J’habite une blessure sacrée
J’habite une blessure sacrée d’après La Haine de l’Occident de Jean Ziegler, mise en scène de Mireille Perrier.
J’habite une Blessure sacrée reprend le titre d’un poème de Calendrier lagunaire d’Aimé Césaire.Le spectacle est adapté du livre de Jean Ziegler, étonnant sociologue suisse, homme de terrain, dont le combat à l’Unesco et au Conseil des droits de l’homme de l’O.N.U. a été récemment couronné par le prix littéraire des Droits de l’Homme…
Son livre condense les souffrances passées et présentes des peuples du Sud et en révèle toute la dignité à venir. Mireille Perrier, formée à l’école du Théâtre National de Chaillot auprès d’Antoine Vitez, avait commencé un parcours dans le cinéma auprès de Claire Denis, Philippe Garrel et Amos Gitaï, entre autres.
En 2008, elle avait réalisé un premier documentaire La scandaleuse Force du passé et nous avions pu voir d’elle en 2010, déjà aux Métallos, Anna Politovskaïa non rééducable, une pièce sur cette invincible journaliste russe, assassinée par le pouvoir russe.
Les quatre comédiens jouent différents personnages qu’ils endossent rapidement et dépeignent avec un beau lyrisme dépourvu de pathos le combat inégal des peuples du Sud contre les puissances d’argent, et leur mise en esclavage, le pillage de leurs terres et les moments-clefs de leur asservissement dont ils n’ont pas fini de se libérer…
Aucune simplification primaire dans la mise en scène de Mireille Perrier, et le beau livre de Ziegler vit sous nos yeux, et le public retient son souffle! Mais les scènes finales sont sous-éclairées.Même si la lumière de la libération des peuples du Sud n’est pas pour demain..
Edith Rappoport
Maison des Métallos de Paris jusqu’au 31 octobre. Théâtre de Fontenay-sous-bois, le 1 er février 2013; Maison du Théâtre à Amiens, le 7 février; Théâtre Paul Scarron au Mans les 18, 19 février et Théâtre d’Evron le 21 février.
