La Baronnade
La Baronnade par la Fanfare des Grooms.
Les Grooms ont encore frappé… Et c’est à Aubin, dans le Nord de l’Aveyron, tout près de Decazeville, dans le cadre du Patrimoine en scène, organisé par la communauté de communes pour les journées du Patrimoine. Entreprise supervisée par l’équipe de Derrière le hublot, le festival de Capdenac, à quelques kilomètres dans le Lot.
Aubin, située sur un piton rocheux, est une petite ville de 4.000 habitants qui possède encore un fort, une halle aux grains, de belles maisons à colombages et deux église romanes mais aussi un Musée de la mine, puisque jusqu’au milieu du 20ème siècle, Aubin vécut grâce à l’exploitation du charbon.
C’est aussi (mais il n’y a pas encore de plaque commémorative) le lieu où vécut ses vingt premières années, Claudine Chaigneau, notre chef-blogueuse préférée qui était présente. Donc, Les Grooms avant de repartir vite fait pour Lorient, ont investi les ruelles de la vieille ville d’Aubin avec La Baronnade, un spectacle de 2002, donc tout à fait rodé, et, où, à leur habitude, les huit instrumentistes (un tuba, deux clarinettes, quatre saxos et un trombone) et deux chanteurs lyriques Sevan Manoukian et Jacques Auffray, s’amusent à concilier, sur des arrangements d’Antoine Rosset et Serge Serafini, musiques savantes et populaires: cela va de Wagner, en passant par La Flûte enchantée que chante une « habitante », à la Norma de Bellini que chante aussi cette même « habitante », pendant que son mari, debout à côté d’elle, tient son chat dans les bras.
Et Les Grooms, qui savent s’y prendre, réussissent ensuite à faire reprendre l’air au public! » Contrairement à toute attente, vous allez y arriver, même en faisant la, la, la »… En passant par de merveilleuses chansons du Moyen-Age, (Le Tourdillon, et Belle qui tiens ma vie, un air de reggae, Vive Henri IV, une chanson populaire (1600), et deux mélodies de Bobby Lapointe…
Aucune sono, pas de scène ni de micros HF, et aucun autre éclairage que la douce lumière d’une après-midi de septembre… Ce patchwork musical, impeccablement joué et mis en scène, est en parfaite osmose avec la déambulation dans les ruelles où un « habitant » ouvre sa fenêtre pour se plaindre du bruit intempestif de la fanfare avant de se prendre au jeu et de se mettre lui aussi à chanter l’air de Figaro, tout en balançant en rythme l’eau de son petit arrosoir sur le public… enchanté. Ce mélange, à la fois farcesque et de haut niveau musical, a fait, avec juste raison, la renommée des Grooms.
Comme dans cette merveilleuse scène finale, où cette même jeune femme-encore la même!- chante Carmen, avant que son toréador, tout habillé de noir avec tee-shirt et casquette marqués « sécurité », ne débarque en voiture aussi noire pour chanter en duo, avant de l’emmener avec lu. C’est aussi décalé que plein d’humour.
Ce cocktail musique/chant/théâtre, parfois improvisé avec humour, en parfaite complicité avec le habitants et quelques membres de la chorale de Decazeville, dirigée par François Mailhé, parait très simple mais est tout à fait maîtrisé: les Grooms ont une sorte de don caméolonesque pour apprivoiser un public qui va sans doute assez peu au théâtre.
Vous avez dit populaire? Sans aucun doute…
En cette fin de saison ensoleillée, les habitants d’Aubin et des environs, tout âge confondu, auront vécu un bon moment.
Philippe du Vignal
Aujourd’hui, 16 septembre à Hennebout près de Lorient, puis en tournée en France, et le 16 décembre à Figeac (Lot)


