Le jeune public a/à l’âge de la maturité

Le jeune public a/à l’âge de la maturité page-de-garde-manifeste

Le jeune public a/à l’âge de la maturité, colloque organisé par Scènes d’Enfance et d’Ailleurs, avec le concours de l’Observatoire des Politiques Culturelles

Accueillis au Monfort  par son directeur, Stéphane Ricordel, Geneviève Lefaure, présidente de Scènes d’Enfance et d’Ailleurs, présente le Manifeste pour une politique artistique et culturelle du spectacle vivant en direction de la jeunesse : 40 propositions pour le jeune public, fruit d’un travail réalisé après plusieurs mois de chantiers de réflexion, par un collectif d’associations regroupé autour de la sienne.
Théâtre jeune public/théâtre tout public, un concept en débat, vaste serpent de mer, et de nombreuses questions  : quelle relation entre la jeunesse et l’art ; quelle relation entre les artistes et la jeunesse ? Comment construire ce vivre ensemble, prenant en compte la diversité sociale et géographique des enfants ? Quels contenus transmettre ?


Christine Milleret, représentant Aurélie Filipetti, ministre de la culture et de la communication, dit toute l’importance du spectacle d’art en direction du jeune public, et de sa diffusion dans les centres dramatiques nationaux et scènes nationales. Il repose en effet sur l’inventivité, la modernité et  un  répertoire et, par sa pluridisciplinarité, œuvre à la transmission du désir et l’acquisition du jugement critique.

Trois tables rondes ponctuent ensuite la journée, invitant praticiens et chercheurs à échanger :

La première, animée par Dominique Bérody, délégué général pour la jeunesse et la décentralisation du CDN-Théâtre de Sartrouville, porte sur La création jeune public, à parité avec la création pour adultes.  Elle met en valeur l’excellence recherchée dans la création Jeune public et « le tissage des écritures scéniques, lieu intime de chacun avec le monde », comme le souligne Estelle Savasta, auteure et metteuse en scène ; pour Marie Bernanoce, universitaire, qui travaille sur le répertoire, « l’enfance n’est pas une thématique mais un détour pour regarder le monde sur un mode fictionnel ». Elle remarque, dans les thèmes traités, le rapport fréquent au social : ainsi, les enfants soldats, le  divorce ou l’inceste, entre autre, sont souvent évoqués.
La  part d’enfance déposée en chacun de nous et les traces qu’elle laisse, fut un thème développé par Pierre Péju, philosophe, qui distingue l’enfantin, sauvagerie des perceptions premières, de l’infantile, statut officiel de l’enfant. Quant à l’écart entre l’offre artistique et la demande, noté par Laurent Coutouly, directeur du pôle jeunes publics à la scène nationale MA de Montbeliard, il fragilise selon lui les acteurs. Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville et du Festival d’Automne,  a parlé  du parcours esthétique proposé aux enfants  qu’il a mis en place depuis plusieurs années avec Fabrice Melquiot, auteur et metteur en  scène.


La seconde table ronde, sous la houlette de Marie-Christine Bordeaux, universitaire,  se consacre aux « Politiques de médiation, pour un vaste projet d’éducation artistique« . Elle pose la question de la création comme expérience symbolique et artistique, pour l’enfant, celle de la médiation et des contenus : de quelle transmission parle-t-on, de quels enseignements ?
Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, évoque la notion du secret, celle de la relation aux images et celle de l’impact des nouvelles technologies. Il interroge sur la mise en scène de soi et la construction des métaphores ; Claire Cafaro, actrice et metteuse en scène, professeure au conservatoire de Cachan, évoque son expérience de la transmission ; Kheireddine Lardjam, metteur en scène, parle des relations difficiles  entre l’artistique et l’éducatif : risque d’instrumentalisation de l’acteur, rapports de pouvoir entre l’artistique et le pédagogique, scolarisation potentielle de l’art dans la sphère éducative, avant d’évoquer la nécessité de développer des formations conjointes enseignants/artistes ; Claire Rannou, déléguée nationale de L’Anrat-théâtréducation, fait référence aux concertations qui se sont se tenues l’été dernier, sur la refondation de l’école et la part belle faite à l’éducation scientifique au détriment de l’éducation artistique ; Yves Reynaud, élu et représentant de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture, évoque la nécessité du dialogue interculturel.


La troisième table ronde, coordonnée par Jean-Pierre Saez, directeur de l’Observatoire des politiques culturelles, traite de La diffusion et la circulation sur tous les territoires, dans un projet politique de service public. Il donne pour directive aux intervenants, de choisir une proposition parmi les quarante du Manifeste, de la présenter et de donner les raisons de son choix. C’est ludique et pédagogique et chacun se prête volontiers au jeu.
Christian Duchange, metteur en scène, parle du Pôle Jeune public en préfiguration, à la  Minoterie, à Dijon, ville où il intervient. Sa présentation se fait en dialogue avec l’élue chargée de la vie culturelle, Christine Martin, également présente, qui a élaboré et soutenu le projet; elle souhaite faire vivre le lieu, hors de tout confinement. Cette complicité entre « l’artiste et le prince », plus que positive, s’inscrit dans un véritable collectif de travail.  Hélène Bourguignon parle, elle, d’une communauté de douze communes du Sud du pays basque qui travaille dans un cadre transfrontalier, et donc bilingue. Les communes  construisent  une politique de contractualisation et remettent l’enfant au cœur du sujet, à partir de la crèche.
Emmanuel Constant enfin, vice-président pour la Culture au Conseil Général de Seine Saint-Denis, évoque les parcours artistiques mis en place avec cent-vingt collèges de son Département et réaffirme l’importance de la prise en compte de l’éducation artistique  par les Conseils Généraux, en convergence avec l’Etat.


 Les temps de dialogue avec la salle ont ouvert sur de fructueux échanges d’expériences, et si tous conviennent du croisement nécessaire entre artistes et enseignants, au sein de l’école, c’est le silence quant aux moyens attribués. On note d’ailleurs l’absence de représentants du Ministère de l’Education Nationale ainsi que du Conseil Régional d’ Ile-de-France.


Un « grand témoin », Cyrille Planson, rédacteur en chef de La Scène, eut pour mission, de réagir aux différents moments de la journée et d’en  faire la synthèse, en fin de séance. S’il reconnaît que Le Manifeste pour une politique artistique et culturelle du spectacle vivant en direction de la jeunesse peut être une plate-forme de discussion, il insiste sur la nécessité d’une plus grande reconnaissance du secteur culturel par les pairs et les élus, pour défendre les programmations Jeune public, même si, marionnettes, arts de la rue et cirque se sont positivement développés ces dernières années.


Quelques extraits de pièces pour  le jeune public  lus par leurs auteurs, entre chaque table ronde, nous ont plongés au cœur de la création. Sylvain Levey fut l’un d’entre eux : « L’écrivain est un animal, dixit Deleuze. Je suis un animal. Les saumons réfléchissent-ils trente-six heures avant de savoir quel fleuve ils vont remonter ? Les oiseaux migrateurs réfléchissent-ils  trente-six heures avant de prendre leur envol vers l’ailleurs ? Non et non ! Ils agissent à l’instinct. Il m’a fallu un peu moins de trente-six secondes pour accepter cette aventure, ce voyage avec le théâtre du Rivage. C’est l’instinct qui veut ça. Dans cette société anxiogène partout et tout le temps, il est bon de faire confiance aux pulsations. Alors, c’est parti pour le voyage et faisons confiance à nos intuitions d’animaux des planches et d’amoureux de la vie. »

Brigitte Rémer

Colloque organisé par Scènes d’Enfance et d’Ailleurs, avec le concours de l’Observatoire des Politiques Culturelles, au Monfort théâtre, samedi 20 octobre 2012.

Manifeste pour une politique artistique et culturelle du spectacle vivant en direction de la jeunesse : 40 propositions pour le jeune public. www.scenesdenfance.com - Complémentairement, Site : www. pourleducationartistique.overblog.com


Archive pour 28 octobre, 2012

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Le jeune public a/à l’âge de la maturité, colloque organisé par Scènes d’Enfance et d’Ailleurs, avec le concours de l’Observatoire des Politiques Culturelles

Accueillis au Monfort  par son directeur, Stéphane Ricordel, Geneviève Lefaure, présidente de Scènes d’Enfance et d’Ailleurs, présente le Manifeste pour une politique artistique et culturelle du spectacle vivant en direction de la jeunesse : 40 propositions pour le jeune public, fruit d’un travail réalisé après plusieurs mois de chantiers de réflexion, par un collectif d’associations regroupé autour de la sienne.
Théâtre jeune public/théâtre tout public, un concept en débat, vaste serpent de mer, et de nombreuses questions  : quelle relation entre la jeunesse et l’art ; quelle relation entre les artistes et la jeunesse ? Comment construire ce vivre ensemble, prenant en compte la diversité sociale et géographique des enfants ? Quels contenus transmettre ?


Christine Milleret, représentant Aurélie Filipetti, ministre de la culture et de la communication, dit toute l’importance du spectacle d’art en direction du jeune public, et de sa diffusion dans les centres dramatiques nationaux et scènes nationales. Il repose en effet sur l’inventivité, la modernité et  un  répertoire et, par sa pluridisciplinarité, œuvre à la transmission du désir et l’acquisition du jugement critique.

Trois tables rondes ponctuent ensuite la journée, invitant praticiens et chercheurs à échanger :

La première, animée par Dominique Bérody, délégué général pour la jeunesse et la décentralisation du CDN-Théâtre de Sartrouville, porte sur La création jeune public, à parité avec la création pour adultes.  Elle met en valeur l’excellence recherchée dans la création Jeune public et « le tissage des écritures scéniques, lieu intime de chacun avec le monde », comme le souligne Estelle Savasta, auteure et metteuse en scène ; pour Marie Bernanoce, universitaire, qui travaille sur le répertoire, « l’enfance n’est pas une thématique mais un détour pour regarder le monde sur un mode fictionnel ». Elle remarque, dans les thèmes traités, le rapport fréquent au social : ainsi, les enfants soldats, le  divorce ou l’inceste, entre autre, sont souvent évoqués.
La  part d’enfance déposée en chacun de nous et les traces qu’elle laisse, fut un thème développé par Pierre Péju, philosophe, qui distingue l’enfantin, sauvagerie des perceptions premières, de l’infantile, statut officiel de l’enfant. Quant à l’écart entre l’offre artistique et la demande, noté par Laurent Coutouly, directeur du pôle jeunes publics à la scène nationale MA de Montbeliard, il fragilise selon lui les acteurs. Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville et du Festival d’Automne,  a parlé  du parcours esthétique proposé aux enfants  qu’il a mis en place depuis plusieurs années avec Fabrice Melquiot, auteur et metteur en  scène.


La seconde table ronde, sous la houlette de Marie-Christine Bordeaux, universitaire,  se consacre aux « Politiques de médiation, pour un vaste projet d’éducation artistique« . Elle pose la question de la création comme expérience symbolique et artistique, pour l’enfant, celle de la médiation et des contenus : de quelle transmission parle-t-on, de quels enseignements ?
Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, évoque la notion du secret, celle de la relation aux images et celle de l’impact des nouvelles technologies. Il interroge sur la mise en scène de soi et la construction des métaphores ; Claire Cafaro, actrice et metteuse en scène, professeure au conservatoire de Cachan, évoque son expérience de la transmission ; Kheireddine Lardjam, metteur en scène, parle des relations difficiles  entre l’artistique et l’éducatif : risque d’instrumentalisation de l’acteur, rapports de pouvoir entre l’artistique et le pédagogique, scolarisation potentielle de l’art dans la sphère éducative, avant d’évoquer la nécessité de développer des formations conjointes enseignants/artistes ; Claire Rannou, déléguée nationale de L’Anrat-théâtréducation, fait référence aux concertations qui se sont se tenues l’été dernier, sur la refondation de l’école et la part belle faite à l’éducation scientifique au détriment de l’éducation artistique ; Yves Reynaud, élu et représentant de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture, évoque la nécessité du dialogue interculturel.


La troisième table ronde, coordonnée par Jean-Pierre Saez, directeur de l’Observatoire des politiques culturelles, traite de La diffusion et la circulation sur tous les territoires, dans un projet politique de service public. Il donne pour directive aux intervenants, de choisir une proposition parmi les quarante du Manifeste, de la présenter et de donner les raisons de son choix. C’est ludique et pédagogique et chacun se prête volontiers au jeu.
Christian Duchange, metteur en scène, parle du Pôle Jeune public en préfiguration, à la  Minoterie, à Dijon, ville où il intervient. Sa présentation se fait en dialogue avec l’élue chargée de la vie culturelle, Christine Martin, également présente, qui a élaboré et soutenu le projet; elle souhaite faire vivre le lieu, hors de tout confinement. Cette complicité entre « l’artiste et le prince », plus que positive, s’inscrit dans un véritable collectif de travail.  Hélène Bourguignon parle, elle, d’une communauté de douze communes du Sud du pays basque qui travaille dans un cadre transfrontalier, et donc bilingue. Les communes  construisent  une politique de contractualisation et remettent l’enfant au cœur du sujet, à partir de la crèche.
Emmanuel Constant enfin, vice-président pour la Culture au Conseil Général de Seine Saint-Denis, évoque les parcours artistiques mis en place avec cent-vingt collèges de son Département et réaffirme l’importance de la prise en compte de l’éducation artistique  par les Conseils Généraux, en convergence avec l’Etat.


 Les temps de dialogue avec la salle ont ouvert sur de fructueux échanges d’expériences, et si tous conviennent du croisement nécessaire entre artistes et enseignants, au sein de l’école, c’est le silence quant aux moyens attribués. On note d’ailleurs l’absence de représentants du Ministère de l’Education Nationale ainsi que du Conseil Régional d’ Ile-de-France.


Un « grand témoin », Cyrille Planson, rédacteur en chef de La Scène, eut pour mission, de réagir aux différents moments de la journée et d’en  faire la synthèse, en fin de séance. S’il reconnaît que Le Manifeste pour une politique artistique et culturelle du spectacle vivant en direction de la jeunesse peut être une plate-forme de discussion, il insiste sur la nécessité d’une plus grande reconnaissance du secteur culturel par les pairs et les élus, pour défendre les programmations Jeune public, même si, marionnettes, arts de la rue et cirque se sont positivement développés ces dernières années.


Quelques extraits de pièces pour  le jeune public  lus par leurs auteurs, entre chaque table ronde, nous ont plongés au cœur de la création. Sylvain Levey fut l’un d’entre eux : « L’écrivain est un animal, dixit Deleuze. Je suis un animal. Les saumons réfléchissent-ils trente-six heures avant de savoir quel fleuve ils vont remonter ? Les oiseaux migrateurs réfléchissent-ils  trente-six heures avant de prendre leur envol vers l’ailleurs ? Non et non ! Ils agissent à l’instinct. Il m’a fallu un peu moins de trente-six secondes pour accepter cette aventure, ce voyage avec le théâtre du Rivage. C’est l’instinct qui veut ça. Dans cette société anxiogène partout et tout le temps, il est bon de faire confiance aux pulsations. Alors, c’est parti pour le voyage et faisons confiance à nos intuitions d’animaux des planches et d’amoureux de la vie. »

Brigitte Rémer

Colloque organisé par Scènes d’Enfance et d’Ailleurs, avec le concours de l’Observatoire des Politiques Culturelles, au Monfort théâtre, samedi 20 octobre 2012.

Manifeste pour une politique artistique et culturelle du spectacle vivant en direction de la jeunesse : 40 propositions pour le jeune public. www.scenesdenfance.com - Complémentairement, Site : www. pourleducationartistique.overblog.com

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