pensait en 2009 et 2010 de son travail pédagogique, notamment sur Tchekov. Mais, cette fois, le résultat est inégal, et assez décevant.

 D’abord Macbeth: cela commence plutôt mal avec la fameuse scène du portier qui est une occasion de faire entrer tous les élèves par la porte et de les faire ressortir par la salle ( oufa!ouaf! ouaf!)où Sandy Ouvrier fait souvent jouer les élèves jusque dans les loges d’avant-scène!. C’est le genre de fausses bonnes idées, usées jusqu’à la corde et qui, malheureusement, vont plomber la soirée.
Comme dans cette scène, où Pauline Bolcatto, Hélène Rencurel et Anaïs Thomas se retrouvent ainsi en slip et soutien-gorge noirs en fond de scène. Il y a aussi une lady Macbeth en travesti pendant quelques minutes…Désolé,  mais tout cela fait gadget et n’apporte pas grand chose.  Et comme il faut quand même donner son petit morceau d’entrecôte à chacun, les Macbeth et les Lady Macbeth puis les Richard se succèdent vite, avec quelques effets lumineux pour épicer les choses.
Mais aucun de ces élèves  n’a évidemment l’âge du rôle, et n’a de toute façon pas le temps d’entrer dans le personnage, de façon à le rendre crédible: à l’impossible nul n’est tenu… Et c’est une performance que l’on n’exigerait pas d’un acteur confirmé…

 On arrive quand même à repérer Yasmine Nadifi dans la  scène où Lady Macbeth à l’acte 5 est effrayée par l’odeur du sang avec la fameuse  phrase « Tous les parfums d’Arabie ne pourront purifier cette petite main »… Là, tout d’un coup, pendant quelques minutes, il se passe enfin quelque chose. Après l’entracte,  les choses s’améliorent  un peu,  et la scène  à la Tour de Londres est assez juste; l’on y retrouve dans le personnage de Richard III, l’excellent Sylvain Levitte, qu’avait déjà employé  Lavelli,  …. Mais les juens comédiens qui jouent Richard   ont  tendance à surjouer et à crier, comme pour imposer leur personnage, ce qui n’est pas bien du tout. Qu’ils n’aient pas encore appris cela au Conservatoire est incompréhensible.
Cela dit, il y a une excellente scène,  d’ailleurs aussitôt applaudie,  où Pierre Giafferi, lui aussi excellent et tout à fait crédible, a le temps nécessaire d’avoir un véritable dialogue avec Lady Anne que joue,  avec beaucoup de force et de vérité, Hélène Rencurel (bon sang de mère, bonne actrice et de génial  grand-père, acteur, metteur en scène, et directeur exemplaire de théâtre ne saurait mentir; c’est d’ailleurs très émouvant cette même silhouette., quelque cinquante ans après..).
Mais, après encore quelques scènes, jouées par d’autres élèves, qui se succèdent sans grand relief, et de façon assez approximative, nous avons déclaré forfait. L’ensemble durait plus de trois heures!

 En fait, cette présentation de travail hésite entre la démonstration et une  mise en scène qui n’ose pas dire son nom et qui  reste souvent assez conventionnelle, (surlignage de musique d’opéra, effets de music-hall jusque dans les poursuites/lumière et les costumes  vulgaires, style BD assez facile! Sandy Ouvrier aurait pu nous épargner cela là,et  très franchement, le compte n’est  pas tout à fait!
Certes, il y a parfois de belles images, comme cette grande table autour de laquelle sont assis, dans un clair-obscur, les seize élèves, presque  une copie conforme de celle de L’Ecole du Théâtre national de Bretagne. Ou ces assassinats en direct et en gros plan, avec du sang dégoulinant du couteau qui tranche la gorge. Mais, comme hier, il est  difficile,  de repérer des acteurs, ce qui est quand même, si on a bien compris, un peu le but de l’opération.
Ce n’est pas l’enseignement de Sandy Ouvrier qui est en cause,  mais Daniel Mesguisch devrait étudier sérieusement un mode plus efficace de présentation de travaux; il faudrait en tout cas que chaque élève puisse avoir un vrai et beau moment  où il puisse montrer ce qu’il sait faire. Mais ce saupoudrage de scènes n’est absolument pas efficace et souvent  même ennuyeux…

Philippe du Vignal

Théâtre du Conservatoire jusqu’au samedi 30 juin à 20 heures. Entrée libre

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