Un obus dans le cœur

Un obus dans le cœur un-obus-dans-le-coeur


Un obus dans le cœur, adapté du roman de Wajdi Mouawad, mise en scène de Jean-Baptiste Epiard et Julien Bleitrach.

Adapté pour la scène du roman Visage retrouvé de Wajdi Mouawad, Un obus dans le cœur rassemble les thèmes chers au dramaturge et est  étrangement proche de sa tétralogie. Etrangement,  car plus encore que dans ces textes théâtraux, la voix qu’il fait entendre ici fait écho à celle de son auteur.
Jeune libanais, Wahab a dû s’exiler au Canada avec sa famille pour fuir la guerre civile, maléfique sœur jumelle. En traversant tour à tour, la guerre, le deuil, l’absurde et la quête d’identité, il nous raconte au présent la mort de sa mère, cette  » femme aux cheveux blonds  » devenue depuis longtemps pour lui une étrangère.
La distance qui le sépare de cette femme autrefois connue et aimée devient un gouffre à franchir pour se retrouver et vaincre son mal-être. « Qu’est-ce que je peux faire d’autre ? Simplement la vérité. »
Seul en scène, Julien Bleitrach nous donne le texte comme un présent à cultiver. Dans une sincérité extrême que rien ne vient encombrer, il tient entre ses mains la vie et la solitude du jeune Wahab comme un oiseau fragile qu’il nous confie.
Le décor, très simple, n’est là que pour soutenir l’imagination du spectateur..
On regarde Wahab traverser vent et neige pour rejoindre l’hôpital. Quitter la petite chaise de l’enfance pour l’affranchir sur des tableaux. Peindre avec passion le visage de sa mère et apaiser enfin le passé pour mieux reconquérir le présent et l’avenir.
Julien Bleitrach est un amoureux de la violence poétique de Mouawad, et ça se sent. Des yeux brillants, une voix sincère, le style franc du dramaturge, et le public est transporté.  » L’écriture donne cette sensation de nous être adressée personnellement « , comme le jeune acteur le dit lui-même.
C’est lui qui a choisi de servir ce texte, le travaillant seul, au ressenti, avant de demander les conseils de Jean-Baptiste Epiard. C’est donc un spectacle choisi et pensé avec soin, mûri depuis 2011 et doucement mais sûrement réussi qui nous est présenté. Pour les conquis (et il y en aura), vous pourrez  bientôt retrouver Julien Bleitrach en metteur en scène d’Etat(s) Sœur de et avec Pierre Pirol, et de Finally de Stephen Belber avec Yano Iatridès, comédienne et danseuse, et Hervé Le Goff, danseur de claquettes.

Elise Blanc

Théâtre du Temps jusqu’au 26 mars.


Archive pour 8 mars, 2013

Un obus dans le cœur

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Un obus dans le cœur, adapté du roman de Wajdi Mouawad, mise en scène de Jean-Baptiste Epiard et Julien Bleitrach.

Adapté pour la scène du roman Visage retrouvé de Wajdi Mouawad, Un obus dans le cœur rassemble les thèmes chers au dramaturge et est  étrangement proche de sa tétralogie. Etrangement,  car plus encore que dans ces textes théâtraux, la voix qu’il fait entendre ici fait écho à celle de son auteur.
Jeune libanais, Wahab a dû s’exiler au Canada avec sa famille pour fuir la guerre civile, maléfique sœur jumelle. En traversant tour à tour, la guerre, le deuil, l’absurde et la quête d’identité, il nous raconte au présent la mort de sa mère, cette  » femme aux cheveux blonds  » devenue depuis longtemps pour lui une étrangère.
La distance qui le sépare de cette femme autrefois connue et aimée devient un gouffre à franchir pour se retrouver et vaincre son mal-être. « Qu’est-ce que je peux faire d’autre ? Simplement la vérité. »
Seul en scène, Julien Bleitrach nous donne le texte comme un présent à cultiver. Dans une sincérité extrême que rien ne vient encombrer, il tient entre ses mains la vie et la solitude du jeune Wahab comme un oiseau fragile qu’il nous confie.
Le décor, très simple, n’est là que pour soutenir l’imagination du spectateur..
On regarde Wahab traverser vent et neige pour rejoindre l’hôpital. Quitter la petite chaise de l’enfance pour l’affranchir sur des tableaux. Peindre avec passion le visage de sa mère et apaiser enfin le passé pour mieux reconquérir le présent et l’avenir.
Julien Bleitrach est un amoureux de la violence poétique de Mouawad, et ça se sent. Des yeux brillants, une voix sincère, le style franc du dramaturge, et le public est transporté.  » L’écriture donne cette sensation de nous être adressée personnellement « , comme le jeune acteur le dit lui-même.
C’est lui qui a choisi de servir ce texte, le travaillant seul, au ressenti, avant de demander les conseils de Jean-Baptiste Epiard. C’est donc un spectacle choisi et pensé avec soin, mûri depuis 2011 et doucement mais sûrement réussi qui nous est présenté. Pour les conquis (et il y en aura), vous pourrez  bientôt retrouver Julien Bleitrach en metteur en scène d’Etat(s) Sœur de et avec Pierre Pirol, et de Finally de Stephen Belber avec Yano Iatridès, comédienne et danseuse, et Hervé Le Goff, danseur de claquettes.

Elise Blanc

Théâtre du Temps jusqu’au 26 mars.

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