Le Cid

Le Cid de Corneille , mise en scène de Sandrine Anglade.

Le Cid le_cid

©Mantoue François Pascal

Un plateau nu; dans les hauteurs des cintres, sont accrochés des fanions rouges en bouquets – les couleurs de l’Espagne et de la suprématie d’un royaume fier. En dessous, trois grands mâts sans nulle voilure, des drisses suspendues, tournent sur eux-mêmes, ouvrant l’espace ou bien l’enserrant dans un jeu de tourniquet, frôlant le sol du port maritime.
Le quai est couvert de copeaux sombres, de lanières coupées de cuir brun, tapis préparatoire inquiétant pour guerriers. À l’intérieur de ce volume singulier, à la fois intense et léger, résonnent les rythmes âcres et vigoureux du jazzman et batteur Nicolas Larmignat.
Sa musique est à l’écoute des tensions de la tragi-comédie cornélienne : attente, suspense, angoisse, pressentiment malheureux des drames à venir.
La pièce traite clairement de la question de la transmission et de l’héritage dans le passage des générations. Il y a ainsi, sage et raisonnable, le roi de Castille, Don Fernand (Gérard Hardy) auquel l’Infante (Sterenn Guirriec), majestueuse, rend ses comptes filiaux de souveraine. Don Diègue (Jean-Paul Muel), fraise blanche au cou, grand serviteur du royaume :  » Mon bras qui tant de fois a sauvé cet empire », est le père de Rodrigue (Damien Houssier), dont la destinée héroïque est en route, puisqu’il doit venger l’affront fait à son père par Don Gomez comte de Gormas (Laurent Montel) et père de Chimène (Géraldine Szajman), jeune fille dont Rodrigue est, par ailleurs et d’abord, l’amant.
Don Gomez est un homme arrogant du royaume de Castille qui n’a pu obtenir le titre de précepteur du prince, dévolu à son rival plus âgé, Don Diègue qu’il a giflé.
Ces portraits de  sages dégagent une puissance incontestable : celle de l’expérience de la vie et du temps exploré. Pour les jeunes, c’est amour ou honneur  mais les valeurs de l’honnête homme ont du mal à se conjuguer… C’est l’honneur que préfère Rodrigue ; Chimène, elle, pencherait pour l’amour. À moins que ce ne soit l’inverse…
Dans cette œuvre mythique, il y a des scènes de violence baroque, des fresques et des peintures vivantes, offertes au public qui ne les avait  jamais vues traités comme cela sur une scène. Comme le duel de Rodrigue et de Don Gomez, superbement chorégraphié par le maître d’armes Christophe Mie, et le récit du combat du jeune héros contre les Maures orchestré avec un soin précieux, sous une pluie de pétales rouges sang tombé des fureurs d’un ciel d’orage.
L’alexandrin provocateur de vérité, est ici déroulé avec patience et rigueur, soutenu par la libre résonance de la batterie. Pierre-François Doireau, un gentilhomme castillan , narrateur joue sa partition avec flamme.
Un travail raffiné à la manière de Sandrine Anglade, créé à la Maison de la Culture de Nevers et de la Nièvre.

Véronique Hotte

Théâtre de Cachan, le 26 janvier. Comédie de Picardie à Amiens jusqu’au 10 février :
03 22 22 20 20 et Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines du 19 au 23 février. T: 01-30-96-99-00


Archive pour 23 janvier, 2013

Le Cid

Le Cid de Corneille , mise en scène de Sandrine Anglade.

Le Cid le_cid

©Mantoue François Pascal

Un plateau nu; dans les hauteurs des cintres, sont accrochés des fanions rouges en bouquets – les couleurs de l’Espagne et de la suprématie d’un royaume fier. En dessous, trois grands mâts sans nulle voilure, des drisses suspendues, tournent sur eux-mêmes, ouvrant l’espace ou bien l’enserrant dans un jeu de tourniquet, frôlant le sol du port maritime.
Le quai est couvert de copeaux sombres, de lanières coupées de cuir brun, tapis préparatoire inquiétant pour guerriers. À l’intérieur de ce volume singulier, à la fois intense et léger, résonnent les rythmes âcres et vigoureux du jazzman et batteur Nicolas Larmignat.
Sa musique est à l’écoute des tensions de la tragi-comédie cornélienne : attente, suspense, angoisse, pressentiment malheureux des drames à venir.
La pièce traite clairement de la question de la transmission et de l’héritage dans le passage des générations. Il y a ainsi, sage et raisonnable, le roi de Castille, Don Fernand (Gérard Hardy) auquel l’Infante (Sterenn Guirriec), majestueuse, rend ses comptes filiaux de souveraine. Don Diègue (Jean-Paul Muel), fraise blanche au cou, grand serviteur du royaume :  » Mon bras qui tant de fois a sauvé cet empire », est le père de Rodrigue (Damien Houssier), dont la destinée héroïque est en route, puisqu’il doit venger l’affront fait à son père par Don Gomez comte de Gormas (Laurent Montel) et père de Chimène (Géraldine Szajman), jeune fille dont Rodrigue est, par ailleurs et d’abord, l’amant.
Don Gomez est un homme arrogant du royaume de Castille qui n’a pu obtenir le titre de précepteur du prince, dévolu à son rival plus âgé, Don Diègue qu’il a giflé.
Ces portraits de  sages dégagent une puissance incontestable : celle de l’expérience de la vie et du temps exploré. Pour les jeunes, c’est amour ou honneur  mais les valeurs de l’honnête homme ont du mal à se conjuguer… C’est l’honneur que préfère Rodrigue ; Chimène, elle, pencherait pour l’amour. À moins que ce ne soit l’inverse…
Dans cette œuvre mythique, il y a des scènes de violence baroque, des fresques et des peintures vivantes, offertes au public qui ne les avait  jamais vues traités comme cela sur une scène. Comme le duel de Rodrigue et de Don Gomez, superbement chorégraphié par le maître d’armes Christophe Mie, et le récit du combat du jeune héros contre les Maures orchestré avec un soin précieux, sous une pluie de pétales rouges sang tombé des fureurs d’un ciel d’orage.
L’alexandrin provocateur de vérité, est ici déroulé avec patience et rigueur, soutenu par la libre résonance de la batterie. Pierre-François Doireau, un gentilhomme castillan , narrateur joue sa partition avec flamme.
Un travail raffiné à la manière de Sandrine Anglade, créé à la Maison de la Culture de Nevers et de la Nièvre.

Véronique Hotte

Théâtre de Cachan, le 26 janvier. Comédie de Picardie à Amiens jusqu’au 10 février :
03 22 22 20 20 et Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines du 19 au 23 février. T: 01-30-96-99-00

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