Les arnaqueurs

Les Arnaqueurs d’Ilirjan Bezhani, traduction de Christiane Montecot, mise en scène de Clément Peretjatko.

Belle surprise que la découverte inattendue de ce spectacle d’ombres.! Ilirjan Bezhani avait fait un premier séjour en 98 à l’Échangeur de Bagnolet, avant d’être invité au Francophonies théâtrales de Limoges et  Dominique Dolmieu, directeur de la Maison d’Europe et d’Orient, avait monté Les Arnaqueurs  l’année suivante  lors d’une saison albanaise.
Cette  « comédie tragique » relate avec un humour insolite le gigantesque krach financier qui secoua l’Albanie en 97. L’effondrement brutal de 80% de l’économie  avait provoqué une insurrection générale, des milliers de morts, et le pays était en plein chaos.
Le théâtre Collapse, pour relater cette épopée sanglante, utilise de fines et belles ombres noires découpées dans du papier, et  quatre excellents comédiens manipulent  des personnages comme Daku, l’haltérophile mal dégrossi ou  Rando, un  poète pacifiste,  qui  veulent récupérer l’argent qu’ils ont prêté, ou encore Aco, leur ami,  qui essaye   de les rassurer mais  tremble à l’idée que sa femme Donika n’apprenne qu’il a prêté l’argent économisé pour la dot de leur fille.

Une issue pour  ces personnages en mal d’argent, c’est  Juli, une femme volage qui , enceinte, envisage de vendre son futur bébé à une famille en mal d’enfant, et qui fait croire à chacun de ses amants qu’il en est le père. La simplicité de ce spectacle plein d’humour noir emporte l’adhésion des spectateurs dans la petite salle de la MEO, véritable lieu de découvertes et  foyer de vie

Edith Rappoport

Maison d’Europe et d’Orient.
http://www.collapsus.eu


Archive pour 18 février, 2013

Ubu sur la Table

Ubu sur la Table, d’après l’œuvre d’Alfred Jarry, adaptation  et mise en scène d’Olivier Ducas et Francis Monty.

Ubu sur la Table ubu_sur_la_tableDenis Marleau avait  déjà interprété Jarry à sa manière, et ses créations chorégraphiées de toutes ses pièces ( Ubu Cycle)  au Centre national des arts d’Ottawa  dans les années 80-90 , quand il était directeur artistique du Théâtre français  ont sûrement laissé leur marque sur les mises en scène actuelles de l’avant-garde du 19 ème siècle.
Actuellement, une nouvelle génération de comédiens québécois bourrés d’énergie tentent leur chance avec Ubu: son  grotesque, sa cruauté et sa stupidité destructrice y sont toujours mais l’esthétique théâtrale en a radicalement changé.  

Sur une petite table, transformée en scène miniature, Francis Monty et Olivier Ducas, acteurs féroces doués d’un sens impeccable du temps,   font littéralement vivre des objets  dans une forme de bricolage théâtral, où le moindre  bout de métal ou  la moindre forme en plastique  peuvent devenir un acteur redoutable, quand ils sont manipulés par ces joyeux lurons: la petite  brosse se transforme en mère Ubu,  la théière en Roi de Pologne, les fourchettes enfoncées dans des baguettes,  en bataillons de soldats, etc …
 Pendant une heure (la suite viendra sans doute), ils font parler, danser, voler et agir une foule d’objets, accompagnées de bruitages aussi vivants que les acteurs,  pour montrer à leur manière la victoire d’Ubu sur le Roi de Pologne. Les insultes fusent, la vaisselle vole et  les hurlements interrompent  les discours saupoudrés d’expressions locales et d’improvisations,  quand une réplique semble manquer. Le duo clownesque d’Olivier Ducas et Francis Monty doit autant au vaudeville qu’au mime et à l’esprit du cinéma comique américain: Laurel et Hardy, Abbott et  Costello,  ou les Marx Brothers.
Les comédiens entrent dans la salle, et bavardent avec les spectateurs, puis font sauter toutes les barrières pour tomber dans un chaos orchestré.   Une soirée qui se termine dans la confusion où, la fin, ils sont plongés, semble signifier leur  impuissance devant ces objets qui les envahissent et qui leur  échappent.
Le Théâtre de la Pire Espèce, qui continue ses tournées à travers l’Amérique,est  joyeusement impertinent, et c’est bien ainsi…

Alvina Ruprecht

Centre national des Arts d’ Ottawa du 12 au 16 février.

Le prince séquestré

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© Christophe Raynaud de Lage

 

 

Le Prince séquestré, texte et mise en scène de François Cervantès.
Création France-Egypte

Un personnage, appelons-le l’homme du dedans, vêtu d’un pyjama de satin clair sous un peignoir à rayures, cheveux blancs frisotés débordant du bonnet, se cache, derrière trois énormes sacs dont sortiront plus tard quelques vêtements, le résumé de sa vie, (Hassan El Geretly). Il est rejoint par un autre personnage, blessé, costume brun défraîchi, chemise rose, cravate au vent, qui éponge son visage, tuméfié (Boutros Raouf Boutros-Ghali, alias Pisso), nommons-le l’homme du dehors. Ce duo, chaussé de nez de latex, décline ses arpèges en différentes teintes, d’un air philosophal, assis sur un banc.
La scène est fermée d’une palissade d’où arrivent les bruits de la ville, un jour de rébellion. Derrière, la rue est agressive et l’ambiance surchauffée due à Xavier Brousse pour le son.
« Je suis content de te voir », dit celui du dedans. « On se connaît» ? demande l’autre, du dehors. Rencontre cruelle de deux amis qui ne se sont pas vus depuis longtemps et qui ne se reconnaissent plus, dans un monde déchiré. Ils jouent de leurs cordes sensibles, l’un avec empathie et l’autre, avec distance, jusqu’à ce qu’ils se trouvent un point commun en la personne de Retly, l’employeur autoritaire, pour l’homme du dedans, l’ami, pour celui du dehors.
Et nous voilà plongés au cœur d’un polar, quand celui du dedans, confiné à l’extrême, déclare avoir assassiné son patron à coups de couteau, pour pouvoir s’échapper, au grand étonnement de l’autre qui se tourmente et mène l’enquête: « Pour quelles raisons» demande-t-il ? » .  « Un rêve de liberté », s’entend-il répondre.
Le jeu oscille entre questions, exaspération, transgression, admiration, tentative de rapprochement et faux départs : « Tu vas partir» ? interroge celui du dedans. Chacun des personnages, a un ici et un là-bas : « Là-bas, tu as des amis »? « Oui j’ai des amis » . « Combien » ? Et l’autre, dans la joute qui les oppose, reprend la main, fièrement : « Je vais te dire qui je suis, je suis un Prince d’Ecosse, moi ! J’avais un château, un cheval, des rocs, la mer…» »Il y a de la tendresse entre les deux, il y a du rêve et quelques arrangements.
Dans ce no man’s land, le temps suspendu évoque l’univers de Beckett, dans En attendant Godot. Les personnages essaient de se reconnaître et de faire passer le temps, de se ré-inventer des identités, une dignité, de faire des projets, tandis que la réalité s’estompe. Le jeu du dedans-dehors brouille les pistes, entre l’enfermement et l’inconnu, jusqu’à l’incompréhension qui crée le quiproquo par le glissement des jeux de maux, jusqu’à ce que la rupture se consomme.
Le duo devient alors duel et l’homme du dehors, en une crise imprévisible, s’acharne sur celui du dedans, le violente et pour l’effacer de sa mémoire, disperse ses affaires au vent.
Coup de théâtre, jeux de dédoublement et clins d’œil ferment le spectacle : Retly soi-même, l’employeur assassiné, apparaît, sous les traits du personnage du dedans qui a quitté perruque et faux nez pour se présenter comme un honorable patron aimant et chercher l’absent.
De la rencontre entre Hassan El Geretly et François Cervantès, deux chefs de troupe, l’un au Caire, l’autre à Marseille,  est née cette proposition de travailler sur la figure du clown de théâtre, qui n’existe pas en Egypte. Rodé à l’exercice, le directeur de L’Entreprise, François Cervantès assisté de Catherine Germain, a écrit le texte et assuré la mise en scène, à partir d’éléments biographiques et contextuels de l’équipe égyptienne. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite…
Cervantès signe aussi la scénographie, avec Christophe Bruyas, également créateur des lumières. L’Entreprise a ouvert les portes de son théâtre avec générosité, dans un esprit de partage d’expériences, inscrivant Le Prince séquestré dans sa démarche et l’incluant dans le programme Cirque en capitales de Marseille-Provence 2013, dans lequel la Compagnie a créé et joue un second spectacle, Carnages.
« C’est une expérience nouvelle », dit Hassan El Geretly, metteur en scène, créateur et directeur du Théâtre El Warsha depuis 1987, qui a entraîné avec lui Boutros Raouf Boutros-Ghali, alias Pisso, un compagnon de route depuis de longues années, acteur emblématique de théâtre et de cinéma alternatif en Egypte. Tous deux jouent d’une belle complicité, chacun dans sa partition.
El Geretly, intéressé par l’esprit du clown et d’autres formes comme le butô, la danse, les masques et tous les spectacles codés, s’est lancé à corps perdu dans la composition de son personnage. Ses activités avec El Warsha, en Egypte, dans le Moyen-Orient et à l’étranger, sont pourtant tout autre et prennent différentes formes, allant de la tragédie grecque à la collecte de la mémoire orale, en termes de contes, danses et musiques, à travers publications, enregistrement et tournage.
Il travaille depuis toujours à la formation continue des acteurs, propose des stages animés par les nouveaux conteurs, organise des Soirées Ramadan où tout un chacun peut venir raconter, et s’investit depuis longtemps dans la transmission et la formation des jeunes générations
Dans ce cadre, Hakaya, le réseau de conteurs auquel il adhère, s’est réuni du 25 au 29 novembre dernier, avec le soutien de l’Union Européenne. El Warsha en était l’organisateur. Cette Rencontre du Caire pour les conteurs arabes a permis la confrontation des expériences, avec,
chaque matin, au centre de l’échange, un conteur-animateur et des jeux de miroirs autour de thèmes comme : qu’est-ce que c’est que raconter ? Quelle est la différence entre l’acteur ou le jeu théâtral, et le conte ? Quel est le lien entre les deux ? Quelle est le but de raconter : le but n’est-il pas dans le fait même de raconter ?
Et chaque soir étaient présentés des spectacles croisés, entre les conteurs égyptiens et les conteurs les plus chevronnés venant d’autres pays,  ainsi : Sheikh El Sayyed El Dowwi rencontrant le marocain Abdel Rehim el Makkoury, extraordinaire conteur de la Place Djemaa el Fna de Marrakech, qui a parlé du conte dans l’espace public ; Salam Yousri et sa troupe de théâtre, Limon (Taami) ; Saïd Draga face à l’algérien Amar Madi évoquant la magie des mots porteurs de messages de paix et d’amour, à partir des textes traditionnels ; Arfa Abdelrassoul et la libanaise Sara Al-Qacir qui relate les contes populaires collectés dans le patrimoine de son pays.



el-warshaEl Warsha a aussi présenté, lors des rencontres Hakaya, un spectacle Zawaya, (Les angles) composé de témoignages dont celui d’un officier de l’armée ; des ultras du football ; d’une militante des droits de l’homme ; de la mère d’un garçon tué ; d’un homme de main (appelé là-bas, baltageyya). Et les conteurs de l’oasis de Siwa s’exprimant en langue amazigh, ont animé, avec leurs musiciens, une grande fête.
El Geretly faisant le bilan d’années de travail, dit que de plus en plus de groupes, qui ont commencé à apprendre dans le sillon d’El-Warsha, utilisent le conte comme instrument essentiel de leur pratique théâtrale. Les choses se sont ensuite cristallisées, poursuit-il, au moment de la Révolution, pour mieux ressurgir ensuite, chargées : ainsi Les monologues de Tahrir, spectacle réalisé à partir d’une trentaine de témoignages sur la Révolution ; l’émergence d’un groupe d’artistes féministes Ana el Hakayya, (Je suis le conte), ou Like Jelly, au départ groupe de musiciens, qui s’est mis à raconter des histoires parlant de la vie quotidie
nne en Egypte, sur un mode mi-chanté mi-conté.
Le travail réalisé à Marseille avec Cervantès, sur le clown de théâtre, s’inscrit dans la continuité et les recherches d’El Warsha, qui, au-delà du conte, des musiques, de la danse et du théâtre, étend son vocabulaire. Fasciné par les systèmes d’apprentissage et le savoir, El Geretly insiste sur le fait que ce partenariat, ainsi que le travail en réseau, l’aide à se « coltiner la réalité », en toute indépendance.

Brigitte Rémer

Théâtre Massalia – Friche la Belle de Mai, La Cartonnerie, du 5 au 10 février, puis en tournée en Egypte, au printemps.

Ubu-Roi

Ubu-Roi d’Alfred Jarry, mise en scène de Declan Donellan.

Ubu-Roi aa3a3e00-7790-11e2-8806-79fc77f0a67a-493x328Il ne se passe guère de saison où la célèbre pièce de Jarry ne soit jouée. Cette fois, c’est Declan Donellan, habitué de longue date du Théâtre des Gémeaux, qui reprend le flambeau.
Avec un  version « légère » d’Ubu-Roi pour six  comédiens qui jouent: le père  et la mère Ubu, le capitaine Bordure, le roi Venceslas de Pologne et la reine Rosemonde sa femme, et Bougrelas leur fils,  ainsi que les autres personnages secondaires: les palotins, l’armée russe, l’armée polonaise, etc…. Quant aux multiples lieux  de la pièce: le palais royal, le champ de bataille la forêt etc.. situés en Pologne, France, Espagne, etc… tout se passe dans la  belle salle-à-manger-intelligemment imaginée par Nick Omerod-avec cheminée et moulures aux murs crème, avec aussi une grande table, des canapés et par-derrière,  une cuisine et une entrée.  Comme l’avait aussi  imaginée aussi Antoine Vitez quand il monta la pièce à Chaillot, et, curieusement, avec les mêmes célèbres chaises Arne Jacobsen!

Le spectacle commence par un état des lieux filmé par une caméra vidéo  qui s’attarde sur  les balayettes et tapis des toilettes, et on est tout de suite dans  le pipi-caca.  Et la bouteille de vodka-filmée en gros plan- est évidemment:Made in Poland! C’est au début assez drôle mais la balade est quand même un peu longue… Ensuite, le père et la mère Ubu, grands bourgeois du 16 ème, elle,  jeune femme en belle robe et escarpins, lui ,en costume chic, fier de ses titres: capitaine de dragon, officier de confiance du roi Venceslas, décoré de l’ordre de l’Aigle rouge de Pologne, et ancien roi d’Aragon, mettent la dernière main à la table qui a été dressée pour leurs invités. Et Ubu lance alors sa célèbre réplique: » Est-ce parce que nous avons des invités que vous êtes si laide ce soir, mère Ubu ? »
  Ce n’est pas une mauvaise idée que d’avoir ainsi transformé cette pièce mythique,  et pas du genre facile quand il faut lui inventer une mise en scène. Et Declan Donellan, en grand artisan de la scène, sait y faire:  le spectacle fourmille  de trouvailles comme ces images, par caméra interposée, d’un gros morceau de viande  couvert de sang quand Ubu se met à tuer tout le monde dans la cuisine comme il l’avait méthodiquement prévu: ici, cela se passe à la tronçonneuse et Ubu ressort de la cuisine, le tablier blanc couvert de sang ! « Ne crains rien, ma douce enfant, avait-il dit à la mère Ubu, j’irai moi-même de village en village recueillir les impôts.  Avec ce système, j’aurai vite fait fortune, alors, je tuerai tout le monde et je m’en irai ».
Le plan de bataille est tracé au mur à coup de giclées  de ketchup,  les invités  arrivent dans une bourrasque de neige, et  il y a des  bavardages mondaines à table dont on ne perçoit que quelques mots. Aucun doute là-dessus, c’est bien vu et Donellan  possède un sens remarquable de l’image scénique. Et l’on rit souvent, et  de bon cœur-mais on ne les entend pas toujours suffisamment- à ces répliques délirantes inventées par un Jarry de 23 ans, mort onze ans plus tard de méningite.

   C’est, après Andromaque, la deuxième création de Donellan  avec les comédiens français de sa troupe,et  il discerne des parentés avec Ubu-Roi: « au sens où les deux pièces, dit-il  » traitent, en quelque sorte, de ce qui se passe quand nous nous obstinons à poursuivre des choses que nous voulons, mais qui nous sont refusées ». Soit!  Et Donellan montre bien la bassesse  et la violence du père et la mère Ubu qui veulent à tout prix conquérir puis garder un pouvoir absolu. Mais il manque  à cette mise en scène une dimension parodique, une sorte d’épique à l’envers et de délire total qui sont bien le moteur de la pièce. Le côté potache et bordélique, avec sachets de céréales répandus sur la moquette,ne suffisent  pas à rendre la cupidité, la bêtise et la brutalité, quand elle sont le fait des politiques  qui arrivent à prendre le  pouvoir et qui entendent bien en profiter, d’autant plus qu’ils l’ont longtemps convoité…
Donellan a eu la  belle idée d’avoir fait jouer à contre-emploi ses comédiens: Christophe Grégoire (Père Ubu), Camille Cayol (Mère Ubu),  Xavier Boiffier (Capitaine Bordure), Vincent de Bouard (Le Roi Wenceslas),Cécile Leterme(La Reine Rosemonde), et Sylvain Levitte( Bougrelas). Bien dirigés, ils sont très à l’aise mais ces grands bourgeois, imaginés par Donellan sont un peu trop  « sages » et propres sur eux, pour être vraiment  crédibles et, du coup, le côté très provocateur de la pièce pour l’époque, comme ses répliques célèbres: « De par ma chandelle verte, merdre de merdre, etc..  ne sont pas assez mis en valeur, et il aurait fallu trouver des équivalences qui puissent avoir des échos par rapport à la société politique d’aujourd’hui.
Bref, on regrette  que Donellan ne soit  pas allé plus loin dans la dénonciation de l’ordre militaire et bourgeois.
Alors à voir? Oui, pourquoi pas, mais avec les réserves indiquées plus haut….

Philippe du Vignal

Théâtre des Gémeaux de Sceaux jusqu’au 3 mars.

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