Festival de Teatro a Corte de Turin

MALEDICTION  Dudapaïva companyy Moncalieri Castello

Conception et chorégraphie Duda Païva et Paul Selwyn Norton, mise en scène Neville Tranter
Deux hommes vêtus de noir pénètrent sur ce grand plateau poussant une table d’opération et revêtent deux grands tabliers blancs. Il extraient de petits morceaux de chair rouge, dansent avec leurs doigts sanglants, enlèvent le drap, une forme verte en surgit, c’est une tête au nez crochu, d’abord sans corps, qui se reconstitue comme par magie. La manipulation tourbillonnante de pantins qui éclatent, qui se dispersent avec un bel humour est entrecoupée de petites danses des deux compères et de projections moins intéressantes. Mais on ne boude pas son plaisir devant ces manipulations magiques et grotesques.

Edith Rappoport

LES SLOVAKS, SOLO Peter Jasko, Palazzo Reale

Peter Jasko, danseur slovaque formé à la danse classique, ayant exploré les traditions de son pays, les danses gitanes etc, a travaillé avec Sidi Larbi Cherkaoui et d’autres grandes compagnies. Installé à Bruxelles, il a fondé les Slovaks, collectif de cinq comédiens et danseurs. Deux petites cabanes en bois mystérieuses sont installées aux coins de la Piazza Real. Il s’en échappe des bruits étranges qui avaient même alerté la police, quand on s’approche on aperçoit des paysages changeants à travers un oeilleton…Mais il n’y a personne à l’intérieur !
Peter Jasko fait un solo devant le château près d’une des cabanes. Il danse avec une canne, il met une balle en équilibre sur son cou, la rattrape. Il jongle, se tortille dans d’invraisemblables positions, se roule dans une confusion de cordes. Malgré sa grande dextérité et une belle énergie vitale, aucune émotion ne surgit de son solo dans ce splendide espace. On se demande quel était le rôle de la cabane mystérieuse…

Edith Rappoport


 WHEN WE MEET AGAIN Me and the machine, Sam Pearson, Clara Garcia Fraile, Cavalerizza Reale
Inscrite pour un rendez-vous de dix minutes avec cette étrange compagnie, on me munit de lunettes, d’écouteurs avant de me faire pénétrer dans un couloir noir. On m’invite à regarder un écran où l’on peut voir un autre personnage faire les mêmes mouvements que moi. Aucun souvenir du discours ni de la musique dans les écouteurs. J’ai une allergie à ce genre d’expérience d’artistes qui maîtrisent une technique et n’ont rien à dire qui me parle. Je ne suis pas résolument moderne !

Edith Rappoport

DUO  Jérôme Thomas invite Jean François Baez, Castello Moncalieri, Festival de Teatro a Corte

Dans la cour intérieure de ce splendide château Moncalieri, un grand plateau est dressé devant des gradins. On nous demande de patienter à cause du vent qui peut gêner le jongleur. Jérôme Thomas entre en scène, il a l’allure d’un représentant de commerce avec son costume gris et sa cravate. Il n’a rien perdu de son étonnante dextérité découverte au Théâtre 71 de Malakoff au début des années 2000, et l’accordéon de Jean-François Baëz vient éclairer musicalement ses performances. Mais son art tient plus de celui d’un bonimenteur décidé à nous vendre son produit que celui d’un poète, malgré la beauté de la musique qui l’accompagne. Il jongle avec une canne, avec trois balles, six balles, douze balles à une vitesse prodigieuse, il veut nous séduire mais on ne comprend pas ce qu’il raconte, sauf quand un “Fait chier” lui échappe…Trop long de toutes façons, on en a pour vingt minutes étonnantes et il faut tenir une heure !

Edith Rappoport


ELECTRO KIF  pièce chorégraphique de Blanca Li, Théâtre Astra, Festival de Teatro a Corte de Turin

Musique originale Tao Gutierrez, création lumières Jacques Chatelet

Festival de Teatro a Corte de Turin 4472627-6716298C’est pour moi le premier spectacle de Blanca Li qui avait fondé sa compagnie en 1993. Ses spectacles, elle en a monté une douzaine, faisaient l’objet d’intenses polémiques dans les milieux avertis. On peut simplement dire qu’elle ose (voir le petit film sur Le jardin des délices sur internet) et qu’elle décoiffe son public). Elle a conquis de nombreux prix et une notoriété internationale qui n’ont pas entamé sa simplicité.
Nous sommes assis dans le foyer du Théâtre Astra, une jeune femme arrive perchée sur de très hauts talons, robe noire en dentelle très courte, elle esquisse de poses lascives, se fait enlacer par un bel éphèbe, ils esquissent des pas de danse au son de Billie Halliday.
Nous rentrons dans la salle bourrée pour Electro Kif. Blanca Li est “tombée en amour” avec cette danse Electro apparue dans le Val de Marne à l’orée des années 2000. Elle a choisi les huit jeunes danseurs étonnants de virtuosité qui s’amusent prodigieusement à jouer les élèves attentifs d’un cours de maths ardu, assis sagement à leurs tables. Ils s’en évadent pour danser avec une virtuosité éblouissante, une équipe sportive, un choeur rythmé sur les tables, une pyramide de têtes…Sur des musiques variées, il y a aussi du piano classique, et de splendides éclairages, le sol devient rouge ardent, vert, jaune, le public est conquis par l’humour de la mise en scène de ces jeunes danseurs.

Edith Rappoport

www.blancali.com

 

 

MINOTAURO Teatro de la Ribalta di Bolzano, Teatro a Corte, Turin. Mise en scène Antonio Vigano.

Deux femmes sont assises en haut d’une pente escarpée, l’une d’elles en robe écarlate porte un bouquet de roses rouges sur son épaule, l’autre est vêtue de noir. Une tête de taureau est posée à côté d’elles, la rouge en coiffe la noire qui se retrouve à terre près d’une chaise où une jeune handicapée relève la tête. La noire parsème autour du plateau des poignées de terre brune, se roule dedans, s’en enduit, tente vainement d’escalader la pente, mais retombe dix fois. Les roses rouges sont lentement jetées, une à une sur le plateau. Il y a une mise a nu d’un petit homme très décidé et plein d’énergie, un fil rouge vomi, la tête de taureau coiffée puis déposée. Ce spectacle très plastique, avec des images fortes et violentes suscite une belle émotion, lorsqu’on découvre au salut que cette énergie salutaire est portée par trois des quatre acteurs “en situation de handicap”.

Le Teatro de la Ribalta né en 1983 avait obtenu de nombreux prix notamment celui du du public avec la compagnie de l’Oiseau Mouche au Grand Bleu de Lille en 1995.

Edith Rappoport

 


 

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