À peine un souffle

À peine un souffle, texte et mise en scène d’Anne Kellen.

Il a tombé la veste, mais il lui reste les insignes de l’homme de pouvoir: la montre chère, le mépris, la suffisance de celui qui gagne, écrase, méprise, ignore, et s’amuse à fabriquer de la crise. Il n’est pourtant pas en bonne posture, ficelé sur un tabouret tournant, un bandeau sur les yeux. Un enlèvement ? Il est prêt à payer, l’argent n’est pas un problème, et sa situation d’otage serait presque un « plus », une distinction parmi les gagnants de ce monde. Il ne doute de rien. Enfin, jusqu’à un certain point…
Il tente de parlementer, mais l’autre ne répond pas. Inquiétude, peur : le trader masque tout ça sous l’ironie, et puis quelques petites fêlures s’ouvrent, et enfin l’autre lui répond, comme un mur répond à la balle de tennis, comme un dieu qu’on s’invente répond aux supplications.
On n’en saura pas plus, sinon que le puissant de ce monde est renvoyé non seulement à sa capacité de nuisance mais aussi à ses petites faiblesses et à son grand vide.
Christophe Allwright excelle dans l’excès, les ruptures, les accès d’humilité et l’humour du texte. Il donne généreusement corps à ce monologue métaphysico-social: malgré les questions existentielles qu’il pose, le texte a les pieds bien ancrés dans le réel de la crise économique et on ne le lâche pas pendant ces  quatre-vingts minutes.
Cela se passe au Théâtre de la Huchette, où vous pouvez voir, à un autre horaire et pour la cinquante-sixième année consécutive (record mondial) La Cantatrice chauve et La Leçon d’Eugène Ionesco, avec la chance de pouvoir tomber, (elle joue en alternance) sur Jacqueline Staup, dans le rôle de la Bonne. Elle était de la création, ou presque…
Dans cette petite rue animée de restaurants exotiques, « spécialités françaises » incluses, Jean-Noël Hazemann aidé par  sa petite équipe, dont Gonzague Phelip, auteur du Fabuleux roman du théâtre de la Huchette (Gallimard),  fait marcher son théâtre au coup de cœur. Cette fois, c’est pour Anne Kellen et sa pièce presque trop débordante, mais à découvrir.

Christine Friedel

Théâtre de la Huchette. T:   01 43 26 38 99.

 


Un commentaire

  1. ouiouim dit :

    A se demander si on a vu la même pièce.
    Le comédien est à la peine tout au long de la pièce, nous perd dans ses hésitations, ses intonations fausses, sa voix qui déraille. Le pièce est eu exemple de lieux communs, sans surprise, sans relief, sans inspiration. Au final, on s’ennuie.
    Espérons que comme le vin, tout ça se bonifie avec le temps, car ce n’était vraiment pas au point le soir de mon passage.

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