Les trois petits Cochons

Les Trois Petits Cochons, adaptation de Marcio Abreu et Thomas Quillardet, mise en scène de Thomas Quillardet.

Les trois petits Cochons f-340-509cf295334aeThomas Quillardet avait mis en scène avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité, Le Repas de Valère Novarina et Villégiature d’après Goldoni et s’était attaqué de façon moins heureuse aux Autonautes d’après Julio Cortazar et Carol Dunlop. (voir les compte-rendus dans Le Théâtre du Blog).
Le conte des Trois petits Cochons remonte sans doute au Moyen-Age et a  été, au vingtième siècle, plus connu par le court-métrage de Walt Disney (1933) qui, de façon assez puritaine,  avait évacué la mort deux premiers petits cochons et celle du loup, ce qui rendait  le récit  assez anodin. Tex Avery, plus finement, en 42,  inventa un grand méchant loup qui avait la tête d’Hitler…

Thomas Quillardet a, lui, décidé de revenir à une  version  où la mort comme le deuil sont tout à fait présents mais  conjugués à un burlesque assumé. Les trois petits cochons partent ainsi à la découverte d’un monde inconnu où le danger et le fantastique font partie de la vie quotidienne.
Il s’agit d’une maman cochon qui a décidé d’envoyer ses enfants loin de la ferme où ils ont toujours vécu avec elle pour qu’ils voient du pays. Sans doute pour qu’ils échappent au couteau du charcutier qui  s’apprête déjà à transformer la truie en boudin et saucissons.  L’histoire ici, à la fois contée et jouée ,n’échappe pas à la règle du voyage initiatique qui est celle de très nombreux contes pour enfants; on  notera qu’il n’y a pas de père dans cette curieuse famille!
Ils vont alors beaucoup marcher dans des contrées lointaines et se construire chacun une maison en paille grâce à Claude,  un homme qui deviendra leur ami et qui leur donnera la matière première.
Mais le loup va  les détruire toutes les trois, et manger le premier petit cochon; les deux autres se construiront une vraie maison mais en bois, que le loup détruira en soufflant dessus aussi et dévorera le deuxième petit cochon. Le troisième petit cochon, instruit par ce sinistre voyage, se fera une maison en plaques de fer. Le loup, qui voulait absolument entrer, passera par la cheminée mais tombera dans la grande marmite de soupe où ils s’ébouillantera… et le seul petit cochon resté vivant aura ainsi une délicieuse soupe toute prête. Cruel mais bien vu!
 Il y a dans la salle,  des adultes mais aussi un nombre de petits enfants (cinq à six ans)tout à fait impressionnés par cette remarquable mise en scène, pleine  d’humour qui peut se lire à plusieurs niveaux, et dont la direction d’acteurs est exemplaire.
C’est Bakary Sangaré (la Mère et Claude), et Serge Bagdassarian (le méchant charcutier puis Le Loup), et Julie Sicard, Stéphane Varupenne et Marion  Malenfant qui incarnent les trois petits cochons, habillés de patauguas, lunettes, chaussettes blanches. ils portent tous, pour la maman une grand robe d’autrefois, et  un bonnet de coton-cela fait penser aux dessins de Beatrix Potter, et pour les autres des chemisettes à carreaux.
Les cinq acteurs ont une formidable présence et  ont visiblement plaisir à jouer ensemble. l y a,  entre autres, une très belle scène où le grand méchant loup arrive avec un caddie plein d’accessoires et de disques qu’il veut faire entendre aux trois petits cochons, pour les séduire, et il écarte  ceux dont il  ne veut pas comme ces Fables de la Fontaine dites par les acteurs de la Comédie-Française,  avant de prendre un souffleur à feuilles mortes et de faire s’envoler les trois maisons de paille, au son d’un orchestre rock. Ou la dernière scène du spectacle quand  une voix off dit:  » Par respect pour  nos plus jeunes spectateurs, nous n’avons pas voulu montrer la mort du grand méchant loup ».  Ce qui était en fait difficile. On voit alors  Serge Bagdassarian, affalé dans la marmite et le dernier des petits cochons savourant une louche de ce délicieux potage.

Le spectacle est ainsi fait de multiples et délicieuses  touches d’humour, par exemple quand la mère raconte l’histoire qui commence à avoir lieu devant nous, ou quand le grand méchant loup dit qu’il était triste quand il a dévoré la sœur du petit cochon. On oubliera la seconde maison de bois  faite de décors à l’envers: astucieux mais pas très convaincant, et les chansons… en anglais.
Mais, à ces bémols près, quel merveilleux spectacle, à la fois dénué de prétention  et d’une grande précision, et qui dit beaucoup de choses aux enfants émerveillés par  les personnages fantastiques de ce conte cruel et burlesque à la fois, qui remue aussi les adultes.

Philippe du Vignal

Comédie-Française. Studio-Théâtre à 18h 30 jusqu’au 30 décembre. (Attention la jauge est très limitée et  plusieurs représentations affichent déjà complet)


Archive pour 18 novembre, 2012

Les trois petits Cochons

Les Trois Petits Cochons, adaptation de Marcio Abreu et Thomas Quillardet, mise en scène de Thomas Quillardet.

Les trois petits Cochons f-340-509cf295334aeThomas Quillardet avait mis en scène avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité, Le Repas de Valère Novarina et Villégiature d’après Goldoni et s’était attaqué de façon moins heureuse aux Autonautes d’après Julio Cortazar et Carol Dunlop. (voir les compte-rendus dans Le Théâtre du Blog).
Le conte des Trois petits Cochons remonte sans doute au Moyen-Age et a  été, au vingtième siècle, plus connu par le court-métrage de Walt Disney (1933) qui, de façon assez puritaine,  avait évacué la mort deux premiers petits cochons et celle du loup, ce qui rendait  le récit  assez anodin. Tex Avery, plus finement, en 42,  inventa un grand méchant loup qui avait la tête d’Hitler…

Thomas Quillardet a, lui, décidé de revenir à une  version  où la mort comme le deuil sont tout à fait présents mais  conjugués à un burlesque assumé. Les trois petits cochons partent ainsi à la découverte d’un monde inconnu où le danger et le fantastique font partie de la vie quotidienne.
Il s’agit d’une maman cochon qui a décidé d’envoyer ses enfants loin de la ferme où ils ont toujours vécu avec elle pour qu’ils voient du pays. Sans doute pour qu’ils échappent au couteau du charcutier qui  s’apprête déjà à transformer la truie en boudin et saucissons.  L’histoire ici, à la fois contée et jouée ,n’échappe pas à la règle du voyage initiatique qui est celle de très nombreux contes pour enfants; on  notera qu’il n’y a pas de père dans cette curieuse famille!
Ils vont alors beaucoup marcher dans des contrées lointaines et se construire chacun une maison en paille grâce à Claude,  un homme qui deviendra leur ami et qui leur donnera la matière première.
Mais le loup va  les détruire toutes les trois, et manger le premier petit cochon; les deux autres se construiront une vraie maison mais en bois, que le loup détruira en soufflant dessus aussi et dévorera le deuxième petit cochon. Le troisième petit cochon, instruit par ce sinistre voyage, se fera une maison en plaques de fer. Le loup, qui voulait absolument entrer, passera par la cheminée mais tombera dans la grande marmite de soupe où ils s’ébouillantera… et le seul petit cochon resté vivant aura ainsi une délicieuse soupe toute prête. Cruel mais bien vu!
 Il y a dans la salle,  des adultes mais aussi un nombre de petits enfants (cinq à six ans)tout à fait impressionnés par cette remarquable mise en scène, pleine  d’humour qui peut se lire à plusieurs niveaux, et dont la direction d’acteurs est exemplaire.
C’est Bakary Sangaré (la Mère et Claude), et Serge Bagdassarian (le méchant charcutier puis Le Loup), et Julie Sicard, Stéphane Varupenne et Marion  Malenfant qui incarnent les trois petits cochons, habillés de patauguas, lunettes, chaussettes blanches. ils portent tous, pour la maman une grand robe d’autrefois, et  un bonnet de coton-cela fait penser aux dessins de Beatrix Potter, et pour les autres des chemisettes à carreaux.
Les cinq acteurs ont une formidable présence et  ont visiblement plaisir à jouer ensemble. l y a,  entre autres, une très belle scène où le grand méchant loup arrive avec un caddie plein d’accessoires et de disques qu’il veut faire entendre aux trois petits cochons, pour les séduire, et il écarte  ceux dont il  ne veut pas comme ces Fables de la Fontaine dites par les acteurs de la Comédie-Française,  avant de prendre un souffleur à feuilles mortes et de faire s’envoler les trois maisons de paille, au son d’un orchestre rock. Ou la dernière scène du spectacle quand  une voix off dit:  » Par respect pour  nos plus jeunes spectateurs, nous n’avons pas voulu montrer la mort du grand méchant loup ».  Ce qui était en fait difficile. On voit alors  Serge Bagdassarian, affalé dans la marmite et le dernier des petits cochons savourant une louche de ce délicieux potage.

Le spectacle est ainsi fait de multiples et délicieuses  touches d’humour, par exemple quand la mère raconte l’histoire qui commence à avoir lieu devant nous, ou quand le grand méchant loup dit qu’il était triste quand il a dévoré la sœur du petit cochon. On oubliera la seconde maison de bois  faite de décors à l’envers: astucieux mais pas très convaincant, et les chansons… en anglais.
Mais, à ces bémols près, quel merveilleux spectacle, à la fois dénué de prétention  et d’une grande précision, et qui dit beaucoup de choses aux enfants émerveillés par  les personnages fantastiques de ce conte cruel et burlesque à la fois, qui remue aussi les adultes.

Philippe du Vignal

Comédie-Française. Studio-Théâtre à 18h 30 jusqu’au 30 décembre. (Attention la jauge est très limitée et  plusieurs représentations affichent déjà complet)

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