Juste la fin du monde

Juste la Fin du monde, de Jean-Luc Lagarce, mise en scène de  Serge Lipszyc.

Juste la fin du monde indexJean-Luc Lagarce est l’un des auteurs  français les plus joués aujourd’hui, devenant peu à peu un auteur populaire, lui qui, de son vivant, était plus reconnu pour ses mises en scènes de classiques que pour ses propres pièces.
Juste la fin du monde met en scène la visite manquée du fils aîné à sa famille : il vient annoncer sa mort prochaine, mais n’ose pas le faire ou n’y arrive pas, et repart oppressé par les petites querelles familiales et les grands malentendus.
Thème essentiel, qui détermine son style d’un parler/écrit toujours en train de se corriger, dans la bouche de tous les personnages, à la recherche du mot si possible, juste. Dans cette famille, on assiste presque à un expérience de laboratoire : l’aîné revient après de nombreuses années, qu’est-ce que cela va produire ? Test avec la petite sœur, volubile, puis avec la belle-sœur, inconnue, gênée avec le cadet, « taiseux  » puis des plus bavards .Quant à la mère, elle essaie juste de tout concilier. Impossible, évidemment.
Avec un fond si riche de malentendus, de gêne, il est tentant d’aller du côté de la comédie, ce que fait aussitôt Lipszyc. Et il n’y va pas avec le dos de la cuiller…Parfois, ça marche, et l’on rit franchement à se reconnaître dans ces ratages familiaux. Mais certaines  scènes relèvent de l’exercice d’école, et d’autres ne s’en remettent pas. Jean-Luc Lagarce, encore une fois, invente sa poétique propre du malentendu, qui a parfois juste besoin d’une simple écoute, sans fariboles, sans explications.
Il est dommage, par exemple, que les hésitations de la belle-sœur soient, dans cette mise en scène, soumises à une mimique de correction grammaticale de l’ “intellectuel de Paris“ : c’est inutilement réducteur, pour l’un comme pour l’autre des deux personnages.
En même temps, on comprend le choix de cette pièce pour l’ARIA (Association des Rencontres Internationales Artistiques ) qui travaille à la formation, au partage entre professionnels et amateurs, à la décentralisation théâtrale dans une Corse, peu gâtée sur ce plan. Mais on aurait aimé que ces missions, au lieu d’être montrées dans le spectacle, décapent, renouvellent la pièce et la lecture qu’on peut en faire.
Mais là, malgré de bons passages de comédie, on reste sur sa faim.

Christine Friedel

Étoile du Nord  21 h. T: 01-42-26-47-47
À 19h30, par une partie de la troupe : Une Entreprise laborieuse, d’ Hanoch Levin

 


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