Vïï-Le roi terre de Klim

Viï-le Roi-terre de Klim inspiré de Nicolas Gogol mise en scène de Vlad Troitskyi.

Vïï-Le roi terre de Klim le-roi-vii

Ce spectacle de deux longues heures, librement inspiré d’une nouvelle de Gogol, a donné lieu en 67 à la réalisation du premier film d’horreur soviétique. Mélangeant mysticisme et sorcellerie, c’est le récit de l’aventure d’étudiants en prise avec le pouvoir maléfique de Viï, le chef des gnômes ! Le metteur en scène nous fait ainsi voyager dans les profondeurs de la forêt ukrainienne  “un monde oublié en passe de disparaître avec tous ses rites, son mysticisme et sa force métaphysique”.
Un projet ambitieux mais… partiellement réussi, même si la scénographie et les musiques contribuent à créer de beaux moments de théâtre. Sur un plateau couvert de copeaux de bois, des troncs d’arbres occupent l’espace des cintres au sol, le plus souvent dans la pénombre. Tables et bancs en bois complètent le décor. Et s’y ajoute aussi le bois des instruments à cordes, des tambours et des bâtons qui font résonner régulièrement une musique violente et belle du groupe musical Dakhabrakha que Vlad Ttoitskyi a fondé en 2004 en mêlant folklore et musique actuelle.
Ces polyphonies envoûtantes contribuent au jeu totalement incarné des comédiens ukrainiens, (mention spéciale au comédien qui joue un fou enchainé mi-homme mi-Christ) et créent une ambiance mystique et sauvage pour ces rituels de mariage et de mort d’une grande beauté mais… cassés par le jeu des deux comédiens francophones! Ont-ils été recrutés pour les besoins de la coproduction du théâtre Vidy de Lausanne, ou pour rendre la fable plus crédible et plus rationnelle? En tout cas, l’association de ces deux modes de jeu ne fonctionne pas et brouille le message du metteur en scène qui veut, dit-il,  « mettre en avant le côté mystique de la culture ukrainienne » et le fondre avec notre rationalité.
Pour lui, la société actuelle qui « délaisse toute croyance et qui s’en remet au pouvoir de l’argent »,  n’a plus aucun repère. Artiste slave, il vit « chaque jour comme le dernier jour » et déplore la disparition de la notion de héros: « J’appelle les héros, des gens capables de ne pas se cantonner à vivre leur vie, mais qui se battent aussi pour bousculer et faire avancer les choses. Aujourd’hui, tout est propre, rangé, neutre, voire nul. Il n’y a plus d’énergie ».
Les intentions de ce scénographe et faiseur d’images avisé sont sans doute excellentes mais cela fait d’autant plus regretter un manque total d’harmonie dans le jeu des acteurs.

Jean Couturier

Théâtre de la Ville jusqu’au 14 décembre.

 


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