Le Lac des cygnes

Le Lac des cygnes par l’Australian Ballet.

Le Lac des cygnes Amber-Scott-and-Adam-Bull-in-Swan-Lake-photo-Jeff-Busby_3141Yosvani Ramos est danseur principal (équivalent de danseur étoile) à l’Australian Ballet, qui  nous a accueilli et guidé. D’origine cubaine, il débute au Jeune Ballet de France puis après un passage à l’Opéra de Paris, il intègre l’English National Ballet comme soliste, avant de danser ici depuis cinq ans dans cette importante institution, située à proximité du Centre d’Art de Melbourne, qui comprend 70 danseurs professionnels, pour la plupart d’origine australienne, issus de son école.L’Australian Ballet joue alternativement à Melbourne et à l’Opéra de Sydney et a une renommée nationale et internationale (il est venu en 2008 au Châtelet) et danse les répertoires classique et contemporain. Waine Mc Gregor, Jiri Kylian y ont monté un ballet et Alexie Ratmansky doit y faire une prochaine création en 2013.
« Quand on pense ballet classique, on pense Lac des cygnes » dit Stephen Baynes, qui le présente dans une nouvelle version , mais dans la plus pure tradition du ballet classique. La musique de Tchaïkovski, les toiles peintes en perspective, les décors et les costumes emmènent le public dans l’univers du romantisme allemand . Yosvani Ramos danse Benno, l’ami du prince Siegfried. Le jeu et les techniques du corps de ballet (les cygnes) ont un niveau comparable à celui des solistes.

Le travail privilégie l’unité du groupe mais masque un peu les individualités, ce qui bride parfois l’émotion . Crée en 1877, au Bolchoï, ce ballet connaîtra son vrai succès avec l’adaptation en 1895 de Lev Ivanov et Marius Petipa. Le Lac des cygnes et ses danseuses en tutus, a, depuis, toujours nourri notre imaginaire; il est même devenu une des références de la culture classique et beaucoup de petites filles, après l’avoir vu, ont rêvé de devenir danseuses. C’est aussi ce ballet qui était diffusé en boucle à la télévision, quand un dirigeant de l’ex-URSS était décédé.

Le Lac des cygnes est donné à l’occasion des 50 ans de l’Australian Ballet, une histoire courte si nous la comparons à celle des grands ballets européens. Time in Motion, une exposition gratuite au centre d’Art retrace ces dernières et fameuses cinquante années, avec des coupures de presse, et des photos des deux mythes que sont Margot Fonteyn et Rudolf Noureev qui ont dansé à l’Australian Ballet .. Avec des photographies, des maquettes, des costumes et, note émouvante, les chaussons de danse des principales danseuses solistes, dans des ballets comme Coppélia,  Don Quichotte chorégraphié par Rudolf Noureev en 1972. Des vidéos, issues des archives de l’Australian ballet et du centre d’Art de Melbourne accompagnent l’ exposition.

Il existe en effet un fond très riche de costumes, dessins, programmes, photographies, affiches…qui témoigne du passé des troupes qui ont dansé en Australie. Comme la guirlande de fleurs d’Anna Pavlova lors de son passage en 1920, le costume d’Irina Baronova dans Le Coq d’or dansé en 1938, par les Ballets russes de Monte-Carlo, ou encore une veste portée par Rudolf Noureev dans Raymonda en 1965. Il existe aussi une importante collection dans les domaines du théâtre, du cirque ou de la comédie musicale qui permet à cette structure d’organiser régulièrement des expositions, parfois itinérantes.

L’Australie, certes éloignée de notre vieux continent, a une superficie de sept millions de km² soit la surface de l’Europe! Peuplée de quelque 20 millions d’Australiens, de kangourous et de koalas, cet immense pays possède aussi… un ballet national et des centres d’art importants comme celui de Melbourne.

Jean Couturier

 www.australianballet.com.au

« http://www.artscentremelbourne.com.au/


Archive pour 29 septembre, 2012

Une faille

 

Une faille Une-Faille-de-Mathier-Bauer-par-Pierre-Grosbois-2012

©Pierre Grosbois

Une Faille, feuilleton théâtral, saison 1 : Haut-bas-fragile. Episodes : 1-4 Pris au piège,mise en scène de Mathieu Bauer.

Un immeuble en construction s’est effondré sur une maison de retraite. Trois mort, des blessés, et cinq disparus (plus un, qu’on découvrira ensuite). Pour les secours, en haut, ils ont peut-être péri sous les décombres. Pour nous, spectateurs, nous avons vu leur radeau de la Méduse émerger de la brume de poussière et nous allons suivre les péripéties de leur sauvetage – « ou pas », comme on a l’habitude aujourd’hui d’atténuer toute affirmation. En haut : les pompiers, le « dir-cab » (directeur de cabinet) de la Mairie (nota bene : personne n’est directement visé : on est à Montreuil (93), mais c’est Monsieur le Maire qui est en déplacement).
Ce dernier nous donne un étourdissant numéro des « éléments de langage » nécessaires pour faire face aux médias. Mais nous, nous avons à faire face au danger d’un nouvel effondrement, disent les pompiers. Et nous, nous voulons savoir, et comprendre, dit sans parler le peuple venu sur place.
En bas, les angoisses vont et viennent, entre les cinq personnages-type enfermés ensemble : le jeune homme « métis culturel » à la caméra goinfre qui fait hausser les épaules au vieux critique de cinéma, l’homme mystérieux qui en sait un peu trop sur la construction, la femme médecin désabusée, en visite ce jour-là à la maison de retraite –mauvais moment, mauvais endroit-, et la jeune fliquette tout juste « débarquée de sa province », avec les problèmes de logement afférents.
Tout cela est mis en scène comme un grand opéra cinématographique. On joue avec la série télé, avec le « menu » sur écran, le récit est interrompu comme il se doit au moment le plus palpitant (cliffhanger), avec la diffusion accélérée du – vrai – générique du spectacle, on voit les séquestrés en double, comédiens et leur image vidéo en gros plan, et parfois trois espaces simultanément, le tout à un rythme très particulier.
Le feuilleton permet d’aller très vite et aussi de prendre son temps, d’introduire une discussion, un débat – que pourraient faire de mieux nos prisonniers des décombres ? Et la foule, sur la place, et ses indignés ?- Et de faire évoluer les personnages, si possible de façon tout à fait invraisemblable : privilège des séries, on y croit, on en veut.
En veux-tu, en voilà : nous sommes gâtés par ce spectacle total. Il y a là, dans le jeu de tous les éléments scéniques, un vrai bonheur. Même s’il y a, comme on dit, des longueurs, même si la poésie fait défaut dans l’écriture (en particulier dans les scènes des enfermés). Expliquons-nous : le dialogue est juste, bien vu et bien documenté, parfois trop explicatif, en manque de quoi ? Du risque d’une perte de contrôle, sorti des efficaces figures imposées ?
Cette poésie, elle,  revient pourtant dans le langage scénique : par le jeu jubilatoire, on ne le dira jamais assez, de la fabrication du théâtre, musique, lumières, scénographie mouvante. Et avant tout par la présence et la grâce des acteurs. Joris Avodo, Pierre Baux, Michel Cassagne, Christine Gagneux, Mathias Girbig, Lou Martin-Fernet, et, à l’image, Didier Sauvegrain, enrichissent l’affaire de leur histoire de comédiens, trois générations se frottant pour le meilleur. Une dimension de plus ajoutée à ce spectacle multidimensionnel.
Avec une grande intelligence et beaucoup de joie de vivre, et un talent formidable à coordonner tant de talents divers, Mathieu Bauer a réussi un spectacle juste, pour inaugurer sa fonction de directeur du Centre Dramatique National de Montreuil.
Du théâtre populaire : pas pour la ville, mais avec la ville, dans la ville, en amour et en bagarre avec la ville, avec les musiciens du conservatoire, avec le peuple des comédiens amateurs présent sur le plateau.
Ce qui, évidemment, produit de l’universel, c’est bien la moindre des choses.

Christine Friedel

Nouveau théâtre de Montreuil CDN – 01 48 70 48 90 -jusqu’au 14 octobre.

Episodes 5 et 6 à partir du 3 décembre

De nos jours

De nos jours (Notes on the Circus) d’Ivan Mosjoukine, spectacle conçu et réalisé par Erwan Ha Kyoon, Vimala Pons, Tsihaka Hanivel, Maroussia Diaz Verbèke

“À deux, faire n’importe quoi réussit toujours !” Ils sont quatre artistes de cirque éblouissants qui semblent faire n’importe quoi avec une précision et un humour rares, en 78 vignettes dont chacune ne dure pas plus de trois minutes, et dont ils annoncent les titres. Tout d’abord,  l’ouverture des portes et les annonces en voix off un peu longuettes, puis c’est une drôle de course folle dans un capharnaüm réjouissant.
Sur une grande corde suspendue à deux poulies, une acrobate opère des figures toujours comiques dans la note sur “est-ce qu’elle va déraper ?”, celle sur le décret de 1812 qui interdit la parole au cirque, une note sur la chute des choses ou l’on voit un acrobate monter en haut d’un grand escalier et se précipiter 12 fois dans le vide en se raccrochant avec ses jambes à un poteau distant de quatre mètres.
Il y a aussi plusieurs stripteases (hommes et femmes) hilarants, un discours vigoureux et incohérent sur tous les tons.  Impossible de relater ces 78 notes…  mais on ne décroche pas une seconde…

Edith Rappoport

Le Monfort jusqu’au 27 octobre T:  01 56 08 33 88, et  du 17 au 24 novembre au Cent Quatre à Paris et au Théâtre de Cornouailles, à Boulazac, au Quai d’Angers, à Alès, Vélizy, Lille, Tournai et Gap.

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