Vous n’avez encore rien vu

Vous n’avez encore rien vu d’Alain Resnais

Vous n’avez encore rien vu 320308-22281-vous-n-avez-encore-rien-vu-2012-22-620x0-1Faire cinéma avec le théâtre, théâtre avec le cinéma : Resnais s’y était déjà employé déjà avec notamment Smoking/No Smoking d’après la pièce Ayckbourn en 1993 ; il a toujours été fasciné par le théâtre (ne fut –il pas élève au Cours Simon avant d’intégrer l’IDHEC !)

Ici, c’est Anouilh qu’il investit avec Eurydice, à cause d’une représentation de la pièce en 1942 qui l’avait tellement bouleversé qu’à la sortie du théâtre, il fit deux fois le tour de Paris à bicyclette !

 Allo Pierre Arditi,» «Allo Sabine Azéma», «Allo Michel Robin »… Etc.

En guise de générique, les acteurs du film sont convoqués un par l’ énigmatique majordome (Andrzej Seweryn) d’un ami commun, Antoine  (Denis Podalydès), metteur en scène qui, avant de mourir, a souhaité les réunir chez lui pour une cérémonie.

Ils font leur entrée dans la hall de maison d’Antoine, véritable décor de théâtre – colonnes et rideaux rouges- … Un décor qui n’en finira pas de s’ouvrir sur d’autres espaces tout aussi théâtraux.

Ils sont introduits dans une salle de cinéma. Le rideau s’ouvre sur un écran. Antoine s’est filmé pour leur délivrer un message post mortem: il leur demande de juger une mise en scène de sa pièce, Eurydice, proposée par une jeune troupe de théâtre. Car tous ont joué autrefois dans cette pièce : Pierre Arditi et Lambert Wilson, Orphée ; Anne Consini et Sabine Azéma, Eurydice ; Michel Piccoli et Anny Duperey, le père d’Orphée et la mère d’Eurydice.

Réalisée par Bruno Podalydes, indépendamment du film mais suivant les consignes de Resnais), la captation présente une mise en scène assez médiocre, parodie ( volontaire ? ) d’un soit-disant théâtre contemporain déjà désuet.Mais le film n’en perd pas son intérêt pour autant. Bientôt, les acteurs dans la salle se mettent à rejouer, à revivre eux-mêmes les scènes, en écho au film projeté. Il résulte de ces allers et retours d’extraordinaires effets de contraction, de dilatation, voire de répétition.

Comme les rôles, les décors se dédoublent, tantôt toiles peintes et carton- pâte, tantôt naturels, Resnais a recours à des incrustations vidéos, des jeux de miroirs, des apparitions et disparitions intempestives des comédiens dans un autre espace-temps.

Loin d’être un film testamentaire, l’œuvre propose une vertigineuse mise en abyme entre cinéma et théâtre, passé et présent, réel et irréel…

Un exercice de style à la manière des surréalistes…Resnais réussit la prouesse d’apporter une totale modernité, une nouvelle jeunesse à la pièce d’Anouilh : les mots de cette histoire d’amour désespérée gagnent en densité, retrouvent une actualité.Mais le procédé s’use, en grande partie à cause de la faiblesse du dernier acte de la pièce d’Anouilh qui dessert le film malgré l’inventivité intarissable et les prouesses techniques du cinéaste.

Mireille Davidovici

Avant-première présentée au Forum des Images à l’occasion des 60 ans de la revue Positif

Sortie du film le 26 septembre .

 


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