Arena Museo Opera

Le Musée de l’Opéra de Verone/Arena Museo Opera.

Le 23 juin dernier, le premier étage de ce musée entièrement consacré à l’opéra a été inauguré au Palazzo Forti de  Verone, où,  débuta, en 1947, Maria Callas … Ce qui coïncidait avec le début de la saison lyrique. Les derniers travaux   de réhabiliatation seront  terminés en juin prochain pour les célébrations du centenaire des Arènes.La visite du musée débute par un hommage à Giuseppe Verdi né en 1813; et en 2013, présentation d’Aïda dans la  version de 1913, pour le centenaire de la création de ce festival, qui n’ a jamais subi d’interruption sauf pendant les deux guerres mondiales, quand  les Arènes de Vérone ont  servi d’abri  à la population…
Les salles du musée sont séparées de rideaux de lourd velours rouge, ce qui donne une ambiance feutrée et nous invite ainsi à un  voyage dans le monde lyrique. Nous allons ainsi à la découverte des richesses  de l’opéra italien, à travers des lettres originales de Rossini, Donizetti, Puccini, Verdi et Mascagni mais aussi de Mozart, Bizet, etc… Des extraits  de dialogues montrent quelle furent  les premiers pas comme genre de  l’opéra  et  nous pouvons admirer des partitions, dont la première date de 1500…Une des salles comprend huit partitions à touches, et  en choisissant sur un écran tactile,  on peut voir la projection d’un de ces opéras.
Il y a aussi  un théâtre à l’italienne reconstitué avec ses chaises. Puis,  dans une salle de tableaux interactifs, on  suit les  différentes étapes de la création d’une œuvre,  de la création de décors et  de costumes, jusqu’aux  compositions de maquillages. Il y a aussi une belle collection de costumes des créations  de La Traviata, de Rigoletto ou d’Aïda. Ce musée unique au monde dans le domaine de l’opéra, est ouvert à tous, chercheurs ou simples visiteurs.

Nathalie Markovics

AMO Arena Museo Opera, Palazzo Forti; via Massalongo 7,  Verone.
Ouvert d’ avril à septembre, de 9h à 19h30 mais fermé le lundi matin).. www.arenamuseopera.com info@arenamuseopera.com


Archive pour 26 septembre, 2012

Dom Juan ou le festin de pierre

Dom Juan ou le Festin de pierre de Molière, mise en scène en scène de Jean-Pierre Vincent

 

Dom Juan ou le festin de pierre 7cc88722-0569-11e2-bf86-0b1c3e921a61-493x328Quand Molière crée Le Festin de Pierre au Théâtre du Palais-Royal en 1665, il vient de subir l’interdiction de Tartuffe. Il lui faut trouver une idée pour rebondir et redorer son blason! Il choisit donc  un sujet à la mode (plusieurs Dom Juan ont été joués avec succès ces dernières années),  et commande des toiles aux meilleurs décorateurs pour une production spectaculaire… qui lui assurera quinze jours de triomphe.
Jean-Pierre Vincent a souhaité «retrouver l’énergie première» de l’œuvre, « sa fraîcheur, sa vigueur pamphlétaire » : il prend donc Molière au pied de la lettre, en toute liberté. Délestant la pièce du poids des lectures successives dont elle a fait l’objet, il la resitue, avec les costumes du talentueux Patrice Cauchetier, dans son époque d’origine.
Comme lors de sa création, la peinture est aussi au rendez-vous. : Jean-Paul Chambas déploie des ciels changeants où se greffent,  selon les actes, une colonne, l’ombre d’un pin, une forêt à la renverse dans le brouillard et la tempête. A l’avant scène,  de petits cailloux blancs figurent des rochers ou les galets de la plage. Un terrain d’aventure où Dom Juan batifole pendant les trois premiers actes, qui contrastent avec un  décor clos et des costumes sobres et sombres,  des deux derniers.
L’équipe de Vincent et les comédiens du Français donnent la pièce, tout simplement : une succession de scènes écrites au scalpel, un enchaînement de péripéties romanesques, une présence du fantastique (coups de tonnerre, apparition du commandeur) . On en découvre avec plaisir les rouages, on entend les propos, pourtant déjà connus, d’une oreille neuve.« Pour la respecter vraiment, il faut être aussi libre qu’elle,… oser entendre ce qu’elle dit, simplement, car Molière ne compliquait pas les choses à plaisir. » dit Jean-Pierre Vincent.
Dom Juan ( Loïc Corbery) est un jeune libertin, élégant, effronté insouciant, conquérant, Sganarelle (Serge Bagdassarian) rond, raide, maladroit, représente le bon sens populaire mâtiné de vertu bourgeoise avide de respectabilité.Tel Don Quichotte et Sancho Panza, le couple mythique nous entraîne dans des aventures rocambolesques, en devisant de l’état du monde.
Tout en cherchant le succès, Molière, grâce à une rhétorique bien huilée, s’en prend au passage au clan des dévots, aux courtisans hypocrites (préfigurant ainsi Le Misanthrope). Il pourfend le mensonge, les superstitions de tout ordre, plus particulièrement  les nombreuses invocations du ciel.
C’est l’une des raisons qui lui valut d’être mise au placard . Expurgée et versifiée par Thomas Corneille pour être reprise en 1677, sous le titre inchangé   Le Festin de pierre  par Armande Béjart et La Grange (qui avait tenu le rôle de Dom Juan face à Molière /Sganarelle en 1665), l’œuvre d’origine ne fut redécouverte qu’en 1841 et représentée sous le titre Dom Juan . Et n’a depuis cessé d’être représentée.
Dom Juan
fut d’un genre assez inclassable, pour la postérité, oscillant entre comédie et tragédie. Jean-Pierre Vincent, lui, prend le parti de la comédie, insistant sur le burlesque des situations (la scène des paysans, le raisonnement bancal de Sganarelle en réponse à l’athéisme de Dom Juan ,  et se risque même à ralentir le rythme (comme dans la scène avec Monsieur Dimanche). Mais il tient le pari jusqu’au bout, en nous réservant une facétie finale. Si Sganarelle garde  le fameux dernier mot : « Mes gages, mes gages  !», dans une réaction à la mort bien peu chrétienne de son maître qui scandalisa à l’époque, c’est à Dom Juan qu’appartient ici le dernier coup de théâtre : il se relève, indemne, et sort… aussi libre qu’il était entré.
Ce précurseur du siècle des Lumières qui ne croit qu’en « deux et deux sont quatre »,  et qui n’hésite pas à défier le ciel, les fantômes et autres moines bourrus, Vincent, en homme du XXlème siècle ne pouvait le condamner à être terrassé par une statue ridicule comme Molière, qui, pour la forme, avait été contraint de le faire !

Mireille Davidovici

Théâtre éphémère de la Comédie-Française jusqu’au11 novembre.

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