Le Théâtre populaire

Le Théâtre populaire , un week-end citoyen au Théâtre du Peuple, débat avec Jack Ralite, Vincent Goethals, Robin Renucci, Michel Simonot, Patrick Sourd, Emmanuel Wallon

  Le Théâtre populaire J.RaliteCe 27 juillet, dans la salle du Théâtre du Peuple, bourrée, le débat est animé par Jean-Michel Flagotier, le nouvel administrateur du Théâtre du Peuple. Le toujours jeune Jack Ralite, grand lecteur, ouvre le débat avec son dynamisme intact. Il cite Péguy et évoque le travail inlassable de Pierre Chan, nouveau directeur du Théâtre du Peuple, qui a su transformer Bussang,  en conservant une place importante pour les amateurs et en donnant une place aux auteurs dans le cadre d’une vraie politique d’Éducation populaire. Il a su  aussi développer une politique territoriale; le Théâtre du Peuple a en effet  été racheté par l’État, et il a donc pu réaliser les indispensables travaux de rénovation pour accueillir 25 000 spectateurs pendant la saison d’été.
« Quand l’État donne un € pour la culture, cela rapporte quatre €. La grande affaire est de mettre la main sur l’âme. Vilar disait “quand quelque chose marche bien, il est temps de réfléchir à autre chose. Nous sommes inachevés, chacun se dépasse avec la culture, c’est l’honneur de l’esprit humain ! »
Il salue Aurélie Filipetti,  notre ministre qui a su réussi à dégeler la réserve de 6% sur le spectacle vivant:  » Pouvoir, c’est savoir,  et savoir, c’est explorer l’inédit. Culture, éducation et recherche sont prioritaires. La mémoire doit être une force et non un fardeau. On ne crée pas sur ordre, quand un art se fige, il meurt. Le travail est malade, on n’y respire plus, on devient boxeur manchot. On assiste aujourd’hui à la destruction du travail bien fait ».

Emmanuel Wallon rappelle, lui, les 120 années du Théâtre du Peuple qui fut fondé par Maurice Pottecher, et le rôle joué par la revue Théâtre Populaire de 1953 à 1964, et celui de Théâtre Public
Michel Simonot évoque l’histoire, la bataille pour la définition du mot populaire. « La culture est encore très menacée, dit-il.  La Convention,  en 1794,  avait associé théâtre et peuple. Au cours des années 1960-1970, on se préoccupait de ceux qui étaient privés de culture. On parle maintenant de public empêché et de territorialisation de la culture. Nous sommes actuellement face à l’injonction de remplir de plus en plus vite des salles de plus en plus grandes. Cela pose le problème du temps consacré à l’action artistique et culturelle. 52% du public de Bussang reste issu de milieux élevés ».
Vincent Goethals a fait le choix de s’associer à un auteur vivant chaque année. Il y a eu 50 représentations cet hiver, en appartement et ailleurs, avec deux acteurs sur des textes de Laurent Gaudé. Le Théâtre populaire doit parler d’aujourd’hui !

Un spectateur souligne que  les meilleures représentations sont dues à la mixité des publics. « Il faut, dit-il  intéresser les femmes de ménage comme les profs de facultés. » Une spectatrice évoque, elle,  la carrière des artistes dont certains se construisent une carrière en se faisant nommer à la tête d’institutions. Il y a une perte des valeurs, des effets pervers quand se créent des fiefs, de seigneuries, avec inévitables renvois d’ascenseurs. Si le peuple n’a plus de travail, le théâtre ne peut plus être populaire. Le mélange amateurs et professionnels permet un travail avec le public populaire.
Jack Ralite conclut en citant René Char : “L’inaccompli bourdonne d’essentiel” Il évoque le 25e anniversaire des États généraux de la Culture à la rentrée.

Edith Rappoport

colloque

 


Un commentaire

  1. edith rappoport dit :

    Merci pour cette belle photo du toujours jeune Jack Ralite

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