Davos

Davos, conception et réalisation de  Lise Ardaillon et  Sylvain Milliot


Davos 315342

Le Théâtre Saint-Gervais,à Genève qui accueillait ce spectacle du 15 au 19 janvier 2013, fête ses cinquante ans. Sous la houlette de Philippe Macasdar, ce petit lieu mène contre vents et marées des activités ambitieuses. C’est d’abord une Maison des compagnies, qui réunit des équipes de création, parmi les plus inventives de la scène romande.
Il accueille aussi des spectacles de structures plus confirmées: Berliner Ensemble ou Piccolo Teatro  en passant par Rodrigo Garcia, Jean-Louis Hourdin, Slimane Benaïssa, Armand Gatti, Olivier Py, Isabelle Pousseur, Thierry Bedard, Giovanna Marini, , le Théâtre Dramatique de Vanadzor, le Théâtre arabo-juif de Jaffa, le Théâtre national palestinien de Jérusalem.
Enfin, il privilégie la transversalité et l’interdisciplinarité convoquant au théâtre la vidéo, les arts numériques, le cinéma, la musique, des conférences, des colloques et des expositions. « Il dessine avec insistance le répertoire éclaté d’un théâtre en soucis du monde ».
Davos : le titre, du nom de la petite station suisse évoque  le cadre de La Montagne magique mais aussi le sommet où se rassemblent annuellement les grands de ce monde afin de débattre des problèmes les plus urgents de la planète.
L’espace est occupé par des pyramides de verre plastique figurant les Alpes suisses ou les hautes tours érigées dans les quartiers d’affaires de nos modernes mégalopoles, les montagnes russes des cours de la bourse, celles d’un électrocardiogramme ou encore l’univers froid d’un hôpital contemporain.
Dans ce labyrinthe aérien et translucide, et  savamment éclairé, un homme court, court, court sur un tapis mécanique, se mettant en condition pour le World Economic Forum, coaché par la voix de Lise Ardillon, assise au bord du plateau.
Il court aussi à sa perte. Bientôt, il va tomber malade: à bout de souffle, crachant ses poumons, le voici aux mains des médecins.  Il s’appelle Hans Castorp, nom du fameux personnage de la Montagne magique qui, venu rendre visite à son cousin au sanatorium, y restera des années, s’enfonçant dans la maladie.
Davos
s’inspire du livre de Thomas Mann, et mêle métaphoriquement deux univers déliquescents voués à la faillite: la bourgeoisie décadente d’avant la première guerre mondiale et les chantres du libéralisme du XXIème siècle. Le parcours du jeune cadre dynamique suit celui du jeune ingénieur de Hambourg… Quelques bribes du roman nous parviennent:conversations entre cousins, souvenirs d’enfance de Hans, chalet familial dans la neige  dont se souvient le héros au moment de sa mort…
L’analogie s’arrête là. Le spectacle, par son style dépouillé et ramassé (qui, de ce fait,  manque parfois de chair) ne veut pas être un condensé de l’œuvre-fleuve de Mann, ni l’adaptation de ce  roman d’apprentissage. Il s’agit plutôt d’une évocation,d’une rêverie où le spectateur est invité, grâce à la gestuelle de plus en plus ralentie de l’acteur (Roberto Molo),  et par la voix apaisante, comme suspendue, de l’actrice et par la musique calmement rythmée de Sylvain Milliot.
La jeune compagnie bicéphale Les Moteurs multiples, née en 2006 à Annecy, signe ici sa seconde création. Un parcours très visuel, sensible et intelligent, sans prêchi-prêcha militant, dans l’ambiance  délétère d’une société campée sur ses fausses certitudes, tant et si bien qu’elle risque de tomber de haut…

Mireille Davidovici

Le spectacle sera repris en mars à Bonlieu, Scène nationale d’Annecy. Compagnie Les moteurs multiples : www.lesMoteursMultiples. com

 

 


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