LES OISEAUX

Les Oiseaux d’Aristophane, mise en scène de Madeleine Louarn.

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©Christian Berthelot

Pour sa version des Oiseaux, Madeleine Louarn s’est entourée d’une sacrée équipe artistique-on ne peut pas dire moins-, autour de l’atelier Catalyse (Centre d’Aide par le Travail) qui regroupe des comédiens professionnels handicapés mentaux.
Dans les cintres, des nuées de ballons blancs, et sur le cyclo, tous les jeux de projection, d’ombres chinoises, de décor à l’envers et à l’endroit…
À l’oreille, un travail sur le son  toujours inventif, qui fait de nous des enfants consentants. À l’écriture, Frédéric Vossier. Son adaptation est à la fois très fidèle, presque trop-on doit s’accrocher pour suivre le fil-personnelle et tout fait  contemporaine.Et surtout très réjouissante: bonne idée, même si c’est une contrainte imposée par la  composition de la troupe, de remplacer les deux citoyens par deux citoyennes, espèce inconnue de la démocratie athénienne, bonne raison de se révolter et d’aller voir ailleurs.
Anachronismes, suspensions de séance pour concours d’injures ou admonestation du public, mariage final entre deux princesses charmantes,  laissent quand même planer, entre deux éclats de rire, une certaine mélancolie. Le théâtre ne peut pas tout, lui non plus.

Mais il peut beaucoup : Madeleine Louarn et son équipe mènent toute la troupe au mieux de ce qu’elle peut donner au public, très loin.
Avec les comédiens handicapés de l’atelier Catalyse, tout devient défi, tout condamne à l’invention. Une difficulté d’élocution ? Le texte, avec un énorme humour graphique, s’affiche sur l‘écran. Un “trou“? La souffleuse intervient, tranquillement emplumée, avec sa poésie propre. Un ralentissement de l’action ? Le spectateur découvre qu’on peut entrer, de son plein gré, dans un autre rythme.Ici les comédiens sont, en effet, différents. Pas de langue de bois : il s’agit de tirer le meilleur, au profit du théâtre, de ces différences.
On est dans le vrai. Vrai rire, vraie concentration à laquelle beaucoup de comédiens dits normaux, n’arrivent pas, « handicapés » eux  par trop de facilité. Ici, on a affaire à une vraie générosité, à un vrai bonheur de jouer. Du beau travail, qui fait ce pour quoi l’art est fait : ouvrir des fenêtres mentales, par et pour le plaisir, encore.

Christine Friedel


Spectacle vu à la Ferme du Buisson, dans le cadre du Festival d’automne; maintenant en tournée.

 


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