Un Chapeau de Paille d’Italie

Un Chapeau de Paille d’Italie d’Eugène Labiche, mise en scène de Gilles Bouillon.

Un Chapeau de Paille d'Italie un-chapeau-615C’est la fête à Labiche. Après la mise en scène de Gorgio Barberio Corsetti à la Comédie-Française, (voir Le Théâtre du Blog) qui avait tiré la pièce  vers une version assez esthétisante où  on apercevait  parfois le monde de Labiche. Gilles Bouillon, directeur du Centre dramatique de Tours, a, lui, fait les choses de façon plus simple, et essayé de « conjuguer, dit-il,  la virtuosité verbale et l’énergie du geste, le mouvement et l’engagement « athlétique » des acteurs dans le jeu, le rire irrésistible et l’audace, la violence même et l’extravagance qui conduit sinon toujours au bord de la folie,du moins à la révélation « . Cela lui réussit assez bien dans quelques-uns des  meilleurs moments du spectacle, ceux sans doute où tous les comédiens  chantent en chœur les petits couplets bien écrits par Alain Bruel.
C’est  Frédéric Cherbœuf qui s’y colle dans  Fadinard et les autres rôles sont plutôt bien tenus par l’équipe habituelle des comédiens de Bouillon; Cherbœuf y est tout fait crédible mais dans le genre un peu effacé, et Bouillon aurait pu pousser cet excellent acteur  beaucoup plus loin, justement dans l’extravagance et « l’engagement athlétique ».  Sa direction d’acteurs est tout à fait honnête mais il n’y guère là de véritable audace. Labiche n’est, on le sait, un auteur pas si facile que cela à monter…
On aurait aimé qu’un vent de folie  emmène davantage tous les personnages,  dès lors qu’il sont placés dans des situations intenables comme ces quiproquos teintés de surréalisme. Mais là, on n’y est  pas tout à fait…
Bouillon a demandé à sa scénographe/épouse de revoir les choses loin de la  reconstitution de décors traditionnels. Nathalie Holt a donc imaginé des châssis à roulettes, couverts de papier peint à très grosses fleurs mais  pas très réussis, sans doute pour donner une petite note surréaliste? Les comédiens font bouger ces châssis entre chaque acte, dissimulés à la vue du public par un étrange petit rideau brechtien que l’on tire à chaque fois. Pourquoi pas?
Mais cela est long, long et casse le rythme du spectacle alors que cela ne dure qu’à peine plus d’une minute… Certes, les décors peuvent circuler mais cela ne veut pas dire qu’il y aient  la fluidité nécessaire, l’art de l’ellipse et la dimension poétique évoquées par Bouillon avec quelque satisfaction. On ne dira jamais assez qu’une bonne scénographie est la base indispensable à une bonne mise en scène de Labiche. Les costumes, inspirés de ceux du 19ème siècle, sont mieux traités et eux, justement délirants
!
En tout cas, le burlesque ne jaillit pas vraiment, sauf aux moments où, entre autres, arrive le futur beau-père de Fadinard- très bien  interprété par Jean-Luc Guitton- avec sa réplique culte: « Tout est rompu, mon gendre ». Et cette lecture d’Eugène Labiche, bien réglée et sans à-coups, reste quand même trop sage.
Alors à voir? On ne vous y poussera pas..Ces deux heures sont loin d’être désagréables mais parfois longuettes sur la fin où la mise en scène de Gilles Bouillon semble s’essouffler. On repense avec une certaine nostalgie à la mise en scène de Georges Lavaudant…

Philippe du Vignal

 

Théâtre de la Tempête jusqu’au 16 décembre. T: 01-43-28-36-36


Archive pour 30 novembre, 2012

Un Chapeau de Paille d’Italie

Un Chapeau de Paille d’Italie d’Eugène Labiche, mise en scène de Gilles Bouillon.

Un Chapeau de Paille d'Italie un-chapeau-615C’est la fête à Labiche. Après la mise en scène de Gorgio Barberio Corsetti à la Comédie-Française, (voir Le Théâtre du Blog) qui avait tiré la pièce  vers une version assez esthétisante où  on apercevait  parfois le monde de Labiche. Gilles Bouillon, directeur du Centre dramatique de Tours, a, lui, fait les choses de façon plus simple, et essayé de « conjuguer, dit-il,  la virtuosité verbale et l’énergie du geste, le mouvement et l’engagement « athlétique » des acteurs dans le jeu, le rire irrésistible et l’audace, la violence même et l’extravagance qui conduit sinon toujours au bord de la folie,du moins à la révélation « . Cela lui réussit assez bien dans quelques-uns des  meilleurs moments du spectacle, ceux sans doute où tous les comédiens  chantent en chœur les petits couplets bien écrits par Alain Bruel.
C’est  Frédéric Cherbœuf qui s’y colle dans  Fadinard et les autres rôles sont plutôt bien tenus par l’équipe habituelle des comédiens de Bouillon; Cherbœuf y est tout fait crédible mais dans le genre un peu effacé, et Bouillon aurait pu pousser cet excellent acteur  beaucoup plus loin, justement dans l’extravagance et « l’engagement athlétique ».  Sa direction d’acteurs est tout à fait honnête mais il n’y guère là de véritable audace. Labiche n’est, on le sait, un auteur pas si facile que cela à monter…
On aurait aimé qu’un vent de folie  emmène davantage tous les personnages,  dès lors qu’il sont placés dans des situations intenables comme ces quiproquos teintés de surréalisme. Mais là, on n’y est  pas tout à fait…
Bouillon a demandé à sa scénographe/épouse de revoir les choses loin de la  reconstitution de décors traditionnels. Nathalie Holt a donc imaginé des châssis à roulettes, couverts de papier peint à très grosses fleurs mais  pas très réussis, sans doute pour donner une petite note surréaliste? Les comédiens font bouger ces châssis entre chaque acte, dissimulés à la vue du public par un étrange petit rideau brechtien que l’on tire à chaque fois. Pourquoi pas?
Mais cela est long, long et casse le rythme du spectacle alors que cela ne dure qu’à peine plus d’une minute… Certes, les décors peuvent circuler mais cela ne veut pas dire qu’il y aient  la fluidité nécessaire, l’art de l’ellipse et la dimension poétique évoquées par Bouillon avec quelque satisfaction. On ne dira jamais assez qu’une bonne scénographie est la base indispensable à une bonne mise en scène de Labiche. Les costumes, inspirés de ceux du 19ème siècle, sont mieux traités et eux, justement délirants
!
En tout cas, le burlesque ne jaillit pas vraiment, sauf aux moments où, entre autres, arrive le futur beau-père de Fadinard- très bien  interprété par Jean-Luc Guitton- avec sa réplique culte: « Tout est rompu, mon gendre ». Et cette lecture d’Eugène Labiche, bien réglée et sans à-coups, reste quand même trop sage.
Alors à voir? On ne vous y poussera pas..Ces deux heures sont loin d’être désagréables mais parfois longuettes sur la fin où la mise en scène de Gilles Bouillon semble s’essouffler. On repense avec une certaine nostalgie à la mise en scène de Georges Lavaudant…

Philippe du Vignal

 

Théâtre de la Tempête jusqu’au 16 décembre. T: 01-43-28-36-36

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