Vivre ensemble la banlieue : Le Théâtre et l’Art

Vivre ensemble la banlieue : le théâtre et l’art, dans le cadre des débats du Nouvel Obs, à La Commune.

 

Vivre ensemble la banlieue : Le Théâtre et l’Art dans actualites banlieue

Ville symbole s’il en est, en termes de développement culturel, sous l’impulsion de Jack Ralite puis de ses successeurs – dont l’actuel Maire, Jacques Salvator-, tous deux présents, Aubervilliers n’a eu de cesse de tisser des liens avec ses habitants, de donner dignité à chacun et de créer des passerelles pour contredire l’effet centre et périphérie, avec un label qualité dans toutes les propositions artistiques et culturelles portées par la ville.

Le Théâtre de la Commune d’Aubervilliers a ouvert ses portes en 65, sur un concept de théâtre populaire. Gabriel Garran l’a lancé  puis dirigé pendant plus de vingt ans. « Le Théâtre a fait bouger la ville et irradiait la liberté » dit  Jacques Ralite.
Devenu Centre dramatique national en 71, ses missions de service public, au plan local, territorial et national, se sont confirmées. Après l’avoir dirigé pendant quinze ans et au moment de passer la main, Didier Bezace,
par cette journée qu’il organise avec son équipe, pose un «dernier geste d’affection sur le territoire» en invitant artistes, opérateurs culturels, représentants d’associations et politiques, autour de quatre tables rondes.

 Désacraliser le théâtre en travaillant également hors-les-murs, partager les biens communs, permettre la rencontre des cultures et le vivre ensemble, respecter la dignité de tous et de chacun, tels sont les objectifs évoqués par les associations, et ce pourquoi elles agissent. En ce sens, les débats proposés aux habitants d’Aubervilliers par le Collège de France, mettant en action la recherche en train de se faire dans divers lieux de la ville et avec différents partenaires, ont permis à la population de discuter avec de grands intellectuels jugés souvent intouchables : ainsi Jean-Pierre Vernant, historien, spécialiste des mythes grecs, avait  donné sa dernière conférence, sur L’Odyssée, dans le cadre des Lundis du Collège de France, un avant sa mort, en  octobre 2006, au lycée Le Corbusier.
La table ronde sur le travail et la création a redéfini l’art, ainsi que le travail dans ce qu’il y a de plus profondément humain. Le constat de sa désintégration, comme celui du refoulement de la créativité dans l’institution ou dans l’entreprise, appelle à rechercher ses antidotes : et si on ré-enchantait le social ? Et si l’on faisait cause commune entre le monde du travail et celui de la création ?
Cette journée de réflexion a permis de poser les rapports entre l’artiste et le prince, une nouvelle fois, repartant de la répartition des compétences et de la transversalité des politiques publiques, de la question de la gouvernance, du rôle économique de la culture, sur le territoire (quarante communes en Seine-Saint-Denis), affirmant la culture comme outil d’émancipation politique. La banlieue ne devrait pas poser de problème à la société mais un problème de société, dit Patrick Braouezec, ancien maire de Saint-Denis travaillant actuellement sur le concept de Paris Métropole.
Les artistes implantés sur le territoire et participant aux différentes tables rondes (Mathieu Bauer, Judith Depaule, Nicolas Frize, Laetitia Guédon, Ahmed Madani, Christophe Rauck et Mohamed Rouabhi) parlent de phénomène d’identification, de coupure, d’écoute, de solidarité, d’identité, de recherche du sens et de la rencontre avec l’œuvre. Nicolas Frize évoque la mise en œuvre plutôt que l’œuvre et la culture pour tous ; il propose de penser la culture à l’intérieur du politique, et de rester mobile dans sa pensée : «La culture est tout le contraire d’un lieu de contemplation, de normalisation, de décompensation» dit-il…
La réflexion sur la notion de résistance fut un des points majeurs de la dernière table ronde. Aurélie Filipetti, Ministre de la Culture et de la Communication, la reconnaît comme «un élément dynamique, à l’inverse de la défensive», et elle a rappelé la nécessité de mettre en place des politiques volontaristes tout en préservant la capacité d’intervention.
Bertrand Tavernier proposa, comme priorité, la lutte contre les dictatures : celle de l’argent, des fondamentalismes, de l’ignorance ou de l’instant présent, et l’importance de parler du passé, pour lutter contre le présent imposé. Le réalisateur reconnaît à l’art «la faculté d’ouvrir les esprits et de permettre le changement, les œuvres d’art faisant figure d’œuvres de construction massive».
Jack Ralite déterminé, comme on aime à l’entendre, a parlé aussi de bataille pour la liberté et contre la dictature des médias ; des biens communs que sont  » l’art et la culture, ni à nationaliser, ni à privatiser, ni à marchandiser », et invitant à se mettre en état de veille et de résistance.
Par images interposées, d’autres artistes participaient à la rencontre entre clins d’œil et liberté d’opinion, entre autres: Pierre Arditi, Ariane Ascaride, Patrick Catalifo, Fellag et François Morel. La recherche de sens et la convivialité furent à l’ordre du jour, dans le droit fil du travail artisanal réalisé par Didier Bezace, pour qui « il n’y pas de conclusion, juste une ouverture » et qui reconnaît : « Non, la banlieue n’est pas grise ». La rencontre des cultures, le sens des symboles et l’exigence artistique, sont, à Aubervilliers, au cœur du sujet.

Brigitte Rémer

Théâtre de la Commune –Centre Dramatique National  d’Aubervilliers, samedi 23 février

Retransmission en direct surhttp://paris-ile-de-France.france3.fr


Archive pour 1 mars, 2013

Les secrets du Palais Garnier

Les secrets du Palais Garnier

Les secrets du Palais Garnier dans actualites atelierDès neuf heures trente dimanche dernier,  les abonnés de l’Opéra de Paris étaient présents dans la « Rotonde des abonnés »pour une visite de près de deux heures, dans les espaces habituellement interdits au public.  Située sous la salle, cette rotonde accueillait justement il y a bien longtemps les abonnés qui arrivaient en fiacre!
Seize groupes de trente personnes vont se succéder toute la journée pour cette découverte à part que nous  débutons au quatrième étage, (à la hauteur des cintres) par la visite du Studio Marius Petipa. Al’origine,  c’était, quand le   Palais Garnier fut construit en 1875, un espace vide qui servait à évacuer les gaz de combustion du grand lustre de huit tonnes à travers une grille dans le plafond.
Mais le gaz qui servit à éclairer le théâtre jusqu’en 1881 avait entraîné la dégradation prématurée de la peinture de Lenepveu, (dont une réplique de petite dimension est visible dans la bibliothèque-musée de l’Opéra), et on décida de la mise en place en 1964 d’une nouvelle peinture- controversée-de Marc Chagall au-dessus du lustre.
La grande coupole du studio Petipa est repérable de tout Paris par sa position centrale, mais  ne devint une salle de répétition qu‘en 1960 en particulier pour l’école de danse de l’Opéra de Paris, (jusqu’à son déménagement à Nanterre en 1987).  et c’est est un des rares endroits ou l’on peut voir la charpente métallique de l’édifice. La pente du studio est de 4%, identique à celle de la scène.
Nous découvrons les ateliers de costumes, point névralgique de l’Opéra. Ici, on entend par costume tout ce qui est porté par les artistes. Le « central costumes »qui accueille les costumes prêts avec leurs accessoires avant les entrées en scène,  est impressionnant,avec ses beaux placards en bois et sa hauteur  sous plafond qui permet l’accrochage des tutus tous suspendus à l’envers.
Les costumes de danse sont gardés à l’Opéra Garnier, et les autres à  l’Opéra-Bastille. Les ateliers tailleur créent les costumes des hommes, et l’atelier flou  ceux des femmes.
Les ateliers modiste s’occupent de la confection des chapeaux et de tous les éléments coiffants. Christine Neumeister, la chef-costumière, nous reçoit dans l’atelier décoration  destiné à la bijouterie, la confection des masques, les teintures et les peintures des costumes. Les masques des petits rats de Casse-Noisette côtoient les couronnes de strass des princesses, un rêve à portée de main.
Nous rejoignons l’historique Foyer de la danse, en arrière de la scène, qui permet d’avoir au besoin une profondeur de cinquante mètres! Des chorégraphes  comme Jiri Kilian ont utilisé cette perspective pour leur mise en scène, perspective utilisée chaque année lors du défilé du corps de ballet. C’est un espace de répétition richement décoré qui comporte vingt médaillons ovales où sont représentés les plus grandes danseuses de l’Opéra depuis sa création…
Le plateau a une surface de 1200 m2,  ce qui fait de l’Opéra la plus grande scène de théâtre à l’italienne en France. La salle de 2027 places, vue de la scène, est remarquable : sa pente de 4% crée une vraie sensation de proximité pour les artistes malgré ses dimensions. imposantes. La visite se poursuit par la rotonde de l’Empereur et la salle de lecture de la bibliothèque-musée (dépendant de la Bibliothèque Nationale de France) qui renferme les archives de l’Opéra depuis trois siècles.
Nous terminons cette découverte par un des endroits les plus photographiés, le grand escalier de marbre d’une hauteur de trente mètres, conçu par Charles Garnier comme un théâtre dans le théâtre: des balcons tout autour, on peut en effet observer le public qui  monte les marches. Cette visite passionnante apporte encore plus de magie au lieu et survient à peine une semaine avant l’ouverture au public des abonnements pour la saison 2013-2014.
A la hauteur de ses ambitions, Charles Garnier disait  de ce palais historique:  » Il n’y a pas à choisir entre les arts, il faut être Dieu ou architecte ».

Jean Couturier

www.operadeparis.fr

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