L’Omme vit très bien toute seule

L’Omme vit très bien toute seule, et Contre les bêtes, de Jacques Rebotier

 

Vite, une heureuse surprise à la Java, (105) rue du faubourg du temple. Pour quelques soirs, une autre danse anime le plancher du célèbre bal. En deux volets, Jacques Rebotier, poète, musicien, artiste multi instrumentiste, lance le chant funèbre, en un lyrisme plein d’humour et de rudesse, des espèces en voie de disparition. Honte à l’Omme – c’est ainsi qu’il écrit le nom de l’espèce humaine, sous les espèces de ce qu’il exècre -. Honte au prédateur numéro un. Dans la première partie, due à Hélène Mathon, la parole se distille goutte à goutte, au fil des images, et s’incarne peu à peu de fort gracieuse façon. Sur un écran ouvert à toutes les insinuations, on le verra, est projeté le film (de Christophe Archambo) d’une nature vue au plus près, herbes et eaux, incrusté de bestioles qui ont le charme des illustrations pour enfants. La comédienne, en douceur, glisse dans les interstices la parole impitoyable de Jacques Rebotier. Elle apparaît peu à peu, fait corps avec cette nature projetée, devient naïade, dryade, vouivre, fée des roseaux. Tout contre les bêtes : le charme d’une poésie écologique.

Dans la seconde partie du spectacle, Jacques Rebotier reprend la parole et son écologie poétique. Contre les bêtes, c’est un discours, un pamphlet, un chant de colère devant ce que l’Omme a fait de la terre et du monde, poussé sur le terreau de Rabelais. On est bien obligé d’inventer une langue, pour dire la réalité inédite du monde : adaptez-vous ou disparaissez ! C’est valable aussi pour les hommes, s’il en reste. Jacques Rebotier compte des moutons qui ne font pas dormir, fustige le classement entre “utiles“ (à qui ? ) et “nuisibles“, embrasse la cause des puants, des sauvages, des lucioles et des « pipaillons ». Il joue son poème, le danse, s’énerve qu’on chante encore « le loup, le renard et la belette » dans un pays où l’on serait bien en peine d’en voir. Tout cela sur de misérables petits carrés de fausse herbe : voilà où nous en sommes avec la nature !

Une poésie vigoureuse, abondante, à dévorer de suite, sur place ou ailleurs : l’auteur garde Contre les bêtes à son répertoire.

Christine Friedel

La Java ––01 42 02 20 42 – jusqu’au 22 décembre

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